Série emblématique du début des années 2000, Disciples avait eu droit à un revival avec la sortie de Disciples Libération en 2021. 5 ans plus tard, Kalypso nous livre une suite… pas franchement attendue. Développé par le petit studio lyonnais Artefact, qui avait précédemment travaillé sur les deux jeux basés sur la licence Naheulbeuk, Disciples: Domination est la suite directe de Disciples: Libération, il est donc techniquement le cinquième volet de la franchise. Le jeu se présente toujours comme un jeu de stratégie au tour par tour. Les fans vous le diront toutefois, le quatrième épisode n’a pas vraiment été accueilli avec des applaudissements. Certes, voir revenir d’entre les morts une série aussi mythique que les Disciples a réjoui les fans. Mais il faut bien l’avouer, le résultat n’était pas franchement à la hauteur de l’attente… Avec sa direction artistique très générique, son gameplay simpliste et son mélange maladroit d’idées, Disciples: Libération avait reçu un accueil glacial des fans. Le titre était toutefois parvenu à trouver son audience, au point que l’éditeur Kalypso donnera son feu vert à l’élaboration d’une suite… Et pour le plus grand damne des fans, Disciples V: Domination s’inscrit dans la continuité du précédent opus. Côté scénario, on incarne toujours la reine Avyanna, quinze ans après la libération de Nevendaar. La reine est confrontée à un nouveau danger. La folie s’empare du monde, et même de son propre psyché, avec des visions terrifiantes de son règne. Dans ses rêves, Avyanna se voit déjà devenir le monstre qu’elle a renversé. Les combats ne sont pas très techniques. Domination a un (solide) argument qui joue en sa faveur : le joueur pourra choisir sa destinée. Les décisions que vous ferez en tant que monarque impacteront votre aventure, et plus précisément à travers le système de réputation du jeu. Chaque décision a un impact sur les finances du royaume mais également sur votre réputation vis-à-vis de chaque faction. Sur le papier, le concept était très intéressant, mais dans la pratique, tout cela reste très théorique et surtout gadget. Car il ne s’agit vraiment pas de l’un des nerfs du jeu. Disciples: Domination reste avant tout un jeu de stratégie tactique au tour par tour, dans lequel le joueur déplace ses unités sur un damier et doit venir à bout de l’ennemi. La particularité du titre ? Vos unités meurent “pour de vrai”, et devront être remplacées par de nouvelles unités qu’il faudra entrainer et améliorer. Sur le papier, le titre avait tout pour séduire : un univers dark-fantasy, un mélange de genres, des idées innovantes. Dans la pratique, 90% du gameplay repose toutefois sur les séquences de combat au tour par tour, plutôt mollassonnes et surtout pas franchement tactiques. Face à un Baldur’s Gate, un Divine Divinity ou un X-Com, le jeu fait pâle figure. Les combats sont atrocement répétitifs, l’IA basique, les rythme atrocement mou. Seul atout du jeu : sa “diversité”, qui inclut donc des composantes de jeu de gestion avec l’enrôlement et l’entrainement des troupes au château, la prise de décisions qui impacte les décisions et le tout petit côté RPG qui consiste à l’exploration de la carte. L’ennui, c’est que ce ramassis d’idées a beaucoup de mal à fonctionner. Quel que soit l’aspect du jeu qu’on étudie, on se rend vite compte que les développeurs se sont contentés d’intégrer quelques idées sans jamais totalement les explorer. Disciples: Domination est un piètre jeu de stratégie et un piètre RPG, tout comme son ainé. Toutes les décisions se prendront ici. Sur le plan visuel aussi, le titre a un côté très générique. Il n’a ni personnalité ni charme. Son ancêtre souffrait exactement du même défaut avec une direction artistique pas franchement marquante et un univers sous-exploité. C’est d’autant plus frustrant que les anciens volets de la série étaient eux parvenus à saisir l’essence du dark-fantasy. Mais alors, que peut-on sauver de cette suite ? Pas grand chose, malheureusement. Disciples 5 est à l’image de son prédécesseur une suite qui ne rend pas hommage à la série. Il creuse un peu davantage les idées de son prédécesseur sans jamais sortir du cadre du tactical générique. Que vous soyez fan de la série ou non, il y a beaucoup de chances que vous n’y passerez pas plus de quelques heures, la faute à un rythme mou et un gameplay terriblement ennuyeux. Conclusion On ne l’attendait pas vraiment au tournant, ce nouveau Disciples est, comme on pouvait s’en douter, une nouvelle déception pour les fans. Très générique dans son design, le titre d’Artefact Studios propose un gameplay beaucoup trop fade pour convaincre les amateurs de tactical RPG. Il y a quelques bonnes idées mais pas en main, on s’ennuie ferme. Rien de surprenant dans la mesure où le précédent volet explorait exactement la même formule… Le résultat n’était déjà guère folichon à l’époque. On se demande dès lors ce qui a bien pu convaincre Kalypso de réitérer…