Réuni à l’Amour fou, un café ixellois, le Café Numérique proposait d’en débattre. En première partie, Dominique Mangiatordi, de Globule Bleu, une agence de pub qui travaille notamment pour le MR, tente d’expliquer à une assistance plutôt nombreuse – et impertinente – les enjeux de la communication politique sur le web. “Les politiques doivent envoyer des messages courts, clairs et personnels. Souhaiter bon anniversaire à ses followers, par exemple, ça crée un capital sympathie. Et quand vous avez besoin d’avoir de l’écho, un groupe d’aficionados prêt à relayer votre message, ça aide…”., détaille-t-il.“Aujourd’hui, les politiques pensent qu’ils n’arriveront plus à faire passer leurs idées s’ils ne deviennent pas de super-communicants”.

L’ambiance est chahutée mais ça n’empêche pas Geoffroy Coomans, politique MR, de détailler ensuite son expérience personnelle. “Quand on est politique, notre communication ne se limite pas à ce qu’on poste sur Twitter ou sur Facebook. Ce qui dit ma famille politique, ce que fait mon entourage proche et, surtout, ce qu’on poste sur moi, tout cela influence potentiellement mon image politique.” “De plus, tout ce qu’on fait, ce qu’on dit, fait partie de la politique. Le choix de sa destination de vacances en est un bon exemple…”

Et d’enchaîner sur les nombreux avantages des réseaux sociaux: “Aujourd’hui, grâce à Facebook, Twitter, Youtube, etc, je peux gérer ma communication politique tout seul, pour quelques euros. Ca me permet de gérer mon image, ce qui n’était pas possible avant. Par exemple, en période électorale, j’ai posté des vidéos “décalées” pour faire le buzz afin de faire passer mon message.”

“Mais laissez l’humour aux humoristes, rétorque Marcel Sel, blogueur et observateur de la vie politique belge. Il y a un risque que les politiques passent trop de temps à construire leur image plutôt que de s’occuper du fond! On est de plus en plus dans le show, on se fait élire parce qu’on est sympa, qu’on communique bien…” “Le buzz n’est qu’un appât, réfute Geoffroy Coomans. Cela nous permet de faire entendre notre message, d’attirer les gens sur nos contenus. Si derrière le buzz, il n’y pas de fond, on ne capte pas les gens, ça n’a aucun intérêt.

Et Karine Lalieux (PS), présente dans la salle, d’abonder: “Il y a un paradoxe, soit on n’est pas sur ces réseaux et on nous dit qu’on devrait y être, soit on y est et on nous dit qu’on a quand même autre chose à faire!”. “Ca dépend de ce que vous y dites, répond un observateur. Si c’est pour venir nous raconter la météo (référence assumée à Didier Reynders), ça n’a pas d’intérêt. Quand vous êtes politique, vous devez parler constructivement de ce qui relève de votre compétence, là, ça peut devenir constructif. L’avantage de Twitter, c’est qu’on peut vous interpeller directement et qu’il peut y avoir un débat.”

Et de débats, hier soir, au Cafe Numérique, il y en a eu…

Gil Durand

Ps: Merci à Mara Um pour la photo