Trois ans après le très apprécié Nioh, Team Ninja revient remettre les nerfs des joueurs à rude épreuve avec une suite. Reprenant les bases du premier volet, le Souls-like introduit son lot de nouveautés et place une nouvelle fois le niveau de difficulté très haut.

Un scénario placé au second plan

Le cadre est intéressant, mais le scénario ne l’exploite pas assez.

La Team Ninja a fait le choix de repartir sur de nouvelles bases pour développer le scénario de Nioh 2. On laisse donc de côté le personnage de William du premier volet pour nous plonger un siècle auparavant, au coeur d’un Japon médiéval, durant l’ère de Sengoku. Les développeurs se sont de nouveau largement inspirés de l’histoire du Japon et de sa mythologie traditionnelle pour développer le cadre de Nioh 2.

Dans ce nouveau volet, le joueur incarne un nouveau personnage sans nom, mi-humain, mi-yokai qu’il pourra façonner selon ses désirs. Son statut particulier le poussera au cœur d’une bataille entre les humains et les forces obscures pour mettre la main sur les puissantes Pierres d’Esprit (Amrita). Un scénario assez anecdotique dans lequel le joueur aura du mal à s’immerger tant il manque de profondeur et de substance. Un point qui est particulièrement regrettable tant l’univers avait du potentiel, mais on ne joue pas forcément à un souls-like pour son histoire.

Un souls-like accessible

Le jeu est très exigeant.

Parce que oui, à l’image de son prédécesseur, Nioh 2 mise essentiellement sur son gameplay aux accents de souls-like. On y retrouve donc plusieurs caractéristiques du genre, notamment une progression par niveau, des adversaires puissants et des morts punitives. Les adeptes du genre seront très forcément comblés par ce titre. Les débutants auront du mal, mais pas tant que dans un Sekiro, le jeu étant tout de même beaucoup plus accessible.

Dès les premiers instants, les ennemis se montreront particulièrement puissants dans leurs attaques et tout aussi résistants, contrairement à notre personnage. Deux coups et le voilà décédé. Le jeu se veut donc exigeant. Le joueur doit être concentré et avoir de bons réflexes pour progresser.

Le gameplay de Nioh est très complet tant il y a de choses à prendre en compte. Au-delà de sa barre de vie, le joueur devra également gérer son niveau Ki, une sorte d’énergie ou d’endurance qui lui permet de frapper plus fort. Il faudra également gérer rapidement les différentes combinaisons de touches et les différentes postures.

Heureusement, les mécaniques de base sont faciles à prendre en main – coup léger et rapide, frappe lourde qui consomme beaucoup de Ki, esquive et garde – , les combos se révèlent plus complexes à intégrer. En effet, en fonction du type d’armes sélectionnées, les combinaisons de touches ne seront pas les mêmes et leur exécution change en fonction de la posture du personnage (basse, moyenne, haute). D’ailleurs, la puissance et la vitesse des coups varient en fonction de la posture adoptée. Nioh 2 demande un certain engagement de la part du joueur pour intégrer toutes ses subtilités.

Anticiper les coups et frapper au bon timing est crucial pour venir à bout des adversaires puissants.

Par ailleurs, la résistance des ennemis pousse les apprentis samouraïs à jongler entre les attaques et les esquives, tout en faisant attention à sa barre de Ki. Si le jeu s’adresse à des joueurs amateurs de challenge, il n’en reste pas moins plus accessible qu’un Sekiro avec lequel il est facile de faire un parallèle puisque les deux jeux partagent un même univers (Japon médiéval). Il faudra être patient, recommencer plusieurs fois et ne pas compter ses morts, mais progresser est possible.

Une accessibilité qui se traduit notamment à travers les loots. Les adversaires laissent en effet un certain nombre de pièces d’armure, d’armes et d’objets en tous genres à leur mort ce qui permet au joueur d’améliorer l’équipement de son personnage, à la manière d’un RPG classique. On notera également la possibilité d’utiliser des potions de santé ou de Ki, ce qui facilite forcément la progression par rapport à un Sekiro.

Pour améliorer son personnage, le joueur pourra également débloquer des attaques via un arbre de conséquence et renforcer ses statistiques au sanctuaire. Certaines capacités démoniaques se débloquent en massacrant certains ennemis. Des aspects d’apparence classique, mais qui demandent là aussi un certain engagement des joueurs pour en intégrer toutes les subtilités puisque chaque spécialisation de son personnage (Ninja, Samouraï, Magie, Hybride) dispose de son propre arbre de compétences, de même que les différentes armes.

Que la force soit avec toi

Si Nioh 2 ressemble très largement au premier volet, la Team Ninja a tout de même apporté plusieurs nouveautés notables, notamment les pouvoirs de Yokai. Le joueur peut faire appel aux forces démoniaques de son personnage pour infliger un coup puissant. Il faudra cependant en abuser avec parcimonie puisque chaque attaque consomme de l’énergie. Cet ajout est très intéressant et devrait plaire aux joueurs. Il apporte une certaine diversité aux combats, ainsi qu’une dimension tactique.

Les pouvoirs de Yokai s’illustrent de trois manières ; les contres Yokai qui permettent d’infliger de lourds dégâts aux ennemis en faisant appel à une « partie » du Yokai de notre personnage, les noyaux d’Âme qui sont des attaques encore plus puissantes que l’on récupère sur certains monstres et les transformations en Yokai. Dans cette forme, notre samouraï inflige des dégâts considérables et est d’ailleurs invincible pour un court moment. Les transformations sont particulièrement jouissives et apportent une vraie dynamique aux affrontements.

Le joueur peut d’ailleurs influencer la forme du Yokai de son personnage en choisissant tel ou tel Esprit Protecteur, une sorte d’animal de compagnie qui symbolise la force intérieure du héros. Le choix de l’animal aura une influence sur les attaques du samouraï ; plutôt adepte de la magie et des combats à distance, rapide et agile ou puissant et tenace. De nouveau, le jeu mise sur une spécialisation de combat du personnage ce qui est plaisant.

L’ennemi de mon ennemi est mon ami

Autre nouveauté dans ce second volet : les Tombes Bienveillantes. Sur la route, le joueur croisera de nombreuses tombes d’autres joueurs tombés au combat et pourra faire appel à eux pour l’aider dans sa tâche. Pour les invoquer, il faudra impérativement avoir des Coupes Ochoko, objet qu’on trouve dans la boutique Kodama. Dans les faits, les combattants ressuscités sont contrôlés par l’ordinateur dont l’IA a tendance à toujours aller à la confrontation au corps à corps, peu importe l’ennemi, mais un peu d’aide n’est pas de refus.

Cela a tout de même l’avantage d’éviter de devoir attendre qu’un joueur vous prête main-forte. Le mode multijoueur – jusqu’à trois – reste toutefois un joli ajout, dans la mesure ou l’entraide y est un élément central.

Plus joli, mais toujours daté

L’univers est joli, mais graphiquement, ce n’est pas ça.

Les joueurs du premier auront du mal à ne pas être impressionnés par les améliorations visuelles apportées par la Team Ninja. Les personnages sont beaucoup plus expressifs et réalistes ce qui les rend d’autant plus convaincants. Les développeurs ont laissé parler leur imagination, tout en s’inspirant du folklore des Yokai, pour développer l’univers de Nioh 2. On notera également combien les animations sont particulièrement bien maîtrisées, notamment les transformations en Yokaï. Le cadre japonais y est sublime. Les personnages croisés y sont nombreux et très différents. On est surpris par la diversité des rencontres amicales et ennemies. De façon générale, NiOh 2 reste toutefois nettement moins impressionnant que Sekiro au niveau de sa réalisation. C’est joli, mais ce n’est pas une claque.

Si l’univers dépeint dans Nioh 2 est très joli et laisse rêveur – malgré son côté sombre et obscur -, on ne peut s’empêcher de se dire que, graphiquement, le jeu est daté. Cela n’entrave pas pour autant l’expérience, mais le titre manque tout de même de texture, de détails et de modernité.

On notera tout de même combien les cinématiques sont particulièrement soignées. D’une beauté et d’une profondeur époustouflante, on se laisse transporter par ces vidéos d’une autre époque et d’une autre culture. De plus, la mise en scène y est tout aussi travaillée.

Le constat est le même au niveau de l’ambiance musicale et sonore. Les bruitages sont convaincants, mais ce sont super les musiques qui y sont remarquables. Elles cadrent parfaitement à l’aventure et changent en fonction des événements. Ainsi, face à un boss, elles seront plus tragiques et épiques.

Enfin, rien à redire pour ce qui est du doublage. Il est parfaitement convaincant. Les comédiens ont livré une excellente prestation.

Conclusion

Avec Nioh 2, la Team Ninja est parvenue à rester fidèle au premier volet tout en apportant de la consistance et de la nouveauté dans le jeu. Les joueurs du précédent volet et amateurs de souls-like trouveront facilement leurs marques. Il n’en reste pas moins accessible pour un souls-like, tout en restant exigeant. Le jeu parvient à se diversifier grâce notamment aux pouvoirs des Yokai, soit la possibilité de déclencher des puissantes attaques en plein combats. Comme pour le premier épisode, Nioh 2 exige une réelle implication du joueur pour en comprendre et en maîtriser les mécanismes, notamment l’endurance et le timing pour attaquer. Techniquement, ce n’est pas la claque attendue, mais le résultat reste très convaincant. Pour le reste, on pourra repprocher à la Team Ninja un certain manque de prise de risque pour un résultat satisfaisant mais pas étincelant.

 

Nioh 2

7.9

Gameplay

8.5/10

Contenu

8.5/10

Graphismes

7.5/10

Bande son

7.5/10

Finition

7.5/10

Les + :

  • Un titre exigeant, mais accessible
  • Les nouvelles attaques puissantes et jouissives
  • Un gameplay complexe
  • L'univers dépeint et les cinématiques soignées
  • Une jolie durée de vie (40 heures)

Les - :

  • L'IA n'est pas toujours au point
  • Graphiquement, peut mieux faire
  • Un certain manque de personnalité
  • Un scénario qui manque de profondeur