L’idée pourrait faire penser à un épisode de Black Mirror et pourtant, c’est bien réel. Une société de technologie a mis au point une application à destination des proches d’une personne décédée. Ceux-ci pourront garder contact avec l’avatar de cette personne disparue.

Le concept a émergé dans la tête des deux développeurs après la mort d’un ami proche. Un drame qui leur a donné l’idée de développer une application permettant aux survivants de garder contact avec la personne disparue.

L’application Eternime propose ainsi à ses utilisateurs de créer et de développer leur propre avatar numérique. Ainsi, lorsque ceux-ci auront disparu, leurs proches pourront continuer d’interagir avec la version numérique d’eux-mêmes.

Fondée en 2014, la société Eternime espère rendre les gens « pratiquement immortels » grâce à cet avatar. Pour cela, deux solutions, l’application peut collecter automatique une multitude de données concernant l’utilisateur ou en lui posant des questions, via un robot de conversation. Le but étant de récolter assez de données afin de créer un avatar de la personne convaincant. Les proches pourront alors échanger avec ce chatbot avec l’illusion de communiquer avec la personne disparue.

Toujours en développement, l’application compte déjà près de 40.000 personnes inscrites sur la liste d’attente pour la tester. Aujourd’hui, seulement 40 individus testent la version bêta. À terme, Marius Ursache, l’un des fondateurs d’Eternime, espère pouvoir proposer ce service gratuitement, sans publicité, avec la possibilité de souscrire à un compte premium.

Eternime n’est pas la première application du genre. Les services numériques en rapport avec la mort voient le jour régulièrement. On peut notamment citer Replika qui se rapproche du principe d’Eternime. Celle-ci vous propose de converser régulièrement avec l’intelligence artificielle afin de copier votre manière de vous exprimer. L’application compte plus de 200.000 utilisateurs.

Un concept qui crée de nombreuses interrogations

Évidemment, ce genre de technologie pourrait également créer plusieurs situations délicates. L’intelligence artificielle qui a recueilli énormément de données sur une personne pourrait divulguer des informations que celle-ci ne souhaitait pas forcément partager.

Cela entraine également une interrogation plutôt pratique : à quel moment faudrait-il commencer à « s’enregistrer » dans l’une ou l’autre application ? La mort est parfois imprévisible. Autre problème, une personne évolue tout au long de sa vie, cela pourrait être étrange de discuter avec une version adolescente d’un grand-père.

Autre souci par rapport aux données profondément personnelles stockées. Comment savoir ce que la société fera de ses données une fois que les proches de la personne enregistrée seront eux-mêmes décédés ou simplement n’utiliseront plus l’application ?

Enfin, on peut aussi se demander si c’est véritablement une bonne chose pour les vivants. Ceux-ci pourraient rester emprisonnés dans une fausse-réalité malsaine.

 

 

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