Vous vous rappelez sans doute de la montre Pebble, qui avait battu tous les records de financement participatif en recueillant plus de 10 millions de dollars auprès des internautes et en se vendant à plus d’un million d’unités en l’espace de quelques mois. Bien décidée à réitérer cet exploit, la petite startup américaine avait lancé en début d’année une nouvelle campagne de financement sur Kickstarter pour une nouvelle montre connectée, la Pebble Time.

L'écran e-ink supporte désormais la couleur - Crédit photo : E.F.
Crédit photo : E.F.

Vendue au tarif de 249€ en Belgique, la Pebble Time a réalisé l’exploit de battre le record de financement participatif de son ainée sur KickStarter. Attendue de pied ferme par toute une communauté, elle débarque dans un contexte radicalement différent. La Pebble de première génération, qui était arrivée très tôt sur le marché, bénéficiait d’un énorme atout. Elle était la seule montre connectée à tenir pratiquement une semaine avec une seule charge. Cette caractéristique, couplée aux nombreuses options de personnalisation, lui a permis de tirer son épingle du jeu. Deux ans plus tard, le contexte a cependant totalement changé puisque les montres connectées sont désormais légion, et surtout leurs écosystèmes respectifs ont beaucoup évolué.

Pour faire face à cette évolution, Pebble a bien sûr amélioré son produit, en abandonnant l’écran noir et blanc de sa première montre et en optant pour un écran utilisant lui aussi la technologie e-ink mais désormais capable d’afficher jusqu’à 64 couleurs. Certes, le rendu général est loin d’égaler celui d’un écran OLED, mais de jour, l’écran de la Pebble Time s’en sort plutôt bien. L’activation du rétroéclairage est en revanche un peu plus compliquée puisqu’il faut généralement exagérer ses gestes pour que l’écran s’active…

Quelques applications sont au rendez-vous, mais rien d'exceptionnel - Crédit photo : E.F.
Quelques applications sont au rendez-vous, mais rien d’exceptionnel – Crédit photo : E.F.

Mais l’un dans l’autre, là n’est pas le plus gros soucis de la Pebble Time. En réalité, la Pebble Time reprend tout ce qui a fait le succès de son ainée en permettant un haut niveau de personnalisation à l’aide de “watchfaces” à récupérer sur un store dédié, via l’application Android ou iOS. Les possibilités de customisation sont plutôt nombreuses et la plupart des consommateurs devraient y trouver leur compte. L’OS a aussi beaucoup évolué puisqu’il permet désormais d’installer plus de 8 applications et intègre quelques nouveautés sympathiques, comme la dictée vocale d’un SMS sur Android, ou des mémos vocaux à enregistrer. L’ennui, c’est que les possibilités restent très limitées, et qu’au niveau des applications, les choses n’évoluent que trop lentement. Par défaut, la suite d’applis préinstallées sur la montre se compose de quelques outils de base, dont un chronomètre, un lecteur musical et un système de lecture de notifications. La montre lit les SMS, permet d’y répondre, d’afficher certains messages en provenance de WhatsApp, et de contrôler sa playlist lorsqu’on court… mais c’est à peu près tout. Bien sûr, en furetant sur le Store, il est possible d’ajouter des options avec des applications dédiées, mais on est loin de trouver une vaste diversité d’applications. Pas de Spotify ni de Shazam à l’horizon par exemple. Alors certes, le parc applicatif n’a jamais été le fort de Pebble, mais le manque d’évolutions majeures à ce niveau porte préjudice à la montre.

Du point de vue hardware également, le constat est plutôt décevant. Si l’on apprécie la présence d’un écran couleur, et l’utilisation de boutons pour la navigation, on regrette en revanche que le constructeur se soit contenté du minimum syndical au niveau de la mémoire embarquée, de la batterie (150mAh contre 400 pour la concurrence) et du cadran, qui a tendance à facilement se griffer – ce qui n’est pas le cas de l’écran de la montre, protégé par un verre Gorilla Glass. Etanche, la Pebble Time a cependant le mérite d’être plutôt légère, agréable à porter et d’être livrée avec un bracelet en silicone de qualité. Par contre, ceux qui n’appréciaient guère le look très “geek” du premier modèle ne devraient pas changer d’avis sur l’esthétique globale du produit, qui ne donne pas franchement envie. C’est d’autant plus regrettable que la montre est facturée au prix fort – 249€! -, alors que la première montre Pebble était proposée à un tarif autrement plus compétitif, et que les composants utilisés justifient difficilement un tarif aussi élevé.

Quelques watchfaces animées sortent du lot - Crédit photo : E.F.
Quelques watchfaces animées sortent du lot – Crédit photo : E.F.

En définitive, si la Pebble Time s’inscrit comme le digne successeur de la Pebble, elle sera loin de faire l’unanimité auprès des consommateurs. Trop chère, dotée d’un look trop carré et beaucoup trop brut, et d’un écosystème qui demande encore à se développer, elle ressemble davantage à un produit pas encore finalisé et vendu au prix fort qu’à une véritable révolution. Ajoutez à cela une déception au niveau de l’autonomie, qui dépasse difficilement les 3 jours avec une utilisation “normale” (contre 7 annoncés), quelques petits soucis de connexion avec certains smartphones, et vous comprendrez notre déception. Ceci étant dit, le modèle Steel, qui sera vendu un peu plus cher, pourrait bien corriger deux des principaux défauts du modèle standard en arborant un design beaucoup plus classe et en offrant une meilleure autonomie.

L'application mobile reste l'une des franches réussites de Pebble - Crédit photo : E.F.
L’application mobile reste l’une des franches réussites de Pebble – Crédit photo : E.F.

Conclusion

A défaut d’être incontournable, la nouvelle montre de Pebble a le mérite de rester très fidèle à la philosophie de l’entreprise, qui mise depuis le début sur la personnalisation de l’écran d’accueil plutôt que sur les fonctionnalités liées au smartphone. Le concept aurait pu faire mouche, si le prix de la montre était plus raisonnable, et surtout si la qualité de fabrication justifiait l’investissement. En l’état, la Pebble Time reste un gadget amusant, que les geeks apprécieront à sa juste valeur, mais qui aura sans doute beaucoup de difficultés à séduire le grand public.

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