Test – FIFA 22 : un cru sans éclats

Comme chaque année, la franchise de simulation de football FIFA fait son retour sur PC et consoles et, comme chaque année, il n’y a pas de gros bouleversements…

Cette année, la rentrée a pris un tout autre visage du côté des simulations vidéoludiques de football. L’illustre Pro Evolution Soccer a modifié son modèle économique et son nom pour adopter un modèle free-to-play. Malheureusement, les premiers retours montrent que le titre a été complètement bâclé et que le choix de Konami n’était probablement pas le bon. 

Electronic Arts a pour sa part conservé le modèle de jeu vendu au prix fort chaque année. FIFA 22 débarque cette année après un FIFA 21 décevant en bien des points. Le second épisode à sortir sur PS5 et Xbox Series, et dont on en attendait beaucoup, notamment parce que l’épisode précédent était considéré par beaucoup comme un épisode de transition. 

Il s’agit peut-être d’un épisode de transition, mais pas pour les raisons que l’on croit. Autrefois réputé pour proposer énormément de licences, FIFA commence tout doucement à perdre du terrain face à eFootball sur ce point. On dénombre notamment la disparition de 18 sélections nationales. Présentes l’année dernière, mais sans licence officielle, ces nations ont cette année été laisser à l’abandon par EA. On notera ainsi l’absence de l’Uruguay, du Cameroun ou encore de la Turquie, trois nations majeures du football. Outre ces sélections, FIFA 22 ne propose non plus 2 grands d’Italie en version non-officielle, mais désormais 4, à savoir l’Atalanta Bergame, la Lazio, la Juventus et la Roma. Ils sont donc dépourvus de leur nom, maillot, stade et écusson officiel.

Ultimate Team ne s’est clairement pas amélioré depuis l’année dernière, il ne fait que stagner …

Le célèbre mode de jeu en ligne de FIFA, Ultimate Team, commence tout doucement à s’essouffler. Voilà quelques années que le mode n’évolue plus tellement, au point même de régresser sur quelques points. En effet, EA a par exemple retiré les matchs d’évaluation au tout début de Division Rivals pour jauger votre niveau. Cela signifie que, très vite, vous tomberez contre des joueurs très forts, avec une excellente équipe là où vous aurez encore le pack de base avec les cartes bronze. Autant vous dire que vous serez très vite frustré. Désormais, EA privilégie une progression par palier, dans le sens où vous démarrez directement de la division la plus basse, la 10e Division, puis vous devrez enchaîner les victoires pour atteindre un premier palier. Une fois ce premier palier atteint, vous êtes assuré d’y rester, ou en tout cas, de ne plus régresser, si vous veniez à perdre. Une nouveauté qui a le mérite d’exister, mais qui ne parviendra jamais à elle seule à réinventer le mode de jeu. 

S’il y a un toutefois un mode sur lequel on ne peut que s’enthousiasmer et avec lequel Electronic Arts trouve chaque année la recette gagnante, c’est sans conteste le mode carrière. L’année dernière, le mode le plus célèbre de FIFA intégrait les entraînements de toute l’équipe et la simulation en temps réel des matchs. Désormais, c’est une nouveauté bien plus marquante et majeure qui fait son apparition : la création de club. La firme américaine a voulu ajouter beaucoup plus de personnalisation à son mode fétiche avec cette nouvelle feature.

Désormais, vous aurez la possibilité de choisir d’entraîner un club existant, mais également d’en créer un de A à Z. Il vous sera ainsi demandé dans quel championnat il jouera et à la place de quelle équipe, de choisir son rival, mais également de lui attribuer un écusson, un stade (que vous pourrez renommer) et les maillots domicile et extérieur de vos joueurs, à créer selon vos envies. Enfin, vous entrerez dans le vif du sujet en paramétrant l’équipe et le noyau. Joueurs confirmés et vétérans ou jeunes prometteurs, les possibilités sont énormes. Vous pourrez également configurer le budget transferts de votre club et recruter par la suite des stars internationales comme Erling Haaland ou Virgil Van Dijk. Les attentes du CA seront elles aussi à configurer, ce qui vous permettra de choisir entre une difficulté aisée ou très élevée.

Le mode carrière permet désormais de créer son propre club, une grosse nouveauté.

Outre ces deux modes emblématiques de FIFA, Electronic Arts en a profité pour remodeler en profondeur le “petit nouveau” : Volta. Là où, précédemment, on avait accès à un mode solo légèrement scénarisé et des parties solo appréciables, les développeurs ont fait le choix audacieux de ne proposer qu’une expérience purement multijoueur. Désormais, on joue à quatre avec trois inconnus et on enchaîne les matchs et les modes de jeu assez barbants et sans intérêt. En effet, le but réel du mode n’est pas vraiment sexy, puisque gagner des matchs ne permet que de remporter des accessoires et vêtements pour notre footballeur. Autant aller droit au but, le mode a énormément perdu en intérêt, lui qui avait de sérieux atouts à faire valoir.

Le foot féminin n’a quant à lui pas bougé d’un iota, tant au niveau du gameplay que des modes de jeu proposés. On regrettera toutefois que l’équipe nationale du Japon ne soit plus disponible, alors qu’elle faisait partie des bonnes équipes féminines.

Côté gameplay, Electronic Arts a légèrement changé la donne, avec des matchs plus réalistes, notamment au niveau de l’IA. L’année dernière, nous pestions contre les gardiens, souvent trop laxistes et incapables d’arrêter les ballons. Désormais, ceux-ci sont bien plus intelligents et disposent de meilleurs réflexes. Ils sont ainsi moins frustrants, notamment dans FUT où le gardien peut souvent s’avérer décisif. Les portiers sont ainsi moins laxistes et ne permettent donc plus autant de scores fleuves. Fini donc les 7-1 ou les 10-0, en tout cas ce ne sera plus de la faute de l’IA ! Une promesse d’EA Sports qui a donc été tenue, et ce, pour le plus grand plaisir des joueurs.

Durant et après chaque match, nous avons le droit à des statistiques bien plus détaillées qu’auparavant.

Petite nouveauté fort appréciable et qui est autant sur la version old-gen que sur la version next-gen : les statistiques ultra-détaillées. Désormais, pendant un match et (surtout) après un match, le jeu vous proposera une fenêtre reprenant plusieurs dizaines de statistiques détaillées sur la possession et la zone de possession des deux équipes, le placement et les arrêts des gardiens, mais également le taux de réussite des passes, tirs et dribbles. Même les expected goals font leur arrivée, grande mode du football actuelle.

En revanche, si les statistiques sont communes aux deux versions du titre, les joueurs old-gen (et, étrangement, PC) sont lésés quant aux nouvelles animations des joueurs. Permises par le révolutionnaire HyperMotion, ces animations se comptent par plusieurs milliers sur le terrain. Si elles passent bien souvent inaperçues, elles permettent malgré tout de fluidifier le match et de lui donner beaucoup plus de substance et de naturel qu’auparavant. La technologie est permise par un système de détection des mouvements des joueurs sur un terrain, par équipes de 11. Désormais, EA fait enfiler des tenues fourmillants de capteurs à une équipe entière plutôt qu’à un joueur tout seul en studio. Cela permet notamment de capter de manière plus naturelle les interactions entre les joueurs, comme leurs discutions pendant les phases arrêtées ou encore les contacts en course ou lors des tacles. 

Visuellement, le titre ne s’en sort pas trop mal. On regrettera toutefois qu’il n’y ait pas d’évolution majeure ni que la version next-gen ne soit pas si marquante.

Lorsque FIFA 21 a été annoncé en post-lancement sur next-gen, nous étions tous impatients de voir le résultat sur ces nouvelles consoles. Le résultat n’était au final pas si impressionnant que ça, et nous nous étions alors retourné vers son successeur, FIFA 22, espérant qu’il relève le niveau. Il n’en sera malheureusement rien. Sans être vilain, loin de là, le titre PS5/Xbox Series reste malheureusement bien trop proche des précédentes éditions de FIFA et de la version PS4/Xbox One. La modélisation des joueurs reste très fidèle de la réalité, mais n’est toujours pas ce dont nous en sommes en droit d’attendre d’un titre next-gen. Il faudra donc patienter pour la claque tant attendue. On regrettera également que de nombreux bugs, d’affichage et de collision, existent dans FIFA. Il n’est pas impossible, lors d’un contact entre deux joueurs, que l’un des deux soit éjecté de l’autre côté du terrain sans aucune raison. Il nous est également arrivé de devoir faire face à des problèmes d’affichage, notamment au niveau du HUD.

Rappelez-vous, en mars 2021, Pierre Ménès voyait sa collaboration avec Electronic Arts coupée court en raison des agressions sexuelles dont il faisait l’objet. Depuis son arrivée dans la franchise, le chroniqueur sportif agaçait les joueurs pour ses réflexions et ses analyses dans le jeu qui étaient toujours très éreintantes et agaçantes. L’annonce de son éviction a donc été vécue par beaucoup comme une bénédiction, qui voyaient là la possibilité de voir arriver un tout nouveau duo de commentateurs. Si Hervé Mathoux a été confirmé à son poste de commentateur principal, Pierre Ménès n’a quant à lui pas été remplacé. Ainsi, le premier reste seul maître à bord pendant les matchs et le seul à commenter. Les matchs paraissent désormais bien vides et les quelques lignes de commentaires qui ont été ajoutées par Hervé Mathoux ne suffisent pas à meubler. Rendez-nous Pierrot …

Conclusion

Moins fourni que son prédécesseur et exempt de nouveautés majeures, FIFA 22 déçoit. La disparition de plusieurs nations, comme l’Uruguay ou le Cameroun, et l’absence toujours aussi (re)marquée de la Juventus, la Roma ou l’Atalanta font mal à un titre qui prône pourtant le plein de licences. Du côté des modes de jeu, il y a du pour et du contre. Du pour, avec le mode Carrière toujours complet et réussi et le nouveau système de création de club. Mais également du contre, avec FUT qui perd de plus en plus en intérêt et qui ne trouve plus la recette miracle, mais également avec Volta, qui disposait d’un mode solo bien sympathique désormais disparu au profit du multi. Heureusement, le jeu repose toujours sur un gameplay séduisant, qui s’est sensiblement amélioré, avec des gardiens bien meilleurs en réflexes et prises de balle, et des défenses plus hermétiques, ce qui laisse moins la place à des 9-2 ou 5-4. Visuellement, si on a le droit à de nouvelles animations extrêmement réalistes grâce à l’HyperMotion, le résultat global est bien trop décevant pour de la next-gen. Electronic Arts a une fois de plus manqué le coche cette année, espérons que la prochaine soit la bonne…

FIFA 22

Gameplay 7.5/10
Contenu 7.0/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 6.0/10
Finition 6.0/10
6.8

On aime :

Le mode carrière permet enfin de créer son club

La pléthore de statistiques pendant et après les matchs

Des animations ultra-réalistes grâce à l'HyperMotion

Des gardiens bien meilleurs

Plus autant de scores fleuves

On aime moins :

Toujours autant de bugs

Des graphismes pas à la hauteur de la next-gen

FUT usé jusqu'à la moëlle et perd en intérêt

La disparition de 18 nations et les clubs manquants

Qui aurait cru que Pierre Ménès allait nous manquer ?