Test – Deathloop : le hit d’Arkane fait mouche sur Xbox

Un an presque jour pour jour après sa sortie sur PS5 et PC, Deathloop débarque sur Xbox Series. 

Un an. C’est le temps que les joueurs Xbox auront dû patienter pour pouvoir enfin mettre la main sur Deathloop, le dernier jeu d’Arkane (Dishonored), pour lequel Sony avait signé une exclusivité d’un an. Le contexte était un peu particulier : Arkane et sa maison mère Bethesda venaient de facto d’être rachetés par Microsoft. La sortie d’une exclu PS5 par l’un de ses studios faisait donc un peu tâche… Privé de communiquer sur l’arrivée de Deathloop sur sa console, Microsoft a toutefois mis les petits plats dans les grands pour sa sortie, en nous livrant une version peaufinée du jeu en day-1 dans son abonnement Gamepass.

La direction artistique du jeu est à tomber.

Deathloop nous place dans la peau de Colt Vahn, un homme prisonnier d’une boucle temporelle sur l’île de Blackreef. Dès qu’il meurt, il revient sur cette splendide plage éclairée par le lever du soleil et se retrouve sans les armes qu’il a pu récolter durant son périple. Pour s’échapper de l’île et de ce “jour sans fin”, Colt va devoir tuer en une journée les huit Visionnaires présents sur l’île, parmi lesquels Egor Serling, le Dr. Wenjie Evans ou encore Julianna Blake. Celle-ci sera d’ailleurs la principale menace de Colt, puisqu’elle va constamment le traquer et liguer tous les Eternalistes (gardes de l’île) contre lui. Colt a d’ailleurs tissé une relation particulière avec Julianna, que l’on apprendra à découvrir au fil des heures de jeu. A plusieurs moments, Colt échangera quelques mots avec sa meilleure ennemie, et ces discussions sont de purs moments de plaisir.

L’intrigue a beau être tirée par les cheveux, elle s’inscrit parfaitement dans ce qu’Arkane nous a habitué avec ses Dishonored. Très spéciale, l’histoire se vit à travers tout le titre et sa superbe direction artistique. A travers toute l’île, on découvre une ambiance réalisée de la meilleure des manières. Updaam, par exemple, cette espèce de ville plantée sur Blackreef, dispose d’une atmosphère très typée et inspirée des années 60, avec son lot de couleurs et d’enseignes démesurées. Il n’y a que quatre cartes, certes, mais elles sont toutes génialement conçues et on prend tellement de plaisir à les reparcourir à chaque run.

Les décors sont superbes.

Sans surprise, la direction artistique est magnifiée par une bande sonore de très grande qualité. Les mélodies sont, d’une part, toutes superbement composées et s’allient parfaitement à l’ambiance et aux décors du titre. D’autre part, le doublage est impeccable. Arkane Studios s’est appliqué à proposer un doublage VF de grande qualité, et force est de constater, que ce soit Colt, Julianna ou un des Visionnaires, que les voix françaises sont de très haut niveau.

Côté gameplay, difficile de faire mieux pour un FPS basé sur le concept de boucle temporelle. Les gunfights sont ainsi d’une justesse incroyable et terriblement nerveuses. Avant d’engager le combat, deux approches sont toujours proposées. La furtivité et éviter le combat autant que possible avec des assassinats discrets, ou du rentre-dedans et tirer sur tous les Eternalistes qui se dressent devant vous. Nous allons être honnêtes : nous n’avons privilégié la furtivité qu’à de rares moments tellement nous prenons plaisir à tirer avec les armes de Deathloop. Les sensations de tir sont incroyablement bonnes et difficile de trouver à redire à leur propos. Une chose est néanmoins certaine : avant chaque attaque, il est vivement recommandé d’analyser le champ de bataille et les forces ennemies en présence. Vous pourrez ainsi observer les Eternalistes présents et connaître leurs atouts et faiblesses, mais également la ronde qu’ils effectuent. Malheureusement, on regrettera qu’il y ait une certaine imprécision dans le système.

On regrettera également que l’IA n’ait pas été suffisamment travaillée et ne propose au final pas tant de défi que ça. Comme les stormtroopers, les Eternalistes ne visent pas très bien et ne nous touchent que trop rarement. S’ils nous infligent parfois des dégâts, il est trop rare que nos ennemis nous tuent et provoquent le retour au matin. Seuls les Visionnaires parviennent à nous tuer, et encore, ça n’arrive qu’à de rares moments.

Habilement, Deathloop mêle plusieurs genres. Le FPS donc, avec ses phases de gunfights très réussies, et le rogue-lite. En effet, vous prenez le risque de perdre tout votre arsenal à chacune de vos morts. Un concept qui peut, de prime abord, s’avérer frustrant, mais qui se révèle finement conçu et intelligemment imaginé. Très tôt dans la partie vous acquerrez le pouvoir d’accumuler et de contrôler du Residuum. Cette ressource indispensable dans Deathloop vous permettra de “sauver” votre arsenal durement acquis et donc de ne plus le perdre entre chaque boucle. Sans cela, vous vous retrouveriez tous les matins sur la même plage en devant repartir de zéro et sans la moindre arme.

Ca canarde sévère!

Sans révolutionner le gameplay, l’utilisation qu’a fait Arkane de la Dualsense est plutôt intelligente. Les gâchettes adaptatives résistent légèrement lorsque vous tirez, mais deviennent également bien plus dur à enfoncer lorsque votre arme s’enraye.

Les armes ne seront, heureusement, pas les seuls éléments que vous pourrez acquérir pour affronter vos ennemis. Ainsi, vous aurez le droit à une grenade pouvant se transformer en leurre ou en mine laser, mais également des breloques. Ces petits objets, eux aussi visibles grâce à leur aura, amélioreront considérablement les capacités de Colt. Dès le début, la breloque récoltée permet à notre héros de faire un double-saut. Plus tard, d’autres breloques permettront d’améliorer la santé de Colt, mais également sa résistance aux balles. Des breloques pourront également être assignées à des armes, pour réduire leur recul ou encore améliorer leur puissance de feu. Les breloques peuvent elles aussi être perdues entre chaque boucle. C’est pourquoi le Residuum reste votre meilleur allié et qu’il faudra essayer d’en accumuler le plus possible. Heureusement, de nombreux objets du quotidien (pneus, bouteilles, jerrican…) présentent une concentration en Residuum importante vous permettant de le capter.

Si le Residuum est l’élément clé de la boucle, il ne faut pas oublier l’objet principal de votre quête : l’assassinat des Visionnaires. Pour cela, vous allez devoir étaler vos meurtres sur les quatre périodes de la journée (matin, midi, après-midi et soir). Au fur et à mesure de vos expéditions, vous allez glaner plusieurs informations sur les habitudes de vos cibles. Tel antagoniste aimera par exemple se retrouver dans un endroit à une période particulière de la journée.

Dans Deathloop, on nage en pleine SF.

Autant le dire de suite : vous ne parviendrez absolument pas à tuer les huit Visionnaires dès votre première run. Il faudra ainsi savoir à quel moment vous rendre dans un lieu pour assassiner quelqu’un, sachant qu’à chaque changement de carte vous avancez dans la journée. Une fois la soirée passée, vous revenez sur la plage et recommencez depuis le début. Il faudra donc mourir ou, en tout cas, achever la journée à de nombreuses reprises pour enfin trouver la formule gagnante et tuer tous les Visionnaires en une journée. Heureusement, les informations récupérées pour vos meurtres ne sont pas perdues entre chaque mort. Toutefois, on reprochera aux développeurs d’Arkane d’avoir négligé la clarté dans les menus où l’on planifie nos journées. Les informations sont mal agencées, et la façon dont l’on peut choisir notre objectif n’est vraiment pas claire.

Là où la création d’Arkane est intelligente, c’est dans les répercussions qu’ont vos actes sur les cartes. Si, par exemple au matin, vous annulez des festivités à Updaam avec des explosions et attaques en série, vous en retrouverez les stigmates dans l’après-midi. Comme l’effet papillon, chaque acte a ses conséquences. La sécurité sera également renforcée sur un lieu dévasté par l’une de vos attaques.

Ce portage tardif sur Xbox Series a le mérite d’offrir une expérience de jeu optimale pour les joueurs Xbox, dès la sortie. Ce qui n’était pas le cas sur PC et PS5 puisque de nombreux bugs étaient présents. La plupart ont depuis été corrigés. Pas mal de petites nouveautés aussi ont été ajoutées, dont de nouvelles armes, aptitudes et ennemis. Mieux, les développeurs se sont même permis d’ajouter une fin étendue et un mode photo qui permettra d’immortaliser les superbes paysages du jeu. Le crossplay est enfin également au rendez-vous. Vous l’aurez compris, Arkane ne rate pas son portage, et ce sera un véritable plaisir de découvrir sa dernière création sur Xbox si vous étiez passé à côté!

Conclusion

Un an après la PS5, c’est au tour des Xbox Series d’accueillir enfin Deathloop, le FPS atypique d’Arkane Studios. Si on avait peur que le concept de boucle temporelle soit redondant, les développeurs sont parvenus à joliment implémenter tout cela dans le gameplay et évitent ainsi la répétitivité des séquences en boucle. Avec son scénario bien ficelé, dont on découvre de nouvelles bribes lors de chaque run, son concept unique qui consiste en une course à la montre pour assassiner les 8 Visionnaires de Blackreef et son univers plein de charme, Deathloop est un titre qui marque les esprits. L’île et ses quatre cartes que vous explorerez beigne dans un environnement délicieusement 60’s. Côté gameplay, le jeu se révèle très nerveux dans ses gunfights. On regrette toutefois que les ennemis basiques ne présentent pas de réel défi, si ce ne sont les Visionnaires, grands antagonistes du titre et bien plus précis dans leurs tirs. On notera au passage que le titre intègre aussi une dimension tactique. Il est vivement recommandé d’analyser le champ de bataille avant de se lancer. Un système de reconnaissance a été mis en place pour avoir un aperçu de ce qui vous attend. Avec sa direction artistique superbe et sa bande son de haute volée, Deathloop séduit également au niveau de sa réalisation. Il s’agit de l’un des premiers titres next-gen développés et le jeu ne déçoit pas. Certains paysages sont absolument superbes. Ce portage sur Xbox a bénéficié des dernières mises à jour et de quelques jolis ajouts de contenus. Si vous l’aviez raté sur PS5, vous n’avez plus aucune excuse!

 

_
Suivez Geeko sur Facebook, Youtube et Instagram pour ne rien rater de l'actu, des tests et bons plans.

Deathloop

Gameplay 9.0/10
Contenu 8.0/10
Graphismes 8.0/10
Bande son 8.0/10
Finition 8.0/10
8.2

On aime :

Une direction artistique superbe

Un gameplay nerveux

Un concept unique

Les nombreux ajouts post-release

On aime moins :

L'IA qui déçoit

Un système de reconnaissance des ennemis capricieux

Des menus pas très clairs