Twitter fête ses cinq ans cette semaine avec l’ambition de poursuivre sa croissance pour continuer à révolutionner l’utilisation d’internet.
Jack Dorsey, aujourd’hui président du conseil d’administration de la société californienne, a raconté dimanche sur Twitter la genèse de l’entreprise: “il y a cinq ans aujourd’hui nous avons commencé la programmation (ndlr: le travail de codage informatique) de Twitter (…). Huit jours plus tard le premier tweet était envoyé”.

“Suis en train d’installer mon twttr”, annonçait M. Dorsey le 21 mars 2006.

M. Dorsey avait eu l’idée de lancer ce service de messages de 140 caractères maximum, conçu à l’origine pour les téléphones portables, pendant qu’il travaillait dans une société de podcasts, Odeo, avec les deux autres cofondateurs de Twitter, Biz Stone et Evan Williams.

Depuis lors Twitter (en anglais, le bruit provoqué par le pépiement d’une nuée d’oiseaux) n’a cessé de croître, pour revendiquer aujourd’hui plus de 200 millions d’utilisateurs: bien moins que Facebook (plus de 500 millions d’utilisateurs revendiqués), mais le double de MySpace, le pionnier des réseaux sociaux.

Le site permet à l’internaute de suivre les brefs messages – au format d’un texto – mis en ligne par d’autres internautes, qui apparaissent automatiquement chaque fois qu’il ouvre sa page Twitter.

En 2007, Twitter est sorti de la confidentialité au festival annuel des technophiles, South By South West, à Austin (Texas, sud). “Il est apparu que nous avions créé un nouveau moyen de communiquer, indifférent au type d’appareil utilisé, qui pouvait potentiellement transformer la façon dont les gens communiquent”, dit Biz Stone dans un entretien exclusif avec l’AFP.

Aujourd’hui, Twitter est considéré comme un moyen de communication incontournable, aussi bien dans des contextes de catastrophe naturelle que dans les mouvements de masse qui ont fait trembler le régime de Téhéran et renversé les présidents tunisien Zine el Abidine ben Ali et égyptien Hosni Moubarak.

“Une des choses que je disais à notre équipe au début, c’était que si Twitter devenait un triomphe, ce ne serait pas forcément un triomphe technologique, mais un triomphe d’humanité”, souligne M. Stone.

Du côté financier, le site, qui a longtemps privilégié la croissance et la notoriété plutôt que les rentrées d’argent, engrange depuis un an des recettes publicitaires via des messages sponsorisés – mais il n’est pas encore bénéficiaire.

Sa popularité est tout de même appréciée des investisseurs, qui peuvent en acheter des parts sur des marchés officieux comme SecondMarket. Les dernières informations de presse chiffrent sa valorisation entre 4,5 et 10 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires estimé entre 100 et 150 millions de dollars seulement cette année.

Il y a plus de cinq mois, Twitter a porté à sa tête un gestionnaire, Dick Costolo, les trois co-fondateurs, qui ont aujourd’hui des relations plutôt distantes, ne gardant plus que des rôles de stratèges, inspirateurs et/ou conseillers.

Les rumeurs d’entrée en Bourse ou d’achat, par Google ou Facebook par exemple, font surface à intervalles réguliers, bien vite démenties.

Pour Biz Stone, Twitter est une façon de rester au contact de la vraie vie, dans toutes ses dimensions: “je fais mes courses au supermarché et je regarde mon téléphone, et je trouve mélangés les messages d’Evan (Williams) et de ma mère, et ceux de gens qui sont de l’autre côté de la planète et font de la dissidence: cela déclenche une empathie que je n’aurais pas en regardant la télévision (..) je me rends compte que nous sommes citoyens du monde”.

(D’après AFP)