Le matériel manque et les citoyens se mobilisent.

Au moment où des appels à couturières pour confectionner des masques en tissu fleurissent sur les réseaux sociaux, d’autres misent sur la technologie. Les imprimantes 3D apparaissent comme des outils rapides pour répondre à cette crise sanitaire. Ces citoyens se penchent notamment sur les adaptateurs qui transforment les masques de plongée Décathlon en “respirateurs”. Ou encore les visières de protection appelées “face shield”.

Anthony Huerta imprime des visières

Anthony Huerta est réalisateur, scénographe et animateur 3D. Il nous a expliqué pourquoi il s’est lancé dans cette production en urgence. Ces impressions, ce sont des visières de protections. Les fameuses “face shield”.

Les networks, forum et réseau de geeks qui ont des imprimantes 3D existaient déjà avant la crise“, souligne-t-il. Anthony Huerta fait partie de cette communauté, il crée les films en 4D pour les parcs d’attractions. “J’ai eu l’occasion d’acheter une machine il y a six mois, et ça m’a permis de matérialiser des décors et des personnages que je créais pour mes films“.

À la demande de l’hôpital Erasme, une pièce a été dessinée pour transformer le masque Décathlon. Anthony a commencé par imprimer cette pièce. “Mais le boum a été le Face Shield (entendez visière) de protection, car c’est la plus grosse demande, et il n’y en a pas“. Les communautés se sont activées : “trois ou quatre sites regroupent la majorité des Makers, les personnes qui ont des machines“.

L’impression pour une pièce prend entre 30 et 45 minutes. Soit 15 à 25 impressions par jour, maximum. Des pages Facebook se sont ouvertes. “Elles centralisent les demandes, les Makers disponibles, de réseaux de distribution (des personnes privées, des taxis bénévoles, etc.), des personnes centralisent le rassemblement des prints. D’autre trouvent des entreprises qui nous finances les feuilles plastiques” explique Anthony Huerta.

Anthony Huerta et les montures de visières

Jason Vandermeulen fabrique des adaptateurs

Il parle d’une fabrication “très simple“. “Si vous vous y connaissez un minimum dans l’impression 3d et le réglage de celles-ci, il suffit juste de récupérer un fichier STL“. Effectivement, Jason Vandermeulen n’a eu besoin que d’un fichier “modèle” que l’imprimante 3D a reproduit durant des heures. “Et hop on met le fichier sur une carte SD, on configure son imprimante en fonction des besoins de rapidité/qualité et c’est parti pour plusieurs heures d’impression” explique-t-il.

Jason Vandermeulen avait du matériel à disposition. “Ce sont mes imprimantes personnelles, j’en ai 4 que j’utilise pour mes projets personnels” explique-t-il. Il a rapidement utilisé son matériel pour répondre à la demande urgente. “Si j’ai démarré cette production, c’est uniquement par altruisme parce qu’il y a une réelle demande très importante de tout le personnel soignant qui n’a parfois aucune protection comme ma sœur infirmière qui n’avait même pas un masque il y a encore une semaine de ça“. Il n’aurait jamais cru que ses imprimantes pouvaient aider à sauver des vies : “j’ai dépoussiéré mes imprimantes et je m’y suis mis H24“.

Le matériel est à destination des hôpitaux, mais également des plus petites structures : “tous les domaines sont confondus il n’y a pas que pour les hôpitaux, mais ça peut être le petit aide-soignant indépendant comme un grand hôpital“.

Le collectif Resistance Covid

Des collectifs entiers prennent forme grâce aux réseaux sociaux. Resistance Covid est né le 24 mars sur Facebook par exemple. Il regroupe des techniciens d’informatique de plusieurs régions d’Europe. Ils travaillent tous sur la mise en place d’un protocole d’impression 3D pour procurer du matériel de protection au personnel soignant.

Le collectif travaille avec les hôpitaux et les associations. “Resistance Covid n’est pas un Fablab ou une startup, Resistance Covid recherche des Makers bénévoles et des personnes ou entreprises avec du matériel d’impression, de l’impression 3D filament ou résine, de l’électronique, des consommables pour pouvoir aider le personnel soignant” explique une membre du groupe.

L’initiative a été rejointe par Print4Health Belgium. Tous les propriétaires d’imprimantes 3D ou de matériel (plastiques, etc.) sont les bienvenus. Un formulaire est dédié aux “Makers” souhaitant faire partie du projet sur le site du projet. Parallèlement les hôpitaux et les associations peuvent “passer commande” et surtout faire des retours sur le matériel fabriqué.