Graph Search: une porte ouverte à tous les excès

Par posté le 24 janvier 2013

Introduit il y a tout juste deux semaines, le Graph Search de Facebook fait déjà parler de lui. Conçu pour faciliter la vie des membres de Facebook, ce puissant outil de recherche permet d’afficher des résultats qui font parfois froid dans le dos. Des “hommes mariés qui aiment les prostituées” aux “mères catholiques qui aiment Durex”, Graph Search est la porte ouverte à tous les excès.

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La porte ouverte aux dérives

Lancé aux Etats-Unis il y a tout juste deux semaines, le Graph Search s’avère être un outil de recherche très puissant. S’il limite la collecte de données aux informations introduites sur Facebook, il donne néanmoins accès à de nombreuses données que certains pourraient considérer comme strictement confidentielles. Remettant sur le tapis l’éternel débat de la confidentialité sur le Web, le Graph Search est la porte ouverte à toutes les dérives…

Ainsi, s’il s’avère un outil fort pratique pour le commun des mortels, qui permet par exemple de trouver “les amis qui aiment les road trips”, “les fans de Suarez” ou encore “les amis qui sortent en boite de nuit” pour organiser des événements entre amis, Graph Search peut également être utilisé pour des requêtes beaucoup plus malsaines. C’est en tout cas ce que Tom Scott a tenté de démontrer avec un Tumblr qui a déjà fait le tour de la toile.

Ainsi, une personne mal intentionnée ou juste farceuse peut très bien rechercher une liste des “hommes mariés aimant les prostituées” ou de “femmes catholiques aimant la marque Durex”, pour reprendre les exemples exposés. Jusque là, rien de vraiment nocif, puisque la plupart des personnes ayant indiqué “aimer les prostituées” sur Facebook l’ont probablement fait par humour ou par vantardise. En revanche, là où cela devient plus gênant, c’est lorsque les recherches peuvent causer du mal à certains individus. La requête “Hommes musulmans qui aiment les hommes” donne accès à des milliers de réponses, qui peuvent ensuite être triées par géolocalisation. Dans certains pays où l’homosexualité est mal acceptée, la fonction e Graph Search pourrait faire de véritables ravages et être la cause de drames familiaux…

Limiter la casse

Bien sûr, il y a moyen de limiter les risques. Supprimer son compte Facebook est une solution un peu draconienne. Il suffit en réalité de limiter l’accès à vos données personnelles à vos amis ou aux amis de vos amis. Malgré la prévention, de nombreux membres continuent d’adopter les paramètres par défaut et d’exposer au monde entier leur vie privée, prenant le risque de se retrouver dans les résultats de recherche de Graph Search.

Un petit tutorial que nous avions rédigé au sujet de la confidentialité sur Facebook devrait vous aider à régler les paramètres de votre compte et à mieux comprendre le fonctionnement de Facebook.

Malgré tout, Facebook affiche certaines faiblesses. Les pages que vous aimez demeurent visibles aux yeux de tous, sauf si vous avez fait en sorte que personne ne puisse y avoir accès en dehors de vos amis. Insidieusement, Facebook séparé la gestion des paramètres de confidentialité généraux de ceux des pages que vous aimez. Pour espérer ne pas figurer dans les résultats de Graph Search, il faudra donc également faire le ménage sur la page des intérêts en modifiant, catégorie par catégorie, l’accès à vos données. Vicieux.

Dans le cas où vous choisissez malgré tout de laisser vos paramètres de confidentialité tels que, sachez que vous prenez le risque de voir certaines photos, statuts ou messages “volés” en toute légalité par d’autres membres du réseau social. La page “putes d’Anvers” qui avait fait le buzz sur Internet début janvier nous rappelle que personne n’est à l’abri d’insultes et de moqueries sur la toile…

Un outil pratique, entre les bonnes mains

Diaboliser Graph Search serait pourtant une erreur. Formidable outil de recherche, Graph Search facilite le contact et permet d’obtenir rapidement des données en vue d’organiser un événement ou une activité avec des amis. Il s’agit également d’un outil qui permet de passer de bons moments en lançant des recherches parfois très drôles, comme “Les chefs cuistot qui aiment manger des hamburgers” ou “les rabbins qui aiment le bacon.”

Par chance, Facebook bloque tout de même l’accès aux données personnelles de mineures et aux données de contact. Impossible donc de trouver “les numéros de téléphone des jeunes femmes blondes aimant le sexe”. A noter également qu’opinions politiques et religions n’entrent pas non plus en ligne de compte ici…

On en parle sur le forum.

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3 Comments

  1. sepo

    24 janvier 2013 at 17 h 30 min

    Grâce à Facebook, comme dirait Eben Moglen, plus besoin de Stasi et autres services de renseignements policiers.

    Lire “Sans médias libres, pas de liberté de pensée” sur framablog.

  2. John K.

    24 janvier 2013 at 20 h 07 min

    En tout cas, la cible de Facebook est claire, une hypocrisie est levée: les sites de rencontre :)

    Meetic doit déjà réintroduire les dîners rencontres réels pour contrer la concurrence des réseaux sociaux.

    Ici, il suffira de choisir “femme (homme) non marié(e) + age + région + quelques goûts communs” pour avoir l’équivalent gratuit de ces sites :)

    • xts

      25 janvier 2013 at 14 h 21 min

      Attention John, les sites de réseaux sociaux ne sont pas des sites de rencontre.

      La femme n’est pas réceptive, elle va sur facebook pour discuter avec ses amis partager son quotidien et non pour recevoir des mails qui la courtise et qui seront considéré comme intrusif.

      Elle sera plus réceptive sur les sites de rencontre où là elle s’inscrit pour effectivement rechercher un partenaire tout en gardant sa vie privée confidentiel.

      Je pense que cela aura un impact sur les sites de rencontre mais très minin.

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