Téléphone emblématique, le Nokia 3310 a marqué toute une génération de mobinautes. Rares sont toutefois ceux à connaître les secrets de ce GSM à part…

Un accident industriel

Proie des flammes, la gigantesque usine de puces de Philips d’Albuquerque, qui alimentait la plupart des fabricants de GSM en pièces détachées, a mis des mois pour se remettre en route, forçant plusieurs acteurs à revoir leurs objectifs de production. Si Ericsson s’est laissé avoir, Nokia avait bien anticipé la pénurie de puces en finalisant un deal avec d’autres fabricants de semi-conducteurs.

Incapable de répondre aux demandes de ses clients, Philips a involontairement provoqué la chute d’Ericsson, qui enregistrera des résultats catastrophiques cette année là, faute de pouvoir commercialiser de nouveaux modèles de GSM. Nokia, de son côté, profitera de l’absence de réactivité de ses concurrents pour s’empresser d’inonder le marché avec de nouveaux modèles de GSM, dont le fameux 3310, qui reprend quasiment à l’identique la fiche technique du 3210 et n’aurait en réalité jamais dû sortir…

Taillé pour le texto

Au moment de sa sortie, le 3310 a davantage fait parler de lui pour sa limite de caractère que pour sa résistance, son design ou son niveau de personnalisation. Si, aujourd’hui, le public s’en souvient comme d’un téléphone capable de résister à toutes les chutes, le 3310 a à l’époque surtout séduit les utilisateurs par sa capacité à envoyer des SMS 3 fois plus longs qu’aujourd’hui, avec une limite fixée à 459 caractères. Rien de surprenant dès lors à ce qu’il ait remporté un franc succès auprès des plus jeunes!

Un produit de masse

Lancé dans un contexte particulier – Nokia se retrouve à ce moment, et grâce à une chance inouïe, le seul fabricant de GSM en mesure d’inonder le marché -, le 3310 est conçu comme un produit très grand public.

Tout d’abord, parce que Nokia est en mesure de baisser ses prix : le 3310 n’a pas nécessité d’efforts considérables en recherche & développement puisqu’il n’est qu’une refonte du 3210. Il utilise d’ailleurs les mêmes composants.

Grâce à cela, Nokia peut se permettre de baisser les prix. Alors que le 3210 était vendu 258€ en magasin, son successeur est proposé aux alentours de 150€, un véritable coup de massue pour la concurrence puisque le téléphone s’écoulera immédiatement par millions d’exemplaires.

Pour séduire un public jeune, Nokia introduit aussi quelques idées innovantes, en leur permettant notamment de personnaliser le GSM avec des coques de couleur, en allongeant la longueur des SMS et en préinstallant plusieurs jeux sur l’appareil.

Plusieurs variantes ont vu le jour

Si l’on retient souvent le Nokia 3310 comme un modèle unique, Nokia a en réalité proposé de nombreuses variantes de son GSM dans les années qui ont suivi sa commercialisation, avec en têtes d’affiches les Nokia 3315, 3320, 3330, 3350, 3360, 3390 et 3395, surfant pendant près de trois ans sur le succès de son flagship, qui s’écoulera à plus de 126 millions d’unités, tous modèles confondus.

Un symbole national

Très fière du succès du 3310, la Finlande a choisi d’en faire l’un de ses symboles nationaux. Le 3310 est ainsi l’un des 3 émojis officiels représentant le pays, aux côtés du sauna et d’un rockeur.