Test – Pentiment : la nouvelle pépite d’Obsidian

Après The Outer Worlds et Grounded, le studio Obsidian nous livre sa dernière création : un curieux jeu narratif qui mélange enquête criminelle et exploration, en pleine Renaissance. 

Le studio Obsidian multiplie les succès depuis quelques années. Après l’excellent Pillars of Eternity 2, il nous avait livré un très séduisant The Outer Worlds. Le studio californien a changé de stratégie depuis en divisant ses équipes. Bien qu’il ne compte que 200 employés, Obsidian est capable de développer aujourd’hui quatre jeux en simultané. En 2022, il est ainsi parvenu à nous livrer deux titres. Grounded, incontestablement l’un des meilleurs jeux coop de la décennie, et Pentiment, un curieux jeu à l’allure de petit titre indé qui parvient à agréablement nous surprendre…

La direction artistique du jeu est impeccable.

Parmi les quatre projets en développement cette année chez Obsidian (The Outer Worlds 2, Avowed, Grounded et Pentiment), Pentiment était sans l’ombre d’un doute le plus petit de la bande. Il n’a jamais été question de livrer un titre triple-A et le prix du jeu en témoigne d’ailleurs puisque Pentiment est vendu 19,99€ – et est bien entendu intégré au Gamepass.

Le jeu est en lui-même une curiosité. Tout d’abord, parce qu’il mélange plusieurs genres : enquête criminelle, jeu narratif et point & click – même si les mécanismes diffèrent sensiblement, puisqu’on contrôle ici directement le personnage. Ensuite, parce que le jeu prend place dans un contexte assez particulier. Pentiment nous plonge en pleine Renaissance, dans l’abbaye bénédictine de Keirsau, en Allemagne. Les développeurs du jeu ont choisi de nous immerger dans cet univers avec des musiques médiévales et une direction artistique unique, qui s’inspire des ouvrages liturgiques du 16ème siècle. Esthétiquement, il en résulte un titre étonnant. La direction artistique du titre est absolument superbe et si le style ne plaira pas à tous les joueurs, Pentiment est incontestablement une immense réussite artistique.

L’histoire démarre avec un meurtre…

Niveau scénario, Obsidian frappe fort également. L’intrigue prend place au cœur d’une abbaye bénédictine, où un noble vient d’être assassiné. Dans la peau d’Andreas Maler, un jeune artiste qui travaille sur un ouvrage liturgique, il faudra tenter de résoudre ce crime en dialoguant avec tous les résidents de l’abbaye et du village voisin. S’il commence très lentement, avec une introduction d’une grosse heure de jeu pas franchement captivante, le scénario décolle assez rapidement. Verbeux, le jeu encourage à entamer des dialogues avec tous les personnages que l’on croise. Les dialogues sont bien écrits mais il faudra se montrer patient pour avancer dans l’intrigue. L’histoire du jeu a d’ailleurs tendance à s’étirer des heures durant. Assez pour poser des fondations solides et s’attacher à certains personnages. Les thèmes traités sont variés : de la position de la femme dans la société à la toute puissance de l’Eglise, les valeurs de la société,… Le jeu parvient à agréablement nous surprendre en peignant un portrait au vitriol d’une société ultra-catholique dans laquelle le moindre mot de travers peut vous coûter très cher.

D’ailleurs, on apprendra vite à maîtriser ses propos. Car dans Pentiment, chaque choix de dialogue a un impact sur la trame narrative. Et pas des moindres puisque vos décisions feront de certains personnages vos alliés et d’autres personnages vos ennemis. Très souvent, il est d’ailleurs impossible de deviner l’impact que le choix d’un dialogue aura sur l’intrigue dans la mesure où on ne connait pas l’importance que chaque personnage prendra dans l’histoire…

Chaque décision aura un impact sur l’intrigue…

L’univers de Pentiment surprend par sa richesse, l’immensité de son casting et la longévité de son scénario, qui s’étend sur plusieurs années (et pourra vous tenir en haleine jusqu’à 20 heures de jeu, si vous prenez votre temps).

Pentiment lorgne également doucement du côté des RPG avec quelques choix de classes à réaliser en début de partie. Des choix qui définiront vos connaissances – utiles lors des conversations – et vos capacités par exemple à convaincre un PNJ avec des arguments solides. Le système est brillamment intégré dans le jeu, puisqu’il définit le résultat d’une multitude de quêtes secondaires qui vous faire avancer progressivement la quête principale. A ce sujet, on notera que de nombreux quêtes entrent en contradiction les unes avec les autres, et qu’il faudra souvent faire un choix également au niveau de la temporalité, en choisissant de consacrer son temps à une quête plutôt qu’à l’autre.

Autre agréable surprise : vous ne saurez jamais qui est le véritable meurtrier. Vous êtes dans Pentiment LE juge. Vous vous ferez votre propre avis et déciderez ensuite qui est le coupable. La rejouabilité du titre est forcément excellente.

Et puis bien sûr il y a les nombreux petits à-côtés, comme quelques mini-jeux et collectibles, que vous pourrez collecter en cours de partie. Rien de vraiment révolutionnaire en soi, mais on le sent, Pentiment a eu droit à de nombreuses attentions. La finition du titre est d’ailleurs irréprochable. Lors de notre walkthrough, nous n’avons pas rencontré un seul bug ni été bloqués par des choix narratifs.

Le jeu est jouable en français et en anglais.

En définitive, difficile de ne pas être séduit par ce jeu atypique, qui ne plaira certes pas à tous les joueurs, mais qui a le mérite d’oser proposer quelque chose de différent, tant artistiquement qu’au niveau de son gameplay, avec son monde ouvert dans lequel on évolue librement, on dialogue avec les nombreux PNJ, on vaque à ses occupations en prenant soin de respecter scrupuleusement l’horaire qui nous est imposé et dans lequel on découvre progressivement une intrigue qui ne cesse de remettre en questions nos théories. Le concept n’est en soi, pas si éloigné de ces bons vieux “livres dont vous êtes le héros”, à la sauce criminelle.

Conclusion

Etonnant, tel est le mot qui définit le mieux Pentiment. Le nouveau jeu des créateurs de Grounded et de The Outer Worlds parvient à mêler brillamment différents genres (enquête criminelle, jeu narratif & point&click) à travers une intrigue solide. Le joueur se plonge ici dans la Renaissance, dans l’abbaye bénédictine de Keirsau, en Allemagne. Dans la peau d’un artiste travaillant sur un ouvrage liturgique, le joueur devra tenter de résoudre un crime odieux qui s’est produit dans les murs de l’abbaye, en dialoguant avec les nombreux PNJ. Là où Pentiment brille, c’est dans la richesse de son univers, étonnamment vaste, ses dialogues très bien écrits et sa réalisation splendide. Les développeurs du jeu ont choisi de nous immerger dans cet univers avec des musiques médiévales et une direction artistique unique, qui s’inspire des ouvrages liturgiques du 16ème siècle. Plus qu’un jeu, Pentiment est une véritable œuvre d’art interactive. Et assurément, l’une des meilleures surprises de cette année 2022. 

_
Suivez Geeko sur Facebook, Youtube et Instagram pour ne rien rater de l'actu, des tests et bons plans.

Pentiment

Gameplay 7.5/10
Contenu 8.5/10
Graphismes 8.5/10
Bande son 8.0/10
Finition 8.5/10
8.2

On aime :

Chaque choix a un véritable impact sur l'histoire

Une direction artistique splendide

Une durée de vie très solide

Un récit d'une richesse étonnante

Vendu seulement 19,99€

On aime moins :

Très verbeux

La première heure de jeu