Largement inspiré de la série WipEout, Antigraviator, du studio belge Cybernetic Walrus, joue la carte de l’hypervitesse pour se démarquer des autres jeux de courses futuristes. Disponible depuis quelque temps déjà sur PC, le titre débarque aujourd’hui sur consoles. 

À l’image de la série WipEout, Antigraviator nous propose de prendre part à des courses futuristes à bord d’engins antigravité ultrarapides. Au premier regard, on ne peut s’empêcher de penser à Wipeout et aux nombreux clones qui ont vu le jour depuis. Antigraviator se démarque toutefois de ses concurrents par sa vitesse de défilement proprement folle. Les sensations de vitesse sont extrêmes et il faudra ici faire preuve d’un réel tact pour finir la course en un seul morceau. Un léger écart à droite ou à gauche suffit pour complètement déséquilibrer le vaisseau.

Des championnats divertissants

Antigraviator dispose d’une jolie durée de vie avec une campagne conséquente, un mode local et en ligne.

Antigraviator ne révolutionne pas le genre, nous l’avons dit, mais il n’en reste pas moins un titre intéressant, malgré son statut de petite production. Malgré son prix très léger – une quinzaine d’euros seulement -, Antigraviator propose tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un jeu de course futuriste avec des championnats, du jeu en ligne et du jeu en local.

Au total, on retrouve donc une dizaine de compétitions composées de quatre étapes de trois tours. Le mode campagne se montre assez costaud, même si assez mal fichu. Pas de mise en scène, zéro immersion, et surtout un système de déblocage des compétitions qui forcera le joueur à rejouer plusieurs fois chaque tournoi pour débloquer le suivant, la faute à un réel manque de générosité dans les crédits.

Chaque compétition est composée de quatre étapes comme nous l’avons dit, qui nous proposent différents objectifs ; on passe d’une course simple à un match à mort puis à une course chronométrée. La diversité est là.

Comme dans Mariokart, il est possible de passer sur des boosters qui vous permettront d’accélérer temporairement et d’utiliser différents power-ups, activables une fois suffisamment d’énergie récupérée sur la piste. Ne vous attendez pas à lancer des carapaces, mais l’arsenal est suffisamment intéressant pour venir pimenter les parties.

Enfin, à l’image des autres jeux du genre, Antigraviator propose de personnaliser son engin supersonique grâce aux crédits gagnés lors des courses. Malheureusement, les améliorations disponibles sont très limitées, comme les aspects personnalisables et chacune exige beaucoup de moyens pour être débloquée ce qui est vraiment dommage.

Une expérience perfectible

Le jeu affiche très peu d’information lors des courses. On ne connait pas le niveau de la santé de notre appareil, en dehors d’un halo rouge.

La prise en main dans Antigraviator est plutôt complexe compte tenu de la vitesse des pods. On est plutôt déconcerté de constater que le vaisseau fait des tonneaux lorsqu’on le dirige vers la droite ou la gauche. Pas question de faire des dérapages serrés ici ni de bouger la caméra. Les commandes dans Antigraviator sont assez limitées et pas forcément des plus simples à utiliser. Pour passer un tournant à pleine vitesse, il faut gérer la direction, les freins, mais aussi le tonneau de l’appareil. C’est déstabilisant. Le titre s’adresse donc à des joueurs plutôt expérimentés à qui la difficulté croissante ne fera pas peur.

De plus, à l’image de Redout, autre jeu de course futuriste, les différentes jauges sont placées à l’arrière du véhicule pour décharger le HUD du joueur, un choix intéressant pour la lisibilité, même si le studio belge n’affiche que peu d’infos. Impossible par exemple de connaître l’état de notre pod. Seul un halo rouge viendra obstruer la vision quand il aura encaissé trop de dégâts. Éviter d’autres chocs permettra de le régénérer. Un choix des développeurs que l’on ne trouve pas forcément idéal.

Si le jeu simule parfaitement bien la vitesse, le contrôle de notre vaisseau est particulièrement complexe, et ce, même à vitesse normale. Antigraviator exige une maîtrise des commandes et une gestion millimétrée de la vitesse et du parcours. On a parfois l’impression que notre vaisseau glisse ou patine plutôt que ne vole. Les premières heures de jeu ne sont donc pas évidentes.

Forcément, les chocs dans le décor seront nombreux, d’autant plus qu’il est impossible de voir ce qu’il arrive après cette immense montée. En effet, il n’est pas possible de jouer avec la caméra pour anticiper les virages ou les descentes et c’est assez regrettable. Parfois, la caméra se place de manière incompréhensible dans les virages ce qui obstrue d’autant plus la vue.

Enfin, l’IA se révèle totalement irrégulière. À certains moments, elle semble être totalement à l’ouest et vous rentre dedans ou se colle inexplicablement aux murs, à d’autres, elle a un regain de compétition et vous vole votre première place en fonçant à toute allure.

De bonnes idées visuelles

Si on peut être charmé lorsqu’on découvre l’un des circuits d’un environnement, on remarque assez vite que les autres lui ressemblent beaucoup.

Antigraviator parvient plutôt bien à retranscrire son environnement futuriste en nous plongeant dans 7 décors différents. Le jeu nous propose des paysages futuristes plutôt jolis dans des cadres relativement différents (nature exotique, désert aride, espace, etc. – mention spéciale à la piste Michael’s Bay).

Contrairement à WipEout qui avait le mérite d’encadrer les pistes par des décors très détaillés, Antigraviator joue la carte de la simplicité. Ici, pas de fioriture, les différentes pistes prennent place dans des paysages naturels, urbains ou déserts plutôt épurés. De toute manière, le joueur n’a pas vraiment le temps de profiter de la vue, même si un peu plus de vie n’aurait pas été du luxe. Si c’est joli et charmant, on ne peut s’empêcher de se dire que les décors sont assez pauvres. Il suffit de stopper son vaisseau pour s’en convaincre : les modélisations restent très sommaires mais la vitesse rend le jeu très joli. La direction artistique reste toutefois assez peu inspirée. Pas de grosse prise de risque ni de grande inspiration, Antigraviator est plutôt joli mais manque cruellement d’âme.

Pour équilibrer le manque de décors, le studio semble avoir opté pour des couleurs particulièrement contrastées, que ça soit dans le menu principal ou sur les pistes. Le jeu manque de subtilité au niveau visuel, mais clairement pas de néons. Il y en a partout. Évidemment, cela colle avec le choix d’environnement futuriste, mais c’est tout de même un peu kitsch.

Les décors manquent cruellement de vie.

Même constat du côté des circuits. Ces derniers manquent de personnalité, ils se ressemblent assez fort. Fort heureusement, les obstacles se diversifient à mesure qu’on progresse dans les compétitions. On notera tout de même combien il est étrange d’intégrer des demi-tubes sur lesquels les vaisseaux peuvent voler avant de les arrêter nets. On se retrouve alors couper dans notre élan, forcé de se laisser glisser vers le sol. C’est frustrant et pas cohérent.

On reconnaîtra tout de même que, techniquement, le jeu est très soigné, même si certaines baisses de framerate peuvent être constatées. Pour un jeu à tout petit budget, Antigraviator est donc plutôt une belle réussite.

Côté bande sonore en revanche, on a déjà connu beaucoup mieux. Le mix techno est efficace quelques minutes, mais aucun morceau ne suscite l’admiration. Les bruitages restent également très répétitifs.

Conclusion

S’inspirant très ouvertement de la série WipeOut, Antigraviator nous transporte à travers des courses futuristes à bord d’engins antigravitationnels capables d’atteindre des vitesses impressionnantes. Les sensations de vitesse sont là et le jeu sait se montrer très fun. Antigraviator est toutefois aussi très exigeant. La conduite du pod n’est pas évidente. A ce titre, le jeu se destine donc plutôt à un public de passionnés. S’il est plutôt complet au niveau de son contenu avec son mode campagne, son multi en local et en ligne et ses multiples tournois, Antigraviator souffre toutefois de quelques choix douteux dans sa conception, qu’il s’agisse de la nécessité de reparcourir plusieurs fois chaque tournoi pour débloquer les suivants, ou de l’absence complète de mise en scène dans son mode solo, beaucoup trop sobre. Visuellement en revanche, pour un jeu à 19,99€, Antigraviator s’en sort très bien avec ses jolis tracés spatiaux qui nous en mettent plein les yeux. Au final, le jeu de Cybernetic Walrus s’impose donc plutôt comme une bonne surprise, et une très belle alternative à Redout et à Fast RMX. 

Antigraviator

6.5

Gameplay

7.0/10

Contenu

6.5/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

4.5/10

Finition

7.5/10

Les + :

  • De bonnes sensations de vitesse
  • Un prix tout doux (19,99€)
  • Plutôt joli
  • Une belle diversité d'épreuves
  • Plutôt complet (mode solo, local, online)

Les - :

  • Un mode solo très léger et sans aucune mise en scène ni scénario
  • L'IA irrégulière
  • Une bande son assez pauvre
  • La nécessité de devoir rejouer certains tournois pour progresser
  • Un gameplay trop exigeant