Le tribunal correctionnel de Gand a condamné à sept mois de prison avec sursis et une amende de 550 euros une femme qui avait créé un faux profil Facebook au nom de son ancien patron pour l’accuser d’adultère. Son mari, qui comparaissait également, a été acquitté. Le ministère public avait requis six mois de prison avec sursis, mais le juge a alourdi la sanction à sept mois avec sursis.


Les prévenus sont une femme et un homme âgés tous deux de 38 ans et habitant à Kortemark.  Ils ont créé l’an dernier un profil au nom de l’ancien employeur de la femme, un chef d’entreprise de 36 ans. Ils ont ensuite posté plusieurs faux messages qui devaient faire croire que l’homme commettait l’adultère. Les faits se sont produits entre juin et décembre l’an dernier et se sont arrêtés après qu’une enquête concernant les adresses IP a conduit à une perquisition au domicile du couple.

Le conjoint a été acquitté. Selon son avocat, il est spécialisé en nouvelles technologies mais n’avait rien à voir avec ce faux profil.  Il s’agit du premier procès en Belgique pour faux profil Facebook.  L’avocat de la prévenue a déclaré que le juge avait donné un signal clair à la société.

“Les réseaux sociaux ne servent pas à régler ses comptes”

“Les sites de réseaux sociaux ne peuvent pas servir à régler ses comptes, ni à, non seulement à créer un faux profil mais aussi à endosser l’identité virtuelle d’une autre personne“, a affirmé Gale Jansen, juge au tribunal correctionnel de Gand.  “Ces sites doivent également être protégés contre les utilisateurs qui créent de faux profils et endossent des identités existantes, ceci aux seules fins d’attirer autant d’ennuis que possible aux autres, sur le plan aussi bien professionnel que privé. Les regrets très sincères de la prévenue et son énorme sentiment de culpabilité sont louables, mais ne sont en soi que normaux”, estime le juge.
La femme a avoué les faits et a déjà versé 5.000 euros de dommages et intérêts à la victime. Le juge donne, avec cette peine plus lourde que requis par le ministère public, un “signal fort à la société“, a expliqué la magistrate de presse, Mieke Dossche.   “Le juge a affirmé que la femme ne s’était pas seulement fait passer pour la victime en utilisant sa photo et sa situation familiale, mais en quelque sorte s’était approprié son identité et sa situation professionnelle.”

Belga