Pour se soigner à l’addiction au numérique, certains choisissent de remplacer leur smartphone par un vieux GSM à touches. Un choix pas très sexy et pourtant ô combien efficace.

Crédit photo : AFP
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Accro à Facebook, Twitter, Netflix ou Instagram? Il existe une solution radicale pour se débarasser de ses vices. Car décrocher de l’addiction au numérique n’est pas si facile. S’il existe quelques applications pour limiter l’usage de son smartphone, ceux qui ont essayé vous le diront, il est difficile de ne pas désactiver les filtres lorsqu’une envie pressante de consulter son fil Facebook survient. Pour supprimer toute chance de (re)craquer, certains choisissent de remplacer leur smartphone par un vieux téléphone à touches – plus communément appelé chez nous un GSM.

Si celui-ci s’est beaucoup modernisé au cours des dernières années, le GSM reste toutefois un outil aux fonctionnalités très basiques. Impossible par exemple de consulter ses “snaps” sur le dernier 3310, de lancer une partie d’HearthStone ou de swiper des profils sur Tinder.

Loin d’être “dumb” – l’opposé de smart, en anglais -, le “feature phone” propose toutes les options de base d’un smartphone, avec un réveil intégré, mais aussi un dictaphone, une appli météo, une appli pour prendre des notes à la volée, la radio FM, un lecteur MP3, un appareil photo et même l’accès à quelques applications comme WhatsApp ou les messageries en ligne. Taper un texte avec les grosses touches de l’appareil n’est toutefois pas très pratique, raison pour laquelle, même s’il vous est possible d’accéder à WhatsApp, vous n’utiliserez probablement pas beaucoup votre smartphone pour envoyer des textos sur WhatsApp. Il s’agit d’une certaine façon de rester connecté sans pour autant se donner l’envie d’utiliser les services qui sont à sa disposition. Et cela marche!

“Lorsque j’étais ado, j’avais un Nokia 3310” explique Julien, 32 ans. “Addict” au smartphone, le jeune homme reconnaît avoir eu beaucoup de mal à décrocher. Il a finalement opté pour une solution radicale en se procurant un GSM à touches dans la boutique d’un opérateur. “Cela a été très difficile au début, mais je m’y suis fait et je ne regrette absolument pas mon choix. Chaque matin, je passais près d’une heure à éplucher mon flux d’actualités sur Facebook. C’est du temps que j’ai récupéré!” Bien sûr, cela a nécessité quelques aménagements dans sa vie. “J’ai acheté une tablette que j’utilise pour rester en contact avec mes proches et accéder à certains services qui me sont devenus indispensables. Mais je ne l’utilise pas de la même façon que j’utilisais mon smartphone!” Car finalement, le fait d’avoir son mobile à côté de soi au réveil joue pour beaucoup dans l’addiction. Un smartphone est un objet que l’on garde auprès de soi tout au cours de la journée. Une tablette ou un ordinateur est un objet qui nous accompagne dans certains déplacements, et qu’on utilise régulièrement, mais qui n’est pas collé à notre main droite. “Psychologiquement, ça fait toute la différence!”

Alors certes, tout le monde ne pourra pas s’en passer – ne serait-ce parce qu’on ne possède plus forcément un GPS dans son véhicule, qu’on doit pouvoir accéder à ses mails à n’importe quel moment pour le travail, ou parce que tout le monde ne possède pas un appareil photo – et que le smartphone permet justement de rassembler toutes ces fonctions dans un seul et même appareil. Mais pour ceux qui en ont la chance, le combo GSM / tablette semble être une option tout à fait viable.