Avec leurs réseaux sociaux, Facebook et Google séduisent des millions d’utilisateurs. Google+ et Facebook: un duel de titans s’engage entre ces deux-là. Passage en revue.

Partager avec ses amis

Tous amis. Sur Facebook, la notion de partage est à prendre au sens large. Chaque objet publié est, par défaut, partagé avec tous ses «amis». Libre à chacun de réduire la voilure de ses posts après chaque publication. Ces options sont également paramétrables a priori, via, notamment, les listes d’amis. Mais ces dernières n’ont jamais été réellement adoptées par le grand public. Pour faciliter le partage «sélectif», Facebook a récemment proposé de créer lui-même des «listes intelligentes» basées sur les informations de profil pour regrouper les «amis» par thème (travail, famille, amis proches…). Une initiative qui a été perçue comme une riposte au système de «cercles» de Google+ par bon nombre d’observateurs.

Les «cercles», une nouvelle façon de gérer ses «amis». Située entre les «listes d’amis» de Facebook et les «followers» de Twitter, les cercles de Google+ proposent une nouvelle façon de gérer ses contacts. A chaque ajout, le nouveau contact doit être placé dans un cercle, selon son degré de rapprochement et ce qu’on souhaite partager avec lui. Les cercles peuvent être multipliés et personnalisés pour affiner au mieux les options de partage. Les «cercles», c’est la grande nouveauté pour un réseau social, Google+ a fortement axé sa communication dessus. Les observateurs n’ont pas manqué de voir dans ces «cercles», l’inspiration des «listes intelligentes» de Facebook présentées quelques semaines plus tard.

Envoyer des messages

Fin 2010, Facebook présentait une refonte complète de son interface de messages basée sur un système de messagerie combinant e-mail, chat et SMS. L’objectif: rassembler toutes les communications dans une seule discussion continue. Près d’un an plus tard, le succès semble mitigé pour les adresses @facebook.com et l’utilisation du service par SMS. Facebook peut malgré tout s’appuyer sur son service de chat, récemment amélioré visuellement et agrémenté d’un service de vidéoconférence grâce à un partenariat avec Skype.

Chez Google, à défaut de révolution, on joue la carte de l’intégration. Avec GMail et GTalk, Google+ peut proposer une interface connue des utilisateurs. Chat, vidéoconférence, mails: le réseau social peut se baser sur ses services de communications pour en faciliter l’utilisation au sein de Google+. Et tout laisse à penser que ce n’est qu’un début. La vidéoconférence, par exemple, a été améliorée et permet, depuis, des vidéo-chats avec plusieurs participants. Ces «vidéos-bulles» peuvent désormais être, en plus, diffusées en direct à d’autres membres du réseau social. Intégration de documents, partage d’agenda… Un rapide coup d’œil sur les services proposés par Google laisse entrevoir des possibilités multiples.

Visionner ses photos

La photo bénéficie d’un traitement de faveur sur Facebook: une visionneuse spécifique, une gestion des albums aboutie, des paramètres de confidentialité améliorés… L’image est mise en avant sur le fil d’actualité des utilisateurs. Et l’arrivée prochaine de «timeline», une refonte totale de la page «profil», va encore accentuer le phénomène: l’espace accordé aux photos sera plus grand et leur affichage sera scénarisé.

Si les photos sont plus discrètes sur Google+, une rubrique «photos», un peu fouillis, regroupe néanmoins toutes les images mises en ligne par les membres de vos «cercles». Le réseau social peut surtout s’appuyer sur son propre service de partage de photos, Picasa. Un excellent moyen de remplir, d’emblée, les albums de ses nouveaux utilisateurs. Avantage indéniable: profiter d’un service qui n’a pas de secrets pour les utilisateurs et lui offrir un espace «social». Par exemple, la confidentialité des albums – qui permet de décider qui peut voir ou non les photos–, déjà gérée via Picasa, peut être encore affinée grâce aux «cercles».

Jouer

Facebook s’est rapidement révélé comme la plateforme idéale pour le «social gaming». Les jeux sociaux, des jeux en ligne multi-joueurs qui s’appuient sur les relations du réseau social, ont connu une ascension incroyable et ont envahi le réseau social. Du «casual game» au «Sims Social», des centaines de milliers d’applications ont vu le jour sur Facebook et font le bonheur de dizaines de millions de joueurs tous les jours. Vu leur succès – et leur rentabilité, les jeux sociaux sont devenus un véritable outil de fidélisation pour Facebook.

Google+ ne s’est pas trompé lorsqu’il a lancé, avant toute autre application, un onglet «Jeux» sur sa page d’accueil. Soigné, clair et sélectif, le menu de Google Games se décline aussi efficacement que les jeux en eux-mêmes. Il ne reste plus qu’à voir si le catalogue s’étoffera et si une communauté s’y créera.

Protéger sa vie privée

Depuis sa création, Facebook est régulièrement critiqué pour sa gestion de la vie privée et des données personnelles de ses utilisateurs. Sans jamais avoir réussi à convaincre totalement ses détracteurs, le réseau social offre la possibilité de paramétrer chaque information diffusée sur un profil: de la photo aux posts publiés par des amis, en passant par la réception de messages. Si l’interface a été améliorée, la page des paramètres de sécurité reste peu intuitive et est souvent boudée par les utilisateurs. Mais Facebook multiplie les mises à jour pour redorer son blason. La dernière en date: l’introduction d’une «icône de confidentialité» directement placée à proximité des contenus, qui permet de paramétrer a posteriori quels amis ont accès à chaque publication.

A son lancement, Google+ se devait de miser sur la transparence pour séduire les utilisateurs déçus par Facebook pour sa gestion des données personnelles. Le système de cercles d’amis facilite grandement la gestion de la vie privée: possibilité de choisir les contacts qui verront un post, de verrouiller un post, etc. Google possède aussi un avantage: il sait déjà tout – ou presque – de ses utilisateurs, via ses nombreux services (mail, agenda, contact…). La preuve: le Google Dashboard, le tableau de bord de toutes les informations que Google possède sur un utilisateur, a déjà été lié à Google+.

@Guitariosott, avec @BriceLB