Localimus, la technologie au service de la restauration d’entreprise

Fournir une solution de restauration complète, moderne et variée, voilà le défi de Localimus. La jeune entreprise belge FoodTech se présente comme un restaurant d’entreprise digital prônant la restauration locale, variée et durable.

Du suivi administratif de la commande aux paiements, en passant par l’organisation des menus, Localimus prend en charge l’entièreté du processus de la restauration d’entreprise. “On a externalisé les cuisines chez des traiteurs locaux” raconte Morgan, le fondateur de la start-up. Les employés choisissent ce qu’ils veulent manger depuis leur ordinateur ou leur smartphone et passent commande. Ensuite, des traiteurs locaux préparent et livrent leurs plats “avec amour”, sourit Morgan.

Promouvoir le digital dans la restauration d’entreprise

Localimus est le fruit du mémoire de fin d’étude de Morgan. “On avait encore des Blackberry et limité à la connexion EDGE” se rappelle le fondateur. Réalisé en 2008, l’objectif de sa recherche était de développer un service pour aider les petits commerçants à profiter du digital. À cette époque, Christian, le premier actionnaire externe de Localimus, était membre du club des anciens de l’université. C’est ainsi que les deux compères se sont rencontrés et ont décidé de collaborer.

Le concept de la pousse montoise est lancé en 2013. Morgan raconte, “très rapidement, on a compris qu’il allait être difficile de mettre en place un projet de commande en ligne pour les petits commerces locaux et nous nous sommes tournés vers les entreprises sans restaurant”.

Faciliter la restauration en entreprise

Généralement, les employés d’une société qui ne possède pas de restaurant d’entreprise s’adaptent et développent des solutions alternatives. Chacun vient avec son propre plat, ou bien “une bonne âme se charge de passer commande pour ses collègues” exemplifie le fondateur.

Localimus propose à ce type de société une plateforme de prise en charge et de gestion des commandes, du choix des plats jusqu’à la livraison. Morgan illustre, “nous voulons organiser ce processus de façon intelligente pour que cela soit facile pour tout le monde”. Prise de contact, paiements, remboursements, facturation… Toutes les tâches administratives sont prises en charge par la start-up. De leur côté, les employés n’ont qu’à commander leur plat et ouvrir la porte au livreur au moment de la livraison. “Tout se fait en ligne”, précise le fondateur.

Automatiser les tâches administratives des traiteurs

“Gestion des commandes de chaque collaborateur, paiements, élaboration de factures… Du côté du traiteur, toutes ces petites tâches représentent aussi une charge de travail conséquente”, explique Christian. Il résume, Localimus allège la partie logistique du métier de traiteur en gérant pour eux les tâches administratives de leur métier.

“Il faut s’imaginer qu’à l’époque, le livreur devait déposer la commande, récupérer l’argent, rendre le montant des erreurs de commandes de la veille et ajuster les livraisons”, raconte Morgan. Grâce à la start-up, le traiteur “ne doit plus s’occuper de rien”. Le service automatise et systématise toutes ces tâches. Le traiteur n’a plus qu’à préparer les plats et le livreur à les déposer.

Soutenir les restaurateurs locaux 

La FoodTech propose deux types de services. D’un côté les “business lunch” (commande facturée à la société à sa demande dans le cadre de réunions ou de formations), de l’autre les commandes des collaborateurs. Pour les deux formules, la start-up mise sur le local. Chaque midi, le service propose un menu standard aux employés, complété par d’autres offres de restauration comme des sushis, des pizzas ou encore des salades.

“On dynamise l’offre locale, tout en gardant la possibilité pour les plats les plus commandés d’être disponibles toute la semaine”

Aujourd’hui la plateforme répertorie 150 traiteurs repartis sur toute la Belgique. “En moyenne, nous avons un équivalent d’un traiteur par société”, précise Morgan. À contrario des autres services de livraison de plats à domicile, “Localimus vise un modèle qui ne prendrait pas de pourcentage sur les ventes des traiteurs” insiste Christian. Ainsi, tout traiteur peut commencer à collaborer avec Localimus, quasiment sans frais. “Le secteur de la restauration étant sous pression, surtout en contexte post-covid, nous prônons un système sans commission sur les commandes”, complète Morgan.

S’adapter au mode de fonctionnement des traiteurs

Le service de la start-up est soutenu par plusieurs technologies software et hardware.

Plusieurs logiciels internes permettent à la start-up de gérer les flux de commandes, de facturations, de paiements et de remboursements. La plateforme web, elle, a été développée pour mettre cette technologie au service des employés et des traiteurs. Une constellation de serveurs assure la réactivité de Localimus à chaque commande passée.

Une partie hardware du service de la start-up soutient la gestion des commandes reçues par le traiteur. Certains collaborateurs utilisent des tablettes pour offrir un suivi de commande aux clients, d’autres encore choisissent la communication par mail. “On va de l’envoi de fax à l’imprimante à étiquette connectée installée dans la cuisine”, explique fièrement Morgan. Chaque traiteur peut choisir son mode de fonctionnement. La mission de Localimus étant de guider leur choix vers la solution la plus adaptée à leur profil.

Les montagnes russes de la crise du coronavirus

Pendant la crise du coronavirus, le taux d’activité de Localimus a diminué de 90%. “La majorité des employés se sont retrouvés chez eux”, se souvient Morgan. La mission de Localimus de livrer à manger sur les lieux de travail a donc été compromise. Pourtant, alors que le taux de commande a diminué pendant la crise, le nombre de clients a lui augmenté.

“Nous ne nous sommes jamais aussi bien relevés qu’après la crise du coronavirus”

Le fondateur est clair, de moins en moins de sociétés veulent ou peuvent investir dans un restaurant d’entreprise. Un constat qui s’est amplifié suite à la crise du coronavirus, “avec un taux d’occupation des locaux complètement réduit”. Après la crise, Morgan raconte qu’il a vu apparaitre deux types de nouveaux clients. Malgré un retour au bureau, certaines entreprises ont décidé de ne pas rouvrir leur service de restauration et de le confier à Localimus. D’autres qui auraient voulu ouvrir un restaurant ont renoncé, estimant la solution de la start-up plus adaptée au contexte.

Fondée il y a sept ans, la start-up bleu blanc belge affiche une croissance annuelle de 120 % et compte désormais plus de 100 clients parmi les plus grandes sociétés, dont Borealis, Puratos et G4S. Depuis sa création Localimus a réalisé deux levées de fonds, avec un peu plus d’un million collecté en 2018.