En difficulté financière, Nacon compte sur une poignée de jeux pour se redresser. L’éditeur français devra toutefois composer avec une concurrence rude en ce début d’année. Dragonkin n’est pas non plus son titre le plus attendu… Marchant sur les traces d’un Diablo, Dragonkin est un action-RPG développé par le petit studio français Eko Software, à qui on doit la franchise How to Survive ainsi que le très moyen Warhammer: Chaosbane. Autant dire que la barre n’était pas placée très haut. Cela n’empêche pas leur nouveau projet d’être très ambitieux. Avec son mode coop et sa réalisation graphique solide, Dragonkin était très séduisant lors de ses premières apparitions. Le résultat peine toutefois à convaincre. Le jeu nous plonge dans un monde ravagé par les dragons – d’où le nom -, dans lequel quatre héros vont s’unir pour chasser et exterminer les monstres draconiques ainsi que toutes leurs créations. Le sang de ces êtres titanesques a en effet fait surgir des créatures maléfiques des profondeurs de la terre et il est désormais temps de rétablir l’ordre. Premier écueil : la narration du jeu passe complètement au second plan avec des dialogues creux, des cinématiques bricolées et un univers totalement sous-exploité. On sent que tout n’est qu’un prétexte à nous envoyer massacrer du monstre. Pour le reste on est face à un hack & slash plutôt classique, dans lequel on massacre des hordes d’ennemis qui se jettent sur nous. Visuellement, le titre est superbe, il tire parfaitement parti des consoles de nouvelle génération, les décors sont splendides, les effets visuels sont soignés, les personnages très bien modélisés. Le jeu tourne également parfaitement, sans ralentissements. En revanche, pad en main, ce n’est pas très glorieux. On reconnait les défauts du jeu dès le tutoriel : les combats sont très bourrins par rapport à un Diablo, le jeu manque de subtilités et ne parvient pas vraiment à charmer malgré quelques bonnes idées. Dragonkin est en d’autres termes un hack & slash très générique. Cela se ressent jusqu’à la construction du jeu, avec ses 4 classes de combattants : le barbare, fort au corps à corps, qui gagne de la rage en attaquant pour booster les dégâts, l’oracle, un mage qui est bon à distance et capable de se téléporter, le chevalier, plus défensif avec son bouclier, capable de parer les attaques. Et le chasseur, qui combat à distance, tend des pièges, s’évade. Quatre approches différentes certes, mais qui sont bien peu mises à profit avec un gameplay comme on l’a dit très bourrin. Dragonkin sait toutefois faire preuve d’un peu d’originalité en proposant par exemple une grille hexagonale qui va s’élargir avec les niveaux et permettre d’ajouter des compétences, modificateurs. Progressivement, le personnage gagne en puissance et des synergies s’établissent. Autre originalité : le système de construction de votre ville, qui fera un peu office de menu. On va y recruter des alliés, crafter des objets. Le concept n’est pas formidablement exploité mais il a le mérité d’être là. Dans le même ordre d’esprit, on retrouve des compagnons, des wyrmlings qui vont vous accompagner dans vos aventures et combattre à vos côtés. Mignon. Mais la vraie force de Dragonkin comparé aux nombreux clones de Diablo, c’est son mode coop, à 2 en local et jusqu’à 4 en ligne. C’est assez rare pour être souligné et plein de jeux du genre ont souffert de l’absence d’un tel mode. Dragonkin n’est clairement pas un mauvais hack & slash, mais c’est un jeu qui manque de personnalité, qui peine à vraiment convaincre avec son gameplay trop générique et qui souffre d’un BO très banale, avec des doublages sans ambition et des musiques peu marquantes. Clairement, le titre parviendra à trouver son public malgré ses défauts. Les Diablo-likes se font rares ces temps-ci, et celui-ci a le mérite d’être très joli et d’offrir un contenu généreux. Conclusion Marchant sur les traces d’un Diablo, Dragonkin souffre malheureusement d’un défaut commun à ce type de jeu : un aspect trop générique, avec un univers sous-exploité, des combats fades et un manque de prise de risque. C’est dommage, car visuellement, ce hack & slash est très réussi, il propose de la coopération, un contenu solide et explore même quelques bonnes idées. Les amateurs du genre passeront sans doute un bon moment dessus. Face à un Diablo, difficile toutefois de faire le poids.