Le spécialiste des drones français Parrot lance en ce début d’année un nouveau drone grand public, vendu sous la barre des 500 euros, et qui présente la particularité d’être équipé d’une optique stabilisée, capable de filmer en Full HD.

© E.F.
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De plus en plus populaires malgré une législation qui empêche les passionnés de faire voler leurs drones au-dessus de leur jardin, les drones sont devenus un véritable phénomène de mode. Qu’ils soient surmontés d’une caméra GoPro ou d’un Reflex, les drones sont de plus en plus utilisés pour filmer de courtes séquences depuis des angles parfois totalement improbables. Outre les professionnels d’Hollywood, de nombreux réalisateurs amateurs les utilisent aujourd’hui pour réaliser des documentaires ou des plans-séquences qui sont ensuite largement diffusés sur la toile. De Nancy à Paris, en passant par San Francisco, on ne dénombre plus le nombre de vidéos rendant hommage aux plus belles villes du monde. Parrot, le fabricant français à l’origine de l’A.R.Drone, l’un des modèles de drones les plus vendus, a attrapé la balle au rebond et propose aujourd’hui son drone Bebop, doté d’une caméra numérique capable de filmer en Full HD.

Un drone destiné aux cinéastes amateurs

Depuis ses débuts, Parrot s’évertue à rendre abordable une technologie habituellement très coûteuse avec des drones se destinant principalement au grand public, mais aussi dans le cas présent aux cinéastes amateurs. Car outre le plaisir de faire voler son drone à plus de 20 mètres d’altitude, c’est surtout la caméra embarquée qui justifie l’acquisition du drone Bebop. Intégrée dans la tête du drone, la caméra est capable de filmer en Full HD (1920×1080) à une vitesse tout à fait respectable (30 images par seconde). Stabilisée, la caméra enregistre des images d’une qualité bluffante, pratiquement sans aucun tremblement grâce à une technologie révolutionnaire de stabilisation numérique développée par Parrot. Pratique lorsque vous filmez à haute altitude et que le drone est secoué par quelques bourrasques! Bien sûr, tout cela ne se fait pas sans quelques compromis, et en l’occurrence, la présence d’un léger voile sur les images. Si la qualité des images n’égale donc pas le rendu des caméras sportives comme la GoPro, la stabilisation numérique de la caméra apporte un plus non négligeable lors de l’achat, qui justifie presque à lui seul l’achat de ce drone.

Un peu moins intéressant sans doute pour les cinéastes, le drone est bien entendu également capable de prendre des photos à haute altitude grâce à son APN de 14 mégapixels. L’objectif fish-eye couplé aux difficultés à filmer en basse luminosité rendent néanmoins la capture de photos plus fastidieuse, puisqu’il faudra pratiquement automatiquement passer par un logiciel de retouche pour obtenir des photos d’une qualité plus nette et surtout qui ne sont pas déformées par l’objectif du Bebop. Vu le prix du drone, difficile de critiquer la qualité somme toute relative des photos, qui seront largement suffisantes pour se rendre compte des dégâts causés à une toiture par exemple, ou rapporter quelques jolies images d’une destination touristique.

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A piloter avec ou sans SkyController

Comme toujours avec Parrot, le drone se contrôle intégralement depuis une application à télécharger sur son smartphone (FreeFlight 3 – iOS ou Android), avec des commandes manuelles relativement simples à maîtriser et des fonctions de personnalisation avancées qui permettent notamment de définir un plafond virtuel à ne pas dépasser. Le drone se connecte via un pont qu’il crée avec le smartphone, qui permet à son propriétaire d’utiliser la caméra du drone pour s’orienter en vue subjective sur l’écran du smartphone, mais aussi de prendre des photos et filmer. Pour ceux qui souhaiteraient plus de précision dans les commandes, le fabricant propose également une manette, le SkyController, qui élargit également de quelques centaines de mètres la portée (jusqu’à 1 km selon Parrot), pour un tarif somme toute raisonnable (900 euros avec le drone). Ceux qui opteront pour la version “standard devront quant à eux s’acquitter d’environ 500 euros pour faire l’acquisition du Bebop. Petit détail qui a toute son importance lors de l’achat : la batterie du drone est capable de tenir en moyenne environ 11 minutes, mais le drone est livré avec une batterie de rechange qui permet de reprendre la voie des airs après l’avoir rapidement changée. Enfin, on précisera que le drone de Parrot embarque une mémoire de 8 Go sur laquelle sont stockées les images et vidéos sauvegardées. Pour les télécharger, l’utilisateur pourra soit opter pour la méthode traditionnelle – en branchant son drone à son ordinateur, via un simple câble USB -, soit opter pour un transfert direct sur son smartphone, et partager ainsi ses clichés sur les réseaux sociaux. Notons enfin qu’avec 8 Go, l’utilisateur peut enregistrer jusqu’à 36 minutes de vidéo.

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Les joies du pilotage

Dernier point à aborder dans ce test, la maniabilité du drone est somme toute relative à votre dextérité. S’il est tout à fait capable de voler en intérieur, grâce notamment aux deux protections à accrocher au drone pour éviter qu’il n’endommage ses hélices en heurtant un mur, la taille imposante du Bebop – par rapport au Rolling Spider, qui est lui bien un drone d’intérieur – le destine davantage à des vols en extérieur. Très léger, le drone de Bebop est également plutôt résistant. Il endurera sans trop de difficultés plusieurs chocs, même violents, lors de vos premiers vols. Après avoir appuyé sur la touche “Take off”, qui lance la procédure de décollage, l’utilisateur prend le contrôle du drone via un système de joysticks virtuels qui permet de facilement manipuler le drone, même une fois à bonne distance. Très stable, le drone embarque un système logiciel très performant qui lui permet de retourner sur ses pas jusqu’à sa position d’origine grâce au GPS intégré si le signal est coupé pour une raison ou pour une autre, et à se poser en toute sécurité. Il arrive néanmoins qu’il soit aussi victime de quelques bugs pas bien méchants, ou résiste plutôt mal à ne bourrasque qui le rend tout de suite totalement incontrôlable. Pour cette raison, il est donc préférable d’avoir appris à le maîtriser avant de se montrer trop ambitieux, et surtout, d’éviter les endroits publics…

Conclusion

Vendu à un tarif très compétitif, le drone Bebop de Parrot offre enfin les outils aux cinéastes amateurs pour réaliser de superbes vidéos en utilisant soit leur smartphone, soit le SkyController, pour contrôler leur drone, qui, malgré quelques petits bugs lors de nos séances d’essai, s’est montré d’une efficacité redoutable sur le terrain. Idéal pour filmer en Full HD, le drone Bebop de Parrot reste, compte tenu de son poids, assez sensible aux fortes bourrasques, raison pour laquelle il sera préférable de ne le sortir que lorsque le ciel est bien dégagé.