Crédit : CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP

Emmanuel Macron réfléchit au démantèlement de Facebook

Dans l’interview donnée au journal Le Point, le président confie sa vision, amère, de l’impact des géants du numérique sur notre quotidien.

Le président actuel français, Emmanuel Macron, est candidat à sa réélection. Une des particularités de sa campagne est son positionnement face aux plateformes numériques américaines et sur leurs effets sur la société.

Un avis qu’il a expliqué et confié lors d’un échange accordé au journal Le Point. Dans l’article, ses mots critiquent fermement l’aspect “addictif” et “nocif” de ces acteurs du numérique. Dans la même lignée, le Président a affirmé s’opposer à l’anonymat en ligne.

Mettre fin à la mainmise de Facebook

Pendant l’entretien-fleuve, Emmanuel Macron a dressé un bilan plutôt négatif du rôle de Facebook, Instagram ou Twitter. Le candidat a d’ailleurs émis l’hypothèse d’un démantèlement des géants du numérique. “Il ne faudra pas exclure un démantèlement [des Gafam] si cela se révélait nécessaire. Il y a des précédents. Theodore Roosevelt, il y a un peu plus d’un siècle, a renforcé la législation antitrust et poursuivi la Standard Oil, ce qui a mené à son éclatement”, s’est exprimé le candidat. Selon lui, “quand on lit ce que pense Mark Zuckerberg par exemple, ou même Elon Musk, qui est devenu actionnaire de Twitter et qui est libertarien, on se rend compte qu’ils ont aussi une vision du monde. Or la société qui se dessine ainsi n’est pas toujours démocratique”.

Toujours en utilisant le mot “démocratie” comme fer de lance, il avoue considérer que l’anonymat devrait être interdit. Le président compare d’ailleurs les personnes anonymes à des personnes cagoulées dans la rue. “Sur Internet, les gens s’autorisent, car ils sont encagoulés derrière un pseudo, à dire les pires abjections”, illustre Emmanuel Macron.

Un avis déjà ancré

En clair, tout au long de l’échange, Emmanuel Macron a dressé un bilan sévère des entreprises numériques américaines. Il regrette que, sur les réseaux sociaux, on puisse “tuer des réputations, propager des fausses nouvelles, pousser des gens au suicide”.

Ce positionnement n’est pas nouveau, puisque déjà en juin dernier, Emmanuel Macron avait confié trouver légitime la question du démantèlement des acteurs majeurs du secteur technologique lors de la VivaTech à Paris. Pour rappel, en décembre dernier, l’Union européenne s’est dotée de nouvelles règles destinées à mieux contrôler les géants technologiques.

Focus sur le numérique

Le candidat considère le numérique comme une opportunité pour la France et l’Europe. Son programme s’articule donc autour de deux grandes idées. D’un côté, la poursuite d’un soutien massif de l’État à l’innovation et de l’autre, la volonté de proposer un “numérique pour tous”.

Ces ambitions se dessinent avec la numérisation de l’État, l’amélioration des réseaux télécoms et le développement de la formation autour des métiers du numérique. Avec cet objectif en tête, Emmanuel Macron a d’ailleurs appelé à la création de 10 géants de la tech valant plus de 100 milliards d’euros chacun d’ici 2030 en Europe.

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