Développé par un petit studio italien, Riot Civil Unrest est un titre atypique qui propose aux joueurs d’incarner au choix émeutiers ou forces de l’ordre à travers une série d’événements inspirés de la réalité.

Inspirés par le Printemps arabe et les Insoumis, les développeurs de Merge Games ont imaginé un titre qui propose aux joueurs d’incarner au choix émeutiers ou forces de l’ordre à travers plusieurs campagnes différentes inspirées de faits réels. Atypique dans son concept, Riot Civil Unrest se rapproche d’un RTS-light, puisqu’il est ici question d’un jeu de micro-gestion dans lequel le joueur déplace plusieurs groupes d’unités sur la carte (la plupart du temps, un simple square).

Sur le papier, le titre avait tout pour séduire : des graphismes en pixel-art superbes, un concept qui sort des sentiers battus et un gameplay très technique. Dans la pratique, on remarque toutefois très tôt que le concept du jeu est hyper-limité. Pour réussir ses missions, il faudra en effet la plupart du temps se contenter de déplacer ses différentes unités pour faire fuir les adversaires – et occasionnellement utiliser une capacité spéciale comme le lancer de grenades fumigènes ou le jet de pierres. Et c’est à peu près tout. Sur consoles, la prise en main est laborieuse, la stratégie minimaliste et le titre truffé de bugs (manifestants et policiers restant “bloqués par un simple poteau).

Sur PC, la prise en main est un poil plus adaptée, mais le concept minimaliste du jeu fait qu’on en fait très vite le tour. Beaucoup trop facile, Civil Unrest avait pourtant un potentiel gigantesque. D’autant plus que le titre propose des campagnes inspirées de faits réels, du mouvement des indignés en Espagne au Printemps arabe. Chaque campagne est découpée en plusieurs actes, jouables avec les deux factions. Les objectifs varient d’une mission à l’autre, mais restent globalement très classiques puisqu’il faudra la plupart du temps occuper une zone durant un certain temps ou forcer l’adversaire à se replier en lui mettant la pression ou en le forçant à commettre des erreurs – comme abattre un manifestant sous les caméras des médias.

Les premières minutes de jeu seront très frustrantes vu l’absence de tutoriel et les difficultés à saisir le gameplay. Avec un peu de bonne volonté, on finit toutefois par comprendre assez vite le fonctionnement du jeu. Trop accessible, Riot aurait clairement gagné à être plus difficile et plus dynamique. Son gameplay très lent, le manque d’impact de la planification des combats et la simplicité des stratégies mises en place en font un titre très casual par essence.

La plupart du temps, on ne sait pas trop ce qui se passe à l’écran ni même comment on va parvenir à faire fuir les manifestants ou les forces de l’ordre. Très imprécis, le titre de Merge Games manque réellement de profondeur et c’est là que le bas blesse, pour un RTS. L’expérience n’en reste pas moins divertissante et la grande diversité de missions et de décors traversés devraient logiquement garder les joueurs scotchés à leur pad. L’ennui, c’est qu’aussi sympathique soit le contexte du jeu, le scénario nous est très mal raconté et on n’aurait sans doute pas été contre quelques cinématiques de plus…

Au final, malgré ses bonnes idées, difficile de voir dans Riot un titre incontournable. Confus par essence, le jeu de Merge Games souffre d’un gameplay beaucoup trop pauvre et imprécis et d’un rythme trop mou pour agiter les foules. Difficile en revanche de ne pas être séduit par sa réalisation, de ses superbes graphismes en pixel-art à sa bande son électro. Difficile également de ne pas nier l’ambition du studio, qui a songé à intégrer un mode multi local en versus, qui permet à deux amis de s’affronter à travers un nombre impressionnant de scénarios. Une chose est sûre : Riot Civil Unrest ne fera pas l’unanimité, même auprès de ceux qui l’attendaient, ce malgré un prix de vente relativement attractif (19,99€).

Conclusion

Sans doute trop ambitieux, Riot : Civil Unrest manque complètement le coche, la faute à un gameplay beaucoup trop pauvre qui se limite la plupart du temps à déplacer quelques attroupements sur un square sans trop savoir ce que l’on fait. Visuellement superbe, le jeu de Merge Games semblait pourtant bien parti pour être l’une des bonnes surprises de ce début d’année. Faute de moyens, le petit studio italien nous livre une jolie coquille vide qui aura le mérite de flatter la rétine des amateurs de pixel-art et de gonfler rapidement le GamerScore / la collection de trophées des joueurs. Sur le papier, le titre avait pourtant tout pour convaincre avec son concept innovant et ses propos politisés…

Riot Civil Unrest

5.5

Gameplay

2.5/10

Contenu

5.5/10

Graphismes

7.5/10

Bande son

7.0/10

Finition

5.0/10

Les + :

  • Du pixel-art superbe
  • Un concept qui sort des sentiers battus
  • Des campagnes inspirées de l'histoire contemporaine
  • Un prix correct (19,99€)

Les - :

  • Un gameplay beaucoup trop pauvre
  • Quelques bugs qui gâchent le plaisir
  • Des contrôles mal pensés sur consoles
  • Les débuts sont difficiles...