Le mercure crève le plafond en ces jours de canicule qui touchent une bonne partie de l’Europe. Tous les moyens sont bons pour tenter de trouver un peu de fraîcheur : serviettes humides, ventilateurs, boissons fraîches, etc. Mais il en un qui affecte particulièrement l’environnement, le climatiseur.

Ceux-ci tournent à plein régime dans bon nombre de bâtiments pour maintenir une température fraîche à l’intérieur, pendant que l’air expulsé à l’autre bout du tuyau est bien plus chaud que l’atmosphère de nos villes. Résultat ? La température augmente encore d’un cran. Une étude démontre même qu’à Phoenix, ils seraient responsable d’une augmentation de la température d’1 à 2 degrés. Un comble puisque les climatiseurs tournent à encore plus haut régime…

La tendance inquiète, l’Agence internationale de l’énergie (IEA) estime que 4 climatiseurs seraient vendus chaque seconde lors des 30 prochaines années, d’après nos confrères de l’Écho. Un véritable boom des ventes qui aurait pour conséquence d’augmenter considérablement la consommation d’électricité, la production de CO2, et donc, d’accélérer le réchauffement climatique.

1 climatiseur pour 2 personnes dans le monde en 2050

“Sans intervention, la demande énergétique des climatiseurs va plus que tripler d’ici à 2050 et équivaudra à la demande en électricité actuelle de la Chine”, alerte Fatih Birol, directeur de l’IEA. Actuellement, la terre compte 1,6 milliards de climatiseurs, principalement aux USA, au Japon et en Chine (qui comptabilisent à eux trois 70% de la consommation totale d’électricité pour l’air conditionné). Selon les projections, ils seraient 5,6 milliards en 2050. Si tel est le cas, ils représenteraient à eux seuls 37% de la consommation mondiale d’électricité et des émissions de CO2 gonflées d’un milliard de tonnes supplémentaires.

Comment donc éviter de foncer droit dans le mur ? L’IEA recommande aux pays d’interdire les climatiseurs les plus énergivores. Union européenne et Japon appliquent déjà une restriction sur les climatiseurs qui consomment le plus. Mais qui dit plus efficace, dit aussi plus cher : les appareils eco-friendly coûtent entre 1200 et 2400€. Pourtant, les principaux et futurs clients de l’air co sont les pays émergents, qui se tournent vers des climatiseurs de base, très polluants.

L’autre solution consisterait à développer le parc solaire. L’énergie, en plus d’être renouvelable et propre, est produite en plus grande quantité en même temps que les pics de consommation des climatiseurs. Malgré le danger imminent, le directeur de l’IEA se désole de l’absence de l’air conditionné dans les débats énergétiques.