C’est à une première en son genre que lesoir.be convie à partir de ce lundi, avec le lancement d’une fonction “odeurs”. Une avancée qui suit le cours de l’évolution de l’offre internet en général, de l’offre d’information en particulier. Car si jusqu’à présent, les sites d’information ont pu diversifier leur offre, et passer progressivement de l’écrit à la vidéo avec une étape par le son, jamais jusqu’ici un site d’information n’avait convié le sens de l’odorat en renfort.
Le projet du Soir.be est né de ce constat de carence. Il est aussi le fruit d’un souhait accru de diversification et de différenciation de l’info, et d’une volonté de répondre à la concurrence des chaînes de télévision, qui multiplient les initiatives sur le web.
Dès lundi, lesoir.be convoquera un sens supplémentaire dans son offre d’information. “Il n’est évidemment pas question de capter des odeurs pour tous les sujets du site. Comme pour le son ou la vidéo, il faut évidemment mesurer dans quels cas les odeurs peuvent apporter une plus-value informative” prévoit Philippe Laloux, digital media manager au Soir. “Dans quels cas, aussi, l’odeur est l’information à retenir d’une actualité”.
Si la nouvelle fonctionnalité “odorama” du Soir.be paraît tout indiquée pour des sujets gastronomiques – on pourra désormais percevoir l’odeur boisée d’un vin -, l’évidence est moins claire pour des sujets liés à la crise politique ou au tsunami japonais.
Pour Maurice Grevisse, responsable de l’Institut de Journalisme à l’Université d’Ostende, c’est précisément là que se situe l’intérêt de cette nouvelle fonctionnalité: “une info a-t-elle une odeur? Une bonne info sent-elle bon, et inversément pour une info bidon? On retrouve surtout avec cette nouveauté le plaisir un peu nostalgique qu’on pouvait avoir à humer son journal et l’encre à peine sèche, il y a deux décennies”.
“Accessoirement, cela répondra aussi à des questions périphériques : une info datée de trois jours est-elle faisandée? Combien de temps une info reste-t-elle ‘fraïche’ ?”

En pratique, la mise en place d’une telle initiative bénéficie des progrès de l’encodage informatique. Si la transformation en données numériques de l’audio est née en même temps que le web, la commutation des odeurs est encore récente. “L’équipement mis à la disposition de la rédaction du Soir a quasiment été conçu pour nous“, explique Cédric Petit, responsable de l’info sur www.lesoir.be, en charge du projet.
Chaque journaliste, outre son flair, sera désormais équipé d’une appli pour smartphone pour Android et iPhone, baptisés “enc’odeur”. La peur d’échouer dans les négociations se traduit-elle par des exsudations? Que sent un vestiaire des Diables Rouges après une victoire face à l’Azerbaïdjan? Pour les journalistes du Soir, il suffira désormais de les scanner via leur appli.
Le marché publicitaire s’est montré assez intéressé par l’idée de pouvoir transmettre des fragrances à travers l’information; pour les parfumeurs, c’était en quelque sorte le Graal, autant que pour les annonceurs automobiles, qui ne rêvaient pas à autre chose qu’à la possibilité de faire sentir l’odeur d’une voiture neuve à travers le web. C’est chose faite, démonstration ci-dessous.
Pour l’internaute, aucun impact particulier, les émanations passeront directement par le port usb des ordinateurs, ou, dans le cas des produits Apple qui n’en disposent pas, par la prise du chargeur.

En parallèle, Le Soir lancera aussi dans la foulée son parfum. Et là encore, on aura toujours raison de l’ouvrir.
Si vous la réclamez, on vous envoie une démo en vidéo, avec image, son et odeur incluses dans la journée.

1 COMMENTAIRE

  1. Et donc pour l’odorama, vous réalisez une collecte des Paninis à gratter, sortis fin des années 90 – début 2000, afin de les numériser? 🙂

    Pour la fragrance Le Soir, je suppose que ce sera : note de coeur “encre d’imprimerie”, note de ton “papier recyclé”, note de fond “gaufre favorite de BDW” (vu que le gourmand aime être dans les médias)!

    Joli poisson!

  2. On confond information et communication. Et là où un journal devrait faire de l’information, on comprend vite que son but sera de vendre le concept aux publicitaires… Pire encore, Le Soir sort un parfum… tel une pop star qui lance sa ligne de vêtement. Et la crédibilité de l’information là-dedans ?

  3. @michel
    Un petit coup d’oeil sur le calendrier vous aidera certainement à mieux “sentir” cette information…

  4. pouvez vous m’envoyez une démo avec son, image et odeur ? par exemple l’odeur d’une nouvelle audi A8, merci

  5. Sérieusement, Michel, ne t’en fais pas, LeSoir se prend juste d’une envie de poisson d’avril, et roulez jeunesse. Cet article n’a ni queue (de poisson) ni tête, il est fait pour faire sourire… ou essaie le faire.

  6. “Pour Maurice Grevisse, responsable de l’Institut de Journalisme à l’Université d’Ostende” : pfiooouuu, il continue à en faire du chemin, Monsieur Grévisse. Quand je pense que je l’ai connu à la criée d’Ostende…

  7. Waaaaah Michel et le degré zéro du premier degré humoristique. On a trouvé le seul pêcheur qui n’attraperait pas un poisson avec un filet dans un bassin de pisciculture

  8. Il y a des jours ou je me régale de lire la presse. Quel bonheur dans vos prochains articles, de pouvoir humer les fragrances de la misère, les subtiles odeurs musquées d’une scène de combats en Afghanistan, ou les troublantes effluves d’une scène d’accident.
    Bravo pour votre poisson.
    J’ai bien ri.

  9. C’est bien, mais est-il possible de désactiver cette fonction lorsqu’un article parle de Michel Daerden ?

  10. Pour l’odeur de la crise politique, c’est tout trouvé : une odeur de vieille poubelle pleine de carcasses de poulets oubliée pendant deux semaines au soleil fera parfaitement l’affaire… 😀