Test – Crimson Desert : la déception

C’était l’un des titres les plus attendus de cette année 2026. Quelque part à mi-chemin entre un Witcher, un Red Dead Redemption et un Breath of the Wild, le jeu de Pearl Abyss se présentait comme l’un des prétendants au titre de GOTY. Mais à la sortie, c’est la douche froide. Si certains glorifieront son open-world et les possibilités qu’il offre, Crimson Desert n’est malheureusement pas la pépite qu’on attendait…

Pearl Abyss fait partie de ces studios qu’on ne connaissait pas beaucoup et qui ont énormément fait parler d’eux avec leur nouveau projet. Spécialisé dans les MMORPG, le studio s’est mis en tête de nous livrer un action-RPG solo, un projet ambitieux, au budget qui avoisinerait les 300 millions de dollars, comparable à celui d’un Red Dead Redemption ou d’un The Witcher. Sur le papier, le titre avait tout pour séduire : un univers fantasy, une réalisation solide, un gameplay offrant une totale liberté d’action et surtout une belle touche de fraicheur.

Les dialogues sont d’une pauvreté déconcertante.

Dès le premier contact avec le jeu, c’est la douche froide. Le joueur incarne ici Kliff, un guerrier membre de la confrérie des Manteaux gris, des mercenaires nomades, qui se retrouve au milieu d’une embuscade. Kliff survit, mais la plupart des membres de son clan sont tués ou contraints de s’échapper. Les choses se compliquent rapidement dans le lore, puisque le joueur se retrouve ensuite dans un royaume dimensionnel étrange, appelé l’Abyss. Pas de scénario alambiqué, Crimson Desert reste très simple sur le plan narratif, jusque dans ses quêtes, qui vous forceront à ramoner une cheminée, donner une pièce à un SDF et à jouer à un mini jeu de bras de fer en début d’aventure. Ce n’est pas très excitant, il faut l’avouer, et surtout, l’écriture est désastreuse, avec des dialogues creux, un univers sous-exploité et des quêtes souvent ridicules. Si le scénario est important pour vous, vous risquez de vite lâcher le pad. D’autant plus que les personnages n’ont aucun charisme, en ce compris le héros.

Les tentatives de mise en scène sont ratées.

Crimson Desert compense ce défaut par un vaste monde ouvert très riche, dans lequel on pourra se laisser aller à l’exploration. Le gros plus ? Aucun temps de chargement ne vient interrompre l’aventure. Pas de loading intempestif entre la cour d’un château et l’intérieur d’un bar. Le jeu met aussi beaucoup l’accent sur l’exploration, avec l’usage d’un grappin, de diverses montures, un système de saut très précis et des tas d’activités annexes à explorer : pêche, cuisine, craft, chasse, construction d’un camp de base… L’expérience est très solide. Là où les choses se gâtent, c’est au niveau des combats. Notre personnage se déplace de façon très dynamique, on n’a pas du tout l’impression d’utiliser un “tank” et c’est un plus. L’ennui, c’est qu’il est si agile qu’il nous donne l’impression d’être une sauterelle. Les combats deviennent vite très brouillons et manquent surtout cruellement de stratégie. De façon générale, l’approche frontale reste la plus efficace, on martèle les boutons comme dans un musô. La mauvaise lisibilité, les hitboxs approximatives et patterns difficiles à décortiques rendent ces combats trop brouillons. Le constat est encore plus catastrophique pour les combats de boss, à la difficulté si mal dosée et si frustrants. Encore une fois, la grande force de Crimson Desert, c’est sa liberté.

Le vrai problème de Crimson Desert, c’est toutefois son manque de sérieux dans sa mise en scène. C’est bien simple, on a l’impression de jouer à un remaster d’un titre sorti il y a 20 ans. Les cinématiques sont paresseuses, les dialogues plats, les PNJ répètent sans cesse les mêmes tâches sans jamais s’écarter de leur script, tout est surjoué, ridicule et surtout le joueur est pris par la main du début à la fin de l’aventure. Alors oui, la force de Crimson Desert est dans son bac à sable, mais pour la partie aventure, c’est un véritable fiasco.

L’open-world est vivant… mais son lore ne parvient pas à convaincre.

C’est d’autant plus dommage que visuellement, le titre est une très belle réussite. Crimson Desert a été conçu avec le Blackspace Engine, un moteur propriétaire qui exploite parfaitement la puissance des consoles de dernière génération. Tout est d’une fluidité déconcertante, sans temps de chargement, et surtout les décors sont à tomber, avec une profondeur de champ impressionnante et surtout une densité choquante. Clairement, ce moteur a un énorme potentiel. Artistiquement, les Abysses sont également très réussies. Seul bémol, elles s’intègrent très mal dans le jeu et ont surtout tendance à nous déconnecter d’une aventure principale déjà fort inégale.

Reste une bande son correcte, avec des doublages de qualité mais des musiques peu marquantes. Un résultat mi-figue mi-raison, qui contraste avec les jolies promesses des développeurs et bandes annonces qui nous en mettaient plein les yeux.

Conclusion

C’était censé être la claque de 2026. Crimson Desert n’aura été au final qu’une cruelle désillusion. Visuellement superbe, le jeu de Pearl Abyss nous plonge dans un monde fantasy sans charme ni personnalité. Le jeu tire la richesse de son bac à sable, mais peine à convaincre avec son lore, son univers, son scénario, ses quêtes et son gameplay, beaucoup trop approximatif et bourrin pour séduire. L’ambition est là, mais le jeu n’est en définitive qu’une belle coquille vide, aussi ennuyeuse que frustrante, qui plaira sans doute à la génération Fortnite pour son côté grand-guignol, mais qui sera aussitôt oubliée. 

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Crimson Desert

Gameplay 4.0/10
Contenu 6.0/10
Graphismes 8.0/10
Bande Son 6.0/10
Finition 6.0/10
6.0

On aime :

Visuellement très joli

Un monde ouvert riche

Des doublages de qualité

La liberté

On aime moins :

Une direction artistique peu inspirée

Des quêtes peu intéressantes

Un gameplay fade et imprécis

Les Abysses

L'intrigue principale, le lore, les dialogues