Passé pratiquement inaperçu jusqu’à sa sortie, Everreach : Project Eden ne fera malheureusement pas trembler les amateurs de TPS…

Développé par une toute petite équipe, Everreach : Project Eden était probablement un jeu trop ambitieux pour ses créateurs, qui marchaient avec lui sur les traces de Mass Effect et de Starcraft : Ghost.

Le premier contact avec Everreach se fait dans la douceur, par le biais d’une petite cinématique d’introduction qui nous fait découvrir le monde futuriste d’Everreach. Dans la peau de Nora Harwood, le leader d’un groupe de sécurité, il faudra combattre les rangs de l’Eclipse, un groupe de rebelles qui tente de s’emparer de la planète sur laquelle les colons se sont installés.

Si les propos resteront très simples tout au cours de l’aventure, force est de constater que le studio est parvenu à créer un univers qui a son charme. La direction artistique du jeu, ses personnages centraux et les doublages sont incontestablement les points forts d’Everreach.

Lorsque le jeu tourne, il est nettement moins joli…

Pad en main, on se rend toutefois très vite compte que le résultat n’est malheureusement pas du tout à la hauteur. La prise en main au pad est tout bonnement catastrophique. Les commandes sont peu précises, la visée chaotique, les sensations dans les gunfights médiocres et le jeu est rempli de bugs. Pire, on ressent dès les premières minutes de jeu de gros ralentissements qui ne vous quitteront pas tout au cours de l’aventure… Chaque séquence d’action est entrecoupée de ces vilains lags qui viennent lourdement perturber l’expérience de jeu. Everreach donne la curieuse impression d’être encore au stade de bêta. Le jeu a pourtant plus de 3 années de développement au compteur…

Tous les ingrédients étaient pourtant là pour un TPS grandiose avec un univers visuellement très attirant, des décors ouverts qui laissent pas mal de place à l’exploration, des séquences de courses-poursuites à bord de véhicules, et une direction qui nous rappelait étrangement Starcraft : Ghost, un projet avorté de Blizzard.

Les quelques séquences aux commandes de véhicules ne sont malheureusement guère plus enthousiasmantes.

Les développeurs d’Everreach avaient poussé le raisonnement très loin, allant jusqu’à donner une dimension RPG à leur TPS, avec un système de choix de dialogue qui impacte le scénario, de l’expérience pour débloquer de nouvelles aptitudes, de nouvelles compétences et des tas d’objets cachés à découvrir.

Sur le papier, Everreach avait tout d’un grand. Dans la pratique, le traitement est laborieux. Le jeu d’Elder Games est très clairement victime d’un travail bâclé, à tous les étages. Dans le level-design, on devine même quelques features oubliées – à l’image d’une fonction de couverture qui n’a pas été implantée et qui aurait été pourtant parfaitement à sa place dans le jeu. Des couvertures, il n’en manque pas dans le jeu. Malheureusement, il est impossible de se plaquer contre. En soi, ce n’est pas bien grave étant donné l’intelligence artificielle exécrable des ennemis, la plupart du temps statiques. Pour les éliminer facilement, il suffira la majorité du temps de se planquer derrière un obstacle qui vous permettra de les canarder sans être touché…

Les développeurs ont tenté de ponctuer l’aventure avec plusieurs séquences motorisées au volant d’un hoverbike. Là encore, on ressent l’inspiration d’un Mass Effect ou d’un Halo. Les contrôles du véhicule sont toutefois juste abominables. Difficile de contrôler la bête de façon naturelle. Les sensations sont également minimales au vu de sa vitesse de déplacement.

Comme dans Mass Effect, le joueur pourra procéder à plusieurs choix dans les dialogues, qui impacteront le scénario.

Outre sa finition, Everreach souffre aussi d’une réalisation désastreuse. Comme nous l’avons dit plus haut, la direction artistique du jeu est plutôt sympa. Sur des images statiques, le jeu est également assez joli. Dès que les décors prennent vie toutefois, c’est la catastrophe. La vitesse d’affichage s’effondre, on perçoit un grain très apparent, et, comble du mauvais goût, le flou d’arrière plan est présent partout. Alors certes, la plupart des défauts d’Everreach pourraient être corrigés par le biais de patchs. Mais le travail s’annonce gigantesque.

En l’état, difficile de débourser près d’une vingtaine d’euros pour un titre rempli de bugs et souffrant de très gros soucis de stabilité. D’autant plus que l’aventure n’est pas bien longue et qu’on trouve sans difficulté de bien meilleurs TPS sur le marché. A voir si d’ici un an, les développeurs seront parvenus à corriger le tir…

Conclusion

Alléchant sur le papier, Everreach : Project Eden est malheureusement loin de tenir toutes ses promesses. Développé par une petite équipe de 5 développeurs, le titre se positionne à mi-chemin entre un Mass Effect et un Starcraft Ghost. Les quelques très bonnes idées des développeurs sont malheureusement gâchées par une réalisation calamiteuse. Le jeu souffre non seulement de grosses baisses de frame-rate mais également de nombreux bugs et d’une prise en main désastreuse. Difficile d’éprouver la moindre sensation, pad en main. Les gunfights sont mous, l’intelligence artificielle désastreuse, les commandes peu précises et le titre se révèle vite très frustrant. Globalement, on ressent toute au long de l’aventure cette curieuse sensation de jouer à un titre qui n’a jamais dépassé le stade de grosse bêta. Avec beaucoup de travail, les développeurs parviendront peut-être à rectifier le tir au fil des mises à jour. Le squelette du jeu n’est en soi pas mauvais. Le travail s’annonce toutefois titanesque et le joueur n’a actuellement aucune garantie que le titre bénéficie d’améliorations après sa sortie…

Everreach : Project Eden

2.8

Gameplay

1.5/10

Contenu

3.0/10

Graphismes

3.0/10

Bande son

5.0/10

Finition

1.5/10

Les + :

  • Des doublages de qualité
  • Quelques bonnes idées
  • La direction artistique sympathique

Les - :

  • Pas de sensations durant les combats
  • Un gameplay très approximatif
  • Beaucoup trop de bugs, ralentissements
  • Très pauvre visuellement
  • Cher pour un TPS relativement court et de qualité médiocre