S’ils parviennent à dévorer les parts de marché des autres constructeurs, les fabricants de smartphones chinois ne jouent pas franc jeu. Accusés de concurrence déloyale, de malversations et espionnage par certains concurrents, ils font actuellement face à une véritable armada juridique. Mais faut-il réellement s’en méfier?

Des terminaux fins, haut de gamme, à des prix défiant toute concurrence.

Le miracle économique chinois

Pour le consommateur lambda, un smartphone chinois peut représenter un deal intéressant. D’une part parce que ceux disponibles dans nos pays sont généralement de qualité équivalente à des smartphones entrée ou milieu de gamme de marques prestigieuses, et d’autre part parce qu’ils sont également proposés à des prix défiant toute concurrence. Ainsi, si ZTE s’est plutôt aligné sur la concurrence, avec des smartphones sous Android et Windows Phone au design classique, Huawei se permet même d’aller beaucoup plus loin en innovant, avec des smartphones toujours plus fins.

Pour le moment, il n’y a clairement pas de quoi s’inquiéter sur le marché européen. ZTE et Huawei représentent une part infime des parts de marché chez nous. Cela s’explique par le fait que les fabricants commencent seulement à s’implanter en Europe et surtout que leurs marques souffrent d’un manque flagrant de popularité, la plupart des clients n’ayant pour ainsi dire jamais entendu parler de ces deux firmes. A l’international pourtant, ZTE représente déjà 5,4% des parts de marché, selon IDC. Le fabricant chinois serait même passé devant HTC… En un an, ses ventes auraient gonflé de 300%.

Qu’est-ce qui explique le succès de ZTE? Principalement les prix pratiqués, et le succès des marques chinoises en Asie du sud-est. ZTE et Huawei continuent par ailleurs leur expansion vers les gammes de prix supérieures, produisant des modèles toujours plus performants. La gamme Ascend de Huawei sera notamment l’une des premières à profiter de l’OS Windows Phone 8, aux côtés de Samsung, HTC et Nokia. Un privilège qui permettra sans doute à Huawei de gagner encore en popularité.

Des firmes qui inquiètent

Pourtant, si ZTE et Huawei accumulent les bonnes nouvelles, les deux fabricants font également face à de nombreuses critiques. Les autres fabricants de smartphones les accusent de concurrence déloyale, les états d’espionnage et certains employés de malversations.

Aux Etats-Unis, une commission a été chargée de définir si Huawei et ZTE recevaient effectivement une aide gouvernementale qui lui permet de pratiquer des prix largement en-dessous du marché. Des témoignages de malversations ont éveillé l’attention de plusieurs états à l’égard de ces deux fabricants. La question que se posent la plupart des pays occidentaux, c’est si ces entreprises peuvent agir telles des compagnies privées sur le marché international. ZTE et Huawei sont accusés d’entretenir des relations trop étroites avec le gouvernement chinois et le Parti Communiste. De leur côté, Huawei et ZTE assurent bien entendu faire preuve d’une transparence totale…

A côté des inquiétudes du secteur public et de la concurrence, il y a aussi la crainte de l’espionnage. En Australie, le gouvernement a interdit l’utilisation de routeurs chinois aux entreprises sous prétexte qu’il soupçonne l’équipementier de contribuer – volontairement ou non – aux cyberattaques venant de Chine. Ne respectant pas toujours les normes occidentales, les fabricants asiatiques L’Union Européenne pourrait également adopter des mesures similaires.

Vers une interdiction totale de séjour en Europe et aux Etats-Unis?

Si ZTE et Huawei tentent de rassurer les marchés, les deux entreprises s’inquiètent également des mesures prises à leur encontre. En Australie, ZTE est déjà interdit de séjour pour ce qui est des routeurs, et Huawei ne peut contribuer à l’expansion du réseau mobile. En Algérie, le fabricant ZTE est interdit de séjour pour une durée de deux ans, et plusieurs de ses employés ont été incarcérés pour une période de 10 ans pour malversations. Aux Etats-Unis, une commission d’enquête est chargée d’évaluer les risques et de définir si ZTE et Huawei représentent un danger pour la sécurité nationale et sont responsables de concurrence déloyale. En 2008, le congrès a même interdit la vente de la société 3com à Huawei, sous prétexte de eisque pour la sécurité nationale. “Les autorités américaines soupçonnent que les puces, routeurs et autres équipements informatiques chinois soient équipés de portes dérobées permettant au gouvernement chinois d’accéder à des informations sensibles transitant par ces équipements”, explique Jean-Marie Bockel, sénateur français. En ce qui concerne Huawei, “la firme continue à maintenir d’étroites relations avec l’armée chinoise“. Les présidents de ZTE et Huawei ont été invités par les autorités américaines à une audience le mois prochain.

En Europe, le Financial Times rapporte que “la Commission européenne serait sur le point de lancer une procédure d’infraction pour non-respect des règles européennes de la concurrence à l’encontre des entreprises chinoises Huawei et ZTE, qui proposent des grands équipements informatiques, à l’image des routeurs de coeur de réseaux.”
Selon le sénateur Jean-Marie Bockel, tous les appareils sensibles d’origine chinoise doivent être interdits sur le sol européen. Pour lui, “les routeurs de réseaux sont des équipements hautement sensibles du point de vue de la sécurité des systèmes d’information” et “rien n’empêcherait un pays producteur de ce type d’équipements d’y placer un dispositif de surveillance, d’interception, voire un système permettant d’interrompre à tout moment l’ensemble des flux de communication“. Si de telles mesures finissent par être prises à l’égard de ZTE et Huawei, la croissance des deux entreprises serait sans doute remise en question sur un court terme, sans pour autant inquiéter les deux firmes outre mesure.

Le ZTE Tania, premier smartphone chinois sous Windows Phone.

Faut-il acheter chinois?

A plus d’un titre, la question se pose. D’une part car le risque subsiste que les services proposés par les équipementiers chinois (support technique, services, applications) cessent de fonctionner si une interdiction de la Commission Européenne finit par bloquer leurs exportations vers l’Europe. D’autre part, il y a le risque, principalement pour les entreprises et les hommes d’affaires, de voir certaines informations sensibles dérobées. Néanmoins, il y a fort à parier que ZTE et Huawei finiront par accepter les législations occidentales et feront tout leur possible pour prouver leur innocence et rentrer dans le rang. Les marchés européens et américains sont bien trop essentiels à la réussite de ZTE et Huawei pour que les deux fabricants ne s’en passent.

Par ailleurs, le fait que Microsoft donne son aval à Huawei pour la production de smartphones Windows Phone 8 est également plutôt bon signe, dans la mesure où on imagine mal le géant américain autoriser un fabricant responsable d’espionnage prendre possession de son OS sans l’assurance d’une certaine transparence. Si les deux fabricants parviennent à éviter les filets tendus par leurs concurrents et les autorités, ils pourraient bien devenir un jour aussi populaires que des marques comme LG ou Samsung, deux firmes coréennes qui ont, à l’image de ZTE et Huawei, connu une ascension fulgurante sur une période très courte.

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2 Commentaires

  1. Bien fait pour leurs g.. Ils n’avaient pas besoin de faire fabriquer leurs iBidules dans l’Empire du Milieu. En attendant, ils ont accumulés un beau trésor de guerre !

  2. Le marché de la téléphonie mobile évolue à grande vitesse. De nombreuses offres sont constamment mises à jour, de nouveaux forfaits voient le jour, avec des avantages de plus en plus intéressants pour les consommateurs. C’est ainsi que le site comme http://portableschinois.com propose aux utilisateurs de mobiles une gamme de SmartPhone Chinois 3G Android pouvant servir en France. Livraison Gratuite en 3 jours.

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