La firme va investir 5 millions de dollars pour les journalistes indépendants, en commençant par le journalisme local.

Facebook l’avait annoncé le mois passé, la firme veut aider les journalistes et les écrivains à publier leurs articles en autoentrepreneurs. Une nouvelle plateforme sera donc introduite dans les mois à venir pour permettre aux journalistes indépendants de jouir de tous les outils de Facebook pour créer une communauté et atteindre leur audience. De plus, il sera possible de monétiser son travail en mettant en place un service d’abonnement et d’envoyer des newsletters personnalisées.

Avec ce dernier point, Facebook s’inspire fortement de ce qu’offre Substack. Pour rappel, Substack est un service de blog et de newsletter permettant à n’importe qui de créer rapidement une offre éditoriale et de poster du contenu. Le service propose plusieurs possibilités de monétisation desdites newsletters par abonnement mensuel. Substack a suscité un réel engouement, tant de la part des écrivains que de la part du public et révolutionne le travail en freelance. Plusieurs journalistes peuvent dorénavant vivre pleinement de leurs publications, aux sujets souvent plus niche que dans les médias généralistes, quand un public y adhère. Le modèle des newsletters payantes semble avoir de beaux jours devant lui.

Pour l’instant, Facebook va allouer 5 millions de dollars à la rémunération de journalistes freelances locaux aux États-Unis. Grâce à des contrats avec ces derniers, la plateforme espère leur permettre de se développer sur Facebook, attirer une audience et pouvoir vivre de ces revenus.

N’importe quel journaliste indépendant américain peut déjà s’inscrire au programme, mais la priorité sera donnée à celles et ceux qui ont pour but de produire de l’information qui s’adresse aux minorités ethniques. De plus, Facebook privilégiera plutôt les lieux qui manquent d’offre de presse locale.

Facebook a des vues sur le monde du journalisme depuis longtemps et entend bien proposer un réel écosystème médiatique (et publicitaire) en son sein. Le service Instant Article permet par exemple aux utilisateurs de lire l’article d’un média partenaire sans sortir de Facebook, les revenus publicitaires sont alors reversés en partie aux médias en question. Mais de vives critiques vont à l’encontre de la plateforme pour abus de position dominante et pour la précarisation du travail de l’information, le bras de fer avec les médias australiens en février passé n’en est qu’un exemple.