Facebook et Instagram accusés d’avoir laissé prospérer des prédateurs sexuels. La condamnation de Meta relance le débat sur la responsabilité des réseaux sociaux. C’est une affaire qui fait grand bruit aux Etats-Unis et qui pourrait bien s’exporter outre-Atlantique. Fin 2023, le procureur général de l’état du Nouveau-Mexique lançait une procédure à l’encontre de Meta pour avoir trompé les utilisateurs et, pire encore, pour avoir mis en danger des mineurs en ne protégeant pas suffisamment les jeunes utilisateurs. Le verdict a été rendu il y a quelques jours par le jury : coupable. Les chefs d’accusation à l’encontre de l’entreprise de Mark Zuckerberg sont assez graves : Avoir facilité l’exploitation d’enfants sur ses plateformes Avoir exposé des mineurs à des contenus dangereux et à des prédateurs sexuels Avoir trompé les utilisateurs sur les mesures de sécurité. Pour étayer leur jugement, les autorités fédérales américaines ont présenté des preuves accablantes. Des emails internes de dirigeants et des discussions entre cadres sur le sextorsion (chantage sexuel) ou le grooming (manipulation de mineurs) démontrent que les hauts responsables de Meta étaient au courant depuis longtemps du danger que représentaient leurs plateformes. Les autorités sont même allées plus loin en proposant une démonstration dans laquelle ils ont créé de faux profils Facebook de mineurs. Très rapidement, des prédateurs sexuels sont parvenus à entrer en contact avec ces faux profils, démontrant la faiblesse de la sécurité de Facebook et des autres réseaux du groupe. Le jury a fixé la sanction à 375 millions de dollars, bien inférieure aux 2 milliards réclamés par l’Etat du Nouveau-Mexique. Meta a toutefois annoncé faire appel. “Nous contestons respectueusement le verdict et ferons appel”, pointe sur X le responsable de la communication du groupe. “Nous mettons tout en œuvre pour assurer la sécurité des utilisateurs sur nos plateformes et sommes conscients des difficultés liées à l’identification et à la suppression des personnes malveillantes ou des contenus préjudiciables.” Le procès devrait se poursuivre en mai 2026 avec une seconde phase judiciaire, lors de laquelle il sera évalué si Meta est coupable de trouble à l’ordre public.