Test – House of Ashes : l’anthologie Dark Pictures à son sommet

Troisième épisode de la saga “Dark Pictures” de Namco-Bandaï, House of Ashes reprend la formule de ses deux ancêtres sans apporter de grosses nouveautés. Ce nouvel épisode nous plonge toutefois dans une histoire passionnante qui prend cette fois place au Moyen-Orient. 

Après le grand large et la Nouvelle Angleterre, direction le Moyen-Orient pour ce troisième chapitre de la saga Dark Pictures de Namco-Bandaï. Juste à temps pour Halloween, l’éditeur nous livre le troisième épisode de sa série de jeux d’horreur narratifs. Si “Man of Medan” avait eu du mal à nous séduire, “Little Hope” était plutôt une jolie réussite. House of Ashes marche sur ses traces.

La mise en scène est toujours aussi soignée.

Pour les habitués, la formule reste la même. On est ici littéralement face à un film d’horreur interactif, une “histoire dont vous êtes le héros”, dans laquelle chacune de vos décisions aura un impact sur le scénario et sur le destin des personnages. Le gameplay se découpe en 3 types de séquences : les QTE pour les actions rapides, qui peuvent mener à la mort d’un personnage, les choix narratifs et les séquences de gameplay pures, qui se réduisent malheureusement une fois de plus à de l’exploration et de la collecte de collectibles.

Comme son ancêtre, House of Ashes brille surtout dans sa narration, sa mise en scène et son esthétique. Visuellement, le jeu nous en met plein les yeux. Les environnements sont extrêmement détaillés, les modélisations superbes, les jeux de lumière aussi. Seuls les modélisations des visages et quelques effets visuels nous rappellent qu’on n’est pas face à un film.

Les modélisations des visages sont très réussies.

Niveau scénario, House of Ashes parvient également à très agréablement nous surprendre avec une histoire prenante. Le scénario prend place en Iraq, en 2003. Le régime de Saddam Hussein s’est effondré. Quelques poches de résistance subsistent. Une unité militaire est envoyée dans les Monts Zagros pour prendre d’assaut une installation qui pourrait abriter des armes chimiques. Dans la peau de chacun des membres de l’équipe, le joueur devra d’abord prendre d’assaut les lieux avant de s’engouffrer dans les profondeurs d’une grotte. Car sur place, la situation tourne vite au chaos. Après une secousse sismique, le sol s’ouvre. Les soldats sont, en parallèle, pris en embuscade par une unité iraquienne fidèle au régime de Saddam. Dans les ruines d’un temple sumérien, les survivants découvrent alors qu’ils ne sont pas les seuls à déambuler librement…

Les phases de gameplay manquent cruellement d’intérêt.

On le sent, Supermassive Games commence à maîtriser la recette. Les personnages croisés à travers cette histoire sont beaucoup plus profonds que dans les deux précédents titres. On s’attache également beaucoup plus facilement à eux. Jusque là, le studio suédois avait fait le pari de miser principalement sur des personnages très jeunes. Dans House of Ashes, vous incarnerez un groupe de marines, un soldat irakien et deux agents de la CIA. Le casting est alléchant. Tous ne se valent bien sûr pas. Mais les relations entre les différents personnages n’en restent pas moins captivantes à suivre. Le récit aussi. Car non seulement le changement de ton est brutal une fois l’intro passée, mais en plus, le récit ne cesse de nous surprendre avec plusieurs jolis retournements de situation. L’atmosphère au sein de la grotte est également claustrophobe au possible.

Globalement, House of Ashes est un excellent divertissement. Le jeu alterne brillamment des dialogues passionnants à suivre, de l’exploration et quelques séquences d’action qui se jouent toujours sous la forme de QTE. Et la formule fonctionne globalement plutôt bien. Les choix du joueur ont un réel impact sur le scénario : certaines décisions causeront la mort d’un personnage instantanément. Les QTE restent très efficaces pour plonger le joueur au coeur de l’action. Les séquences “ingame” où l’on contrôle le personnage, beaucoup moins. Car s’il est intéressant de collecter des objets, collectibles et documents qui nous en apprennent plus sur le scénario du jeu, la prise en main est ultra-rigide, les déplacements sont très lents et tout cela se résume finalement à un bête walking-simulator sans grand intérêt. On aurait beaucoup aimé que le jeu se transforme en TPS pour ne serait-ce que quelques courtes séquences…

Les séquences horrifiques sont nombreuses.

Un très gros travail a été réalisé au niveau de l’immersion avec une bande son glaçante, des doublages d’excellente qualité, une mise en scène absolument irréprochable et une jolie alternance entre les différents personnages – l’intro et le final sont également deux des moments parmi les plus forts de l’aventure. Enfin, comme dans les autres volets, les chapitres du jeu sont entrecoupés par de brefs interludes avec le narrateur qui analyse les choix du joueur.

Comme dans les autres épisodes de la saga, l’aventure est jouable en solo mais aussi à plusieurs. L’expérience est amusante mais on ne va pas vous le cacher, nous avons personnellement trouvé que le titre était plus intéressant à parcourir en solo. Pour le boucler, il faudra compter entre 4 et 5 heures de jeu. La rejouabilité nous a également parue meilleure qu’avec les précédents volets, avec des choix beaucoup plus impactants. Bref, un grand oui, bien que le titre conserve quelques vilains défauts, hérités du premier volet… Si suite il y a, Supermassive Games devrait clairement se montrer plus ambitieux sur le plan ludique.

Conclusion

Après un second volet séduisant, Supermassive Games continue à peaufiner sa recette. Le studio suédois nous livre un jeu d’horreur narratif particulièrement prenant, qui surprend par la richesse de son scénario, de son univers, de sa mise en scène et de ses personnages, beaucoup plus travaillés que dans les précédents volets. Dans la peau de marines, le joueur explorera les profondeurs d’une grotte au Moyen-Orient. Comme dans les autres épisodes de l’anthologie, le jeu alterne entre cinématiques, QTE pour les scènes d’action, exploration et choix narratifs. Ceux-ci impactent lourdement le récit, ce qui offre au titre une belle rejouabilité. Les séquences d’explorations sont en revanche toujours aussi fades. Heureusement, elles sont peu nombreuses. Car House of Ashes est pratiquement un film d’horreur interactif. Niveau réalisation, le studio suédois place une fois encore la barre très haut. A 29,99€, vous auriez tort de vous priver de cet excellent divertissement. 

The Dark Pictures Anthology : House of Ashes

Gameplay 5.5/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 9.0/10
Bande son 8.0/10
Finition 8.0/10
7.4

On aime :

Visuellement très joli

Une mise en scène brillante

Un récit passionnant

Quelques jolis frissons

Le prix doux (29,99€)

On aime moins :

Une aventure assez courte (4 à 5h)

Les séquences de "walking simulator"