Lancement du service gratuit ce mercredi en Belgique.

On attendait Spotify depuis des lustres mais c’est We7 qui débarque le premier en Belgique, avec un service de streaming commercial et gratuit. Mercredi, la société britannique, qui compte Peter Gabriel parmi ses fondateurs et déjà trois millions d’utilisateurs chaque mois au Royaume-Uni, ouvrira son site belge.

Les internautes pourront accéder à un catalogue de 7,5 millions de chansons, pour créer des playlists ou écouter des « radios » personnalisées jouant des chansons de leurs artistes favoris ou liée à une thématique de leur choix.

La programmation de ces radios internet sera créée sur mesure, en fonction des goûts musicaux de l’utilisateur. L’utilisation des radios sera illimitée et gratuite. Les playlists pourront également être composées chaque mois de 50 chansons à la demande. Un nombre qui paraît un peu chiche. Pourtant, si l’on en croit Steve Purdham, le patron de We7, « moins de 4 % des utilisateurs britanniques du service épuisent leur quota de demandes gratuites sur le mois ».

Des accords tant avec les « majors » de la musique qu’avec des labels indépendants, comme Pias, ont été signés. Parmi les artistes pour lesquels We7 dispose déjà des droits de diffusion en Belgique, on ne trouve pas que les inévitables Lady Gaga et autres Black Eyed Peas. De nombreux artistes belges sont également accessibles. Parmi ceux-ci, Stromae, My Little Cheap Dictaphone ou Ghinzu.

Accéder librement à ces contenus avec la bénédiction des détenteurs de droits a cependant un prix. Et c’est la pub qui servira à régler la facture. Des coupures publicitaires viendront ponctuer la diffusion musicale au bout de trois ou quatre chansons. Durant les trois premières semaines, c’est la chaîne de restaurants Quick qui sera l’unique annonceur de We7, avant l’arrivée d’autres annonceurs.

Pour les amateurs de musique qui craignent l’indigestion de pub, un service payant permettra de piocher de manière illimitée dans le catalogue. Ce service d’abonnement, qui se déclinera également sur les terminaux mobiles, ne sera cependant pas disponible avant quelques mois.

Simple et grand public

Face à des concurrents comme Spotify, We7 fait figure de challenger inconnu. « Notre service se différencie par sa grande simplicité d’utilisation, explique Steve Purdham. Nous voulons permettre à un public très large et de tout âge de découvrir le streaming. Avec Spotify, vous devez commencer par télécharger une application. Chez nous, c’est une simple interface web que nous mettons régulièrement mettre à jour. Un simple clic et la musique démarre. Notre modèle est élémentaire : vous écoutez une chanson et on trouve la publicité qui en paie le coût ». Lancée depuis moins de trois ans la version anglaise du site couvre déjà ses frais de fonctionnement et de règlement des droits d’auteurs.

Malgré l’essor du streaming, Steve Purdham ne croit cependant pas à la mort des radios FM. « Les deux vont coexister. La FM a ses animateurs, l’info, le sport. C’est autre chose. Mais si l’on veut juste se divertir avec de la musique, nos radios personnalisées sont elles aussi très attractives. Ce n’est pas soit l’un soit l’autre. Personne ne fonctionne comme ça ».

REPÈRES

Quoi ? Un service de streaming gratuit sur le web. Le streaming permet d’écouter de la musique en ligne sans télécharger les fichiers.

Quand ? Dès le 29 juin sur le site www.we7.be.

Comment ? Un simple navigateur web permettra d’utiliser les radios personnalisées ou les playlists.

Qui ? De nouveaux artistes belges et étrangers seront régulièrement ajoutés à ses 7,5 millions de titres actuels.

Combien ? Le service sera gratuit pour les radios personnalisées et 50 chansons à la demande chaque mois (avec pubs). Dans les prochains mois, un service d’abonnement (sans pub) sera lancé pour un montant d’environ 5 euros par mois (sur le web) et 10 euros par mois (pour le web et les terminaux mobiles).

ALAIN JENNOTTE

1 COMMENTAIRE

  1. Intéressant, mais il me semble que le mieux actuellement est Grooveshark, qui permet l’accès gratuit et illimité en streaming aux bibilothèques musicales des internautes. Le tout sans trop de pub. Et qui me donne, perso, envie de racheter des CD après m’être rincé les oreilles en ligne…

  2. Qobuz est déjà disponible en Belgique avec un énorme catalogue disponible dans TOUS les genres, y compris jazz et classique. Avec souvent, la possibilité de consulter les livrets. L’offre de streaming illimitée est à 14 euros par mois. Je ne suis pas pressé, pour spotify.

  3. Ce n’est jamais que le même principe que la licence globale, sauf que:
    – cela n’empêchera pas le téléchargement (et donc le piratage), bien plus pratique dans certain cas (essayez d’écouter We7 sur votre iPod dans le train)
    – personne ne sait où va l’argent (quel pourcentage aux artistes ? comment prouver que les chiffres ne sont pas trafiqués en faveur, par exemple, de Peter Gabriel ? …)
    – le poids des catalogues des majors leur permet surement d’imposer des contraintes que l’entreprise ne peut pas refuser (“si vous acceptez ce petit label concurrent, nous nous retirons et irons chez un de vos concurrents plus accommodant et vous perdrez la majorité de vos auditeurs”)
    – les conditions d’utilisation peuvent changer du jour au lendemain

    Bref, à l’image des internautes d’aujourd’hui: un tas de gogo qui se ruent sur le site qui brille sans réfléchir plus loin que le bout de leur nez.

    • Pour le caractère pratique du piratage, je ne suis pas si certain, en fait. Personnellement, depuis que j’ai Spotify, je pirate nettement moins pour, justement, des raisons pratiques. La seule raison qui me poussait encore à le faire c’était justement la portabilité, et depuis que j’ai un smartphone Android avec l’appli Spotify, ce n’est plus un problème. Et pour compenser, j’achète du vinyl 😉

      Pour le reste, clairement, les gros labels ont le pouvoir. Spotify a drastiquement réduit son offre gratuite quelques semaines après un coup de gueule de Pascal Nègre. Il faudra encore attendre un peu pour la disparition totale de l’ancien modèle.

      • D’accord pour le caractère pratique du piratage, qui perd en pertinence plus les moyens de connexion augmentent. J’ai en revanche peur que les gens prennent l’habitude de se reposer sur du cloud et abandonnent ainsi leurs documents chez des compagnies privées (bien que ce n’est pas bien dangereux pour la musique). Je n’aimerais pas voir mon comportement responsable pénalisé par une augmentation du prix des supports physiques à cause d’un grand public qui trouverait le cloud “tendance”.

        En ce qui concerne l'”ancien modèle”, je pense qu’il a encore de beau jour devant lui. Il n’y a qu’à constater que Grooveshark (qui propose de la musique libre) n’a eu droit à aucun article sur Geeko contrairement à We7.
        L’ancien modèle a de quoi faire son marketing, qui est joyeusement relayé par des sites “de potins pour vendre de la pub aux internautes”. Il suffit de ça pour orienter le grand public.