Square Enix continue sur sa lancée des remaster avec le retour du premier épisode de Star Ocean. L’occasion pour l’Occident de (re)découvrir ce JRPG qui avait marqué les joueurs japonais à l’époque. 

Il est vrai que cette année, Square Enix s’est montré particulièrement productif en matière de remasters. Après Collection of Mana et Romancing SaGa 3, nous avons droit au retour de Star Ocean avec First Departure R. Un choix étonnant de la part de l’éditeur étant donné que le dernier volet Star Ocean : Intergrity and Faithlessness sorti en 2016 avait été un véritable échec. De plus, le second volet de la saga avait davantage marqué les joueurs que le premier épisode, pourquoi ne pas remasteriser celui-ci ? À moins que Square Enix pose les bases pour un renouveau de la saga ?

Autre élément étonnant, le premier épisode de Star Ocean sorti en 1996 au Japon avait déjà eu droit à remaster en 2008, sur PlayStation Portable. Et lorsqu’on se penche sur ce nouveau remaster, on n’en comprend pas forcément l’intérêt.

Une narration prenante et attachante

On se laisse attendrir par l’univers du jeu et porter par le scénario de Star Ocean : First Departure R.

Star Ocean : First Departure R nous plonge dans un univers à la croisée des mondes ; l’un est futuriste, l’autre est plutôt médiéval fantastique. Suite à un fléau qui s’abat sur leur planète, une équipe de gardiens vont partir en quête d’un remède. Rapidement, ces derniers vont se rendre compte que l’origine du fléau n’est pas naturelle. Ils vont alors embarquer dans une aventure mêlant magie et technologie et affronter de nombreux ennemis.

Second remaster ou non, le matériau scénaristique de base reste encore aujourd’hui plaisant. La narration au sein de Star Ocean : First Departure R est riche et tient la route, malgré un nombre important de rebondissements et de personnages. On se laisse porter par l’univers et la mission menée par Roddick et Millie.

Un nombre important de personnages à incarner

Le joueur dispose d’un large choix de personnages pour constituer son équipe de guerriers.

La richesse du jeu tient également dans le large choix de personnages à engager dans sa petite troupe. Au nombre de 13, ces personnages apporteront avec eux toute leur personnalité, mais joueront aussi un rôle important dans certaines situations. Aspect qui poussera certains joueurs à relancer une partie et à modifier son équipe afin de découvrir de nouveaux enchaînements et de finalités à l’aventure de Star Ocean.

Le choix des membres de notre équipe sera en réalité influencé par la manière dont le joueur oriente les dialogues et noue des relations avec tel ou tel membre de son équipe. Au cours des Private Actions, le joueur pourra aller vers ses coéquipiers afin d’apprendre à la connaitre davantage. En fonction des choix faits durant ces scènes, vous vous rapprocherez plus de tel ou tel personnage. Et cela aura une influence sur le déroulement de l’aventure. Les développeurs ont mis tout en œuvre pour proposer une important rejouabilité.

Ces aspects sont très plaisants et permettent d’impliquer le joueur dans l’aventure de manière active.

Des combats dynamiques

Le jeu propose des combats dynamiques, ainsi que des techniques de combat riches qui se diversifieront au fil de la progression.

Étant donné qu’il s’agit d’un remaster, on retrouve forcément des caractéristiques des jeux vidéo japonais des années 90. Ainsi, en se baladant hors des villes, le joueur peut se faire happer par des monstres – invisibles sur la carte – et se retrouver téléporté dans une arène. Les combats se font en temps réel, on peut aller à la confrontation directement, sans passer par la sélection d’une attaque ou autre – même si cela est possible.

Lors des combats, la dimension de la distance est importante puisque les personnages ne sont pas statiques et peuvent se déplacer pour aller taper les ennemis. Un aspect qui tranche avec les JRPG d’antan. Cela rend les combats dynamiques et satisfaisants, même si on regrette l’impossibilité de pouvoir cibler un ennemi en particulier. Il est courant de frapper à côté parce que celui-ci bouge ou autre. Il aurait été intéressant d’intégrer cet aspect dans ce remaster.

Une personnalisation poussée de l’aventure

Les personnages disposent d’attaques magiques efficaces.

Le jeu laisse une grande place à la personnalisation du joueur. Celui-ci peut choisir la formation de son équipe, contrôler tel ou tel héros, mais aussi paramétrer des attaques magiques ou autres techniques de combats.

La spécialisation des personnages est poussée à l’extrême dans le jeu ; outre les specials arts et la magie, chaque personnage peut se spécialiser dans un « skill » qui lui permettra d’améliorer certaines statistiques et compétences. Celles-ci seront utiles lors des combats, mais pas que puisque certains personnages pourront reconnaître des objets inconnus ou customiser des armes. On est face à un jeu vidéo conséquent avec de nombreuses facettes.

Difficile de ne pas voir des similitudes avec la série des jeux vidéo Tales Of, notamment les déplacements libres durant les combats. Un point qui s’explique assez facilement puisque le studio à l’origine de Star Ocean compte parmi ses rangs plusieurs anciens développeurs de Tales of Phantasia.

Du point de vue gameplay et expérience vidéoludique, Star Ocean : First Departure R ressemble à s’y méprendre à la version de 2008. On n’a pas l’impression que quelque chose a été revu ou corrigé à ce niveau.

Un remaster qu’on n’explique pas

Le contraste entre les phases de cinématiques et de gameplay est particulier.

En réalité, tout l’intérêt du remaster repose sur des détails graphique et sonore. En effet, le jeu s’offre une nouvelle traduction japonaise et il est possible de jongler entre les trois doublages durant la partie (anglais, japonais d’antan et japonais d’aujourd’hui). Ce remaster est également l’occasion pour le premier épisode de Star Ocean de s’offrir les talents du mangaka Kastumi Enami qui a retravaillé les designs des séquences animées. C’est plaisant et cela fait écho aux animés japonais des années 90, mais pour les joueurs du premier remaster cela peut paraitre étrange tant les personnages sont parfois très différents.

On notera tout de même que le jeu a reçu un petit coup de chiffon depuis la sortie de la première version du titre. La progression est plus fluide et visuellement agréable. On regrette cependant l’impossibilité pour le personnage de contourner un obstacle qui lui fait face. Il faudra impérativement déplacer son personnage puisque celui-ci ne pourra pas « glisser » dessus pour passer outre. Ce remaster fait également l’impasse sur les temps de chargement ce qui est évidemment une bonne chose. Les déplacements sont plus rapides en ville comme sur la map, grâce à un speed mode. Des améliorations notables, mais qui auront tout de même du mal à justifier de repasser à la caisse.

Star Ocean : First Departure R propose tout de même un univers plaisant. Le contraste entre les séquences animées et celle de gameplay est particulier puisqu’on se retrouve face à des graphismes pixelisés – du plus bel effet, certes. C’est déstabilisant la première fois.

Conclusion

Continuant sur sa lancée, Square Enix livre un second remaster de Star Ocean : First Departure. Une nouvelle itération qui ressemble à s’y méprendre au remaster de 2008 sorti sur PSP. Ce JRPG si caractéristique des jeux vidéo japonais des années 90 s’enrichit tout de même de quelques améliorations, notamment au niveau des déplacements (plus de temps de chargement). On notera également un nouveau doublage japonais et des séquences animées retravaillées par le mangaka Katsumi Enami. Le travail reste toutefois minimaliste et aura du mal à convaincre les vieux de la vieille à repasser à la caisse, et ce bien que la magie opère toujours. S’il a vieilli, Star Ocean : First Departure n’en reste pas moins l’un des plus grands JRPG de l’Histoire et méritait à ce titre une disponibilité sur les plates-formes de dernière génération.

Star Ocean : First Departure R

5.7

Gameplay

6.0/10

Contenu

7.0/10

Graphismes

3.5/10

Bande son

7.0/10

Finition

5.0/10

Les + :

  • Une narration riche et attachante
  • Un gameplay dynamique
  • Un système de personnalisation poussé
  • Des ajouts appréciables (nouveaux doublages, speed mode)
  • Une bonne durée de vie (25-30 heures)

Les - :

  • Aucune traduction française
  • Un remaster trop semblable au précédent
  • Les ajouts ne justifient pas de repasser à la caisse
  • Un tarif trop élevé (20€) pour un travail minimaliste
  • Visuellement, ça a très mal vieilli