Electronic Arts tente de relancer la série des Need for Speed avec un épisode très ambitieux qui tente de réconcilier les fans de la franchise avec la série. Malgré quelques bonnes idées, Heat ne parvient toutefois pas à faire grimper la température…

Parmi les séries les plus emblématiques des jeux de course arcade, Need for Speed a connu des hauts et des bas. La série d’Electronic Arts était parvenue à se relancer sur la précédente génération de consoles grâce à quelques épisodes particulièrement inspirés, à l’image de l’excellent Shift 2 et du très sympathique The Run.

Paradoxalement, lorsque l’on parle de Need for Speed, ce sont toujours les courses-poursuites et le tuning qui reviennent sur le tapis. C’est un fait, si la série était parvenue à séduire les amateurx de jeux de course en osant une approche différente, elle n’est en revanche jamais parvenue à se réconcilier avec les fans du concept originel. Seul l’épisode Most Wanted, sorti lui aussi sur la précédente génération de consoles, avait reçu un joli accueil de la communauté. Depuis, c’est le calme plat – ou presque. Les deux précédents épisodes de la série ont reçu des notes qui frôlaient la moyenne. L’annonce de Need for Speed Heat avait toutefois redonné espoir à la communauté.

Les courses de nuit font leur grand retour dans Need for Speed Heat.

Il faut dire que les premiers visuels du jeu donnaient envie. Courses de nuit, tuning et courses-poursuites étaient censés redonner ses couleurs à une franchise qui avait perdu ses lettres de noblesse. Dans la pratique, NFS Heat est toutefois loin de remplir son contrat…

Le premier contact avec le jeu donne le ton : fraîchement débarqué à Palm City, une ville qui rappelle de par sa localisation, ses conditions météorologiques et sa constitution Miami, le joueur devra se lancer dans une succession de courses sur circuits pour gagner sa croûte, puis dans des courses de nuit pour faire grimper sa réputation. Sans surprise, tous les clichés sont là, des personnages gangstas à la musique rnb qui ronronne en passant par les flics ripoux qui tentent de faire exemple pour interdire les courses illégales. Les stéréotypes sont tellement accentués qu’on en vient à se demander si le jeu ne tire pas dans la caricature pure et dure. Très vite, on se surprend d’ailleurs à zapper les cinématiques qui dressent le portrait de personnages sans aucun charme. Si les moyens sont plus importants qu’à l’époque, Heat fait nettement moins bien que Most Wanted et Carbon au niveau de son scénario, qui tient sur un timbre poste.

Il est possible de customiser intégralement son véhicule.

Du côté de la conduite, on se rend très vite compte que NFS Heat est plus accessible que ses ancêtres – ce qui n’est pas forcément une bonne chose dans la mesure où Need for Speed a toujours été un jeu de course arcade très grand public. La prise en main est simple, mais certaines caractéristiques ont été simplifiées à l’extrême, à l’image du drift, qui s’actionne par une succession de pressions sur la gâchette droite, et dont le contrôle reste très approximatif.

On aura ainsi tôt fait de remarquer que la conduite dans le jeu est très permissive. Foncer dans les décors n’aura presqu’aucun impact sur votre véhicule. Emboutir un adversaire vous ralentira à peine. Plus incroyable encore : la plupart des courses ne nécessitent pas dans relâcher une seule fois l’accélérateur, et ce même lorsqu’on change le niveau de difficulté! A ce sujet, on notera un gestion chaotique des adversaires, qui se traîneront tantôt loin derrière vous, ou vous dépasseront à toute allure alors que vous roulez déjà au max. On le sent, le jeu n’a pas eu droit à la finition qu’il aurait mérité.

Beaucoup trop simple, la conduite du jeu n’offre également pas assez de sensations. Pour le dire crument : on s’ennuie ferme dans NFS Heat, dès la première heure de jeu.

Le concept était pourtant très séduisant. Comme les autres opus de la franchise, Heat propose de partir à la découverte d’un vaste monde ouvert, dans lequel il faudra participer à des courses sur circuits pour gagner de l’argent, tuner sa caisse et grimper les échelons, et participer à la nuit à des courses illégales, qui permettront de gagner en réputation. Durant ces courses de nuit, les flics se joignent souvent aux hostilités et n’hésitent pas à jouer aux auto-tamponneuses. Si ces séquences de courses-poursuites se révèlent beaucoup plus excitantes que les courses compte tenu du nombre de policiers qui peuvent se lancer à votre poursuite, on regrette que la difficulté soit une fois encore très mal dosée. Les flics vous feront toujours beaucoup plus mal que vous ne pourrez leur faire!

Le jeu brille de mille feux de nuit!

Autre très gros regret : si le jeu est joli et ses décors flattent la rétine, son monde ouvert manque cruellement de vie. Lorsqu’on ne participe pas à des courses, on s’ennuie là aussi très ferme et on ne prend finalement que très peu de plaisir à explorer l’univers de NFS Heat.

Tout n’est toutefois pas à jeter dans ce nouveau volet. On prendra l’exemple du système de customisation très poussé, qui permet aux fans de tuning de laisser libre cours à leur imagination, tant sur les performances de leur véhicule, paramétrable dans les moindres détails, que sur leur apparence.

Autre atout du jeu : la dualité entre le jour et la nuit. Si le cycle jour / nuit n’est pas dynamique (c’est le joueur qui décide quand passer de l’un à l’autre), la dualité entre les deux mondes donne un certain cachet au jeu. Durant la journée, on explore la ville et on se livre à des compétitions et la nuit on redécouvre Palm City qui brille de mille feux et on se livre à des courses poursuites effrénées.

Visuellement, NFS Heat impressionne également, avec un moteur graphique performant qui a permis de modéliser des décors gigantesques qui s’étendent bien au-delà de la ville de Palm City. De jour, les panoramas sont superbes. De nuit, Palm City charme avec ses lumières étincelantes. Les effets visuels sont également au top, au même titre que la bande son, comme toujours très emprunte de la culture rnb et hiphop.

Enfin, du côté du multijoueur, NFS Heat coche toutes les cases sans vraiment briller. Il y a de quoi faire, mais aucun mode de jeu vraiment original n’est au programme et surtout le titre souffre des mêmes défauts qu’en solo, avec son gameplay mal fichu. La communauté autour du jeu ne survivra sans doute pas plus que quelques mois…

Conclusion

Fils spirituel de Need for Speed : Most Wanted, Need for Speed Heat ne parvient toutefois pas égaler son illustre prédécesseur au niveau de sa conduite, pas assez nerveuse et qui manque surtout cruellement de réalisme. C’est un fait, on s’ennuie ferme dans ce jeu de course arcade, beaucoup trop accessible et finalement très mal pensé, qui avait pourtant de très beaux atouts à mettre en avant, entre son vaste monde ouvert, ses courses-poursuites effrénées avec la police et sa customisation poussée. Malgré ses qualités, NFS Heat ne parvient pas à convaincre, la faute à quelques choix douteux au niveau de sa conception. Une chose est sûre : la franchise d’Electronic Arts a besoin plus que jamais d’un reboot complet.

Need for Speed Heat

5.4

Gameplay

4.0/10

Contenu

4.0/10

Graphismes

8.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

4.0/10

Les + :

  • Les courses-poursuites, riches en intensité
  • Une réalisation impressionnante
  • Une bande son soignée
  • Un vaste environnement de jeu, calqué sur Miami
  • La customisation des véhicules, assez poussée

Les - :

  • Les sensations de conduite sont maigres
  • En solo, on s'ennuie ferme dans les courses
  • La difficulté très mal gérée
  • Le système de drifts
  • Un monde qui manque de vie