Deux ans après sa sortie sur PC, Wartile s’offre un portage sur PS4 et Xbox One. L’occasion pour les fans de jeux de plateau de se lancer dans une nouvelle partie mêlant jeu de stratégie en temps réel et univers médiéval.

Malgré l’échec de la campagne Kickstarter en 2016, Wartile est finalement arrivé sur Steam en 2017 en accès anticipé. Largement inspiré des jeux de table, Wartile est tout de même parvenu à adapter son principe en jeu vidéo.

Un scénario secondaire

Wartile se déroule dans un univers médiéval aux inspirations nordiques.

Comme beaucoup d’autres jeux du genre, Wartile nous plonge dans un univers médiéval fantastique inspiré de la mythologie nordique. On y contrôle le nouveau chef d’un village qui a accédé au poste à la mort de son père, emporté par une mystérieuse peste. Il n’aura malheureusement pas le temps de le pleurer, car l’envahisseur arrive. Le chef du village devra explorer les terres pour unifier les Vikings contre l’envahisseur anglais. Sur son chemin, notre héros et ses hommes multiplieront les rencontres inamicales et surnaturelles.

Sans être d’une grande profondeur, le jeu développe un scénario qui tient la route. On sent que les développeurs ont fait des efforts pour proposer un contexte narratif à leur création, comme aurait pu l’être la version plateau. Le cadre plaira forcément aux amateurs d’univers médiéval fantastique et de mythologies nordiques, mais de manière générale, l’histoire de Wartile sera largement secondaire.

De la stratégie en temps réel sur plateau

Les personnages peuvent uniquement être déplacés sur les cases prédéfinies.

S’il s’inspire des jeux de guerre sur plateau, Wartile se rapproche aussi beaucoup des jeux de stratégie en temps réel. Il faut donc se montrer stratège pour déplacer ses personnages sur les dalles hexagonales dessinées sur le sol. L’environnement et la disposition des cases devront être pris en compte pour avoir la main sur l’ennemi et ne pas se retrouver bloquer. Fort heureusement, le jeu offrira la possibilité aux joueurs d’appréhender tous les aspects de l’aventure au fur et à mesure grâce à des messages explicatifs. De quoi assimiler facilement les aspects stratégiques du jeu, notamment les attaques à distance, les pièges, les déplacements, etc.

Le studio Playwood Project a opté pour des attaques au corps à corps automatiques pour combattre les ennemis, mais cela ne sera pas suffisant. L’IA qui anime les deux camps de personnages semble privilégier celui adversaire. Les coups infligés par nos hommes se font trop souvent dans le vide.

Le joueur devra faire appel à des attaques spéciales, des cartes d’agilité et d’action, pour venir à bout des revenants et autres ennemis. Plus puissantes, ces attaques spécifiques à chaque personnage consomment une énergie spéciale. Il faudra donc les utiliser avec parcimonie pour ne pas risquer de se retrouver sans ressource. Cet aspect ajoute une vraie dynamique aux combats, sans cela, le joueur n’aura pas eu à faire grand-chose. On regrette d’ailleurs de ne pas pouvoir prendre davantage part au combat. Associer des cartes d’attaques ou de soin ne permet pas vraiment ne plonger au coeur des affrontements.

Entre deux batailles, le joueur pourra préparer son deck de cartes et associer telle ou telle attaque à ses troupes. Au fur et à mesure de sa progression, le joueur pourra débloquer de nouvelles cartes.

On notera la possibilité de ralentir le temps quelques secondes, histoire d’attribuer une carte d’action à l’un ou l’autre personnage. Un aspect intéressant étant donné que les frappes s’enchaînent rapidement. Difficile de véritablement établir une stratégie alors que nos personnages attaquent automatiquement.

En progressant, le joueur pourra débloquer de nouveaux personnages, chacun ayant une classe spécifique pour le combat. Il faudra prendre en compte cette spécialisation pour les disposer sur le champ de bataille. Rien de bien difficile ici puisque, logiquement, les archers seront positionnés à l’arrière, les barbares en premières lignes avec les guerriers, suivis par les lanciers et en dernier les chamans, par exemple. Cela ajoute tout de même un élément à prendre en compte sur le champ de bataille. Contrairement à ce qu’on pourrait croire à première vue, Wartile se veut véritablement stratégique. Les joueurs qui n’y prêteraient pas attention se retrouveront rapidement sans homme pour combattre.

On ne peut s’empêcher de se demander si le jeu est exigeant ou si le level design est mal calibré tant les ennemis, en grand nombre, se révèlent résistants.

Le joueur devra prendre en compte l’environnement et le nombre d’ennemis pour en venir à bout.

Wartile intègre plusieurs aspects RPG puisque le joueur pourra modifier l’équipement de ses hommes, pièces d’armure et armes compris, mais aussi répartir des jetons de compétences lorsqu’ils monteront de niveau. Cela rajoute une sphère non négligeable à l’aventure.

Les développeurs ont eu la bonne idée d’ajouter des quêtes secondaires aux défis proposés. Des petits challenges (collecter des animaux ou des artefacts) qui permettront aux joueurs d’obtenir quelques bonus. Cela permet de dynamiser quelque peu la progression qui se résume en réalité à taper les ennemis sur différents plateaux.

Un univers fantastiquement médiéval

Les environnements sont très différents.

Inspiré des jeux de guerre sur table, Wartile prend vie à travers divers plateaux 3D aux décors très travaillés et aux bases hexagonales. Les différents lieux d’action prennent la forme de maquettes de modélisme aux environnements très variés ; monts enneigés, grotte aménagée ou encore marécage exotique. Le cadre est lugubre et sombre, mais on trouve énormément d’éléments de décors (végétation, habitation, ruines) qui insufflent un peu de vie à l’environnement.

Si celui-ci est plaisant, ce n’est pas forcément le cas de la navigation au sein des interfaces. La chose n’est pas facile. On ne sait jamais très bien où se trouve notre « curseur », surtout chez le marchand. L’interface n’est pas claire ni du tout jolie. On a un peu l’impression que l’adaptation des commandes à la manette n’a pas été faite correctement. Naviguer entre les différents « menus » – représentés par des éléments de décors sur un grand plateau – est tout aussi désagréable.

Graphiquement, le jeu n’a pas à rougir. C’est plaisant à regarder. Les animations sont très bien réalisées. Bien sûr, il est loin d’être parfait, il manque de détails, certaines textures sont un peu simples, mais pour un jeu développé par un studio indépendant, c’est plutôt joli.

On se laisse facilement emporter par l’univers développé. Au-delà des décors très bien réalisés, l’ambiance musicale aux airs épiques et médiévaux nous transporte. Le scénario nous est conté par une vieille voix off qui colle parfaitement au cadre, à la fois lugubre et mystérieuse. Malheureusement, elle n’a pas été traduite. Les anglophobes pourront toujours profiter du récit en lisant les encadrés traduits en français.

Conclusion

Largement inspiré des jeux de guerre de plateau, Wartile prend la forme d’un jeu de stratégie en temps réel technique et exigeant. Le jeu impose une bonne dose de stratégie que ça soit au niveau des déplacements pour avoir le dessus sur les ennemis, mais aussi sur les attaques et l’utilisation des cartes pour se défaire des personnages fantastiques inspirés de la mythologie nordique. Bien que Wartile propose des quêtes annexes, la progression est souvent trop linéaire et le jeu maladroitement trop simple dans sa conception. On aurait clairement aimé quelque chose de plus ambitieux, d’un peu moins répétitif et de plus palpitant. Le cadre sombre et lugubre n’en reste pas moins plaisant. Vendu 19,99 €, le jeu devrait trouver son public malgré son concept de niche.

Wartile

6.5

Gameplay

6.5/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

6.0/10

Les + :

  • Une adaptation de jeu de plateau réussie
  • L’univers inspiré de la mythologie nordique
  • L'aspect stratégique
  • Les animations des personnages
  • Une grande visibilité grâce à une caméra flexible

Les - :

  • Une progression souvent redondante
  • Un scénario trop secondaire
  • Les attaques automatiques approximatives
  • Un level design mal calibré
  • Une durée de vie assez courte pour le genre