Après un premier volet plutôt réussi, le studio français Spiders nous livre un Greedfall 2 qui change radicalement de cap. Auteur d’une tripotée d’action-RPG plutôt séduisants, le studio français Spiders n’avait jusqu’ici jamais déçu ses fans. Son RPG Greedfall était même considéré par de nombreux gamers comme l’une de ses plus belles créations. Autant dire que le titre était donc attendu. Bizarrement, le studio a toutefois choisi de prendre des risques en changeant la formule. Exit le charme de Teer Fradee, le “nouveau monde” qu’on explorait dans le premier opus, vous incarnerez ici une native arrachée à son île et emmenée comme esclave sur le continent. Une approche intéressante sur le plan narratif car dans le premier volet, le joueur incarnait un diplomate continental. Les rôles sont inversés donc, mais cela a forcément des implications. Car l’ancien monde est, il faut l’avouer, bien moins intéressant que le nouveau. Le scénario a d’ailleurs tendance à partir un peu dans toutes les directions avec les différentes factions en place, les complots politiques et l’intrigue principale. Le jeu alterne étrangement des séquences en open world plutôt réussies et des séquences narratives plus linéaires qui sont une vraie catastrophe. On y suit littéralement un rail en massacrant tout ce qui bouge. C’est plat, répétitif et ça semble surtout avoir été bricolé très vite. Le nouveau monde est définitivement charmant. On le sent, Greedfall 2 est un jeu très ambitieux, trop sans doute pour le petit studio qui a tenté d’imiter la formule des KOTOR. Le récit est très ramifié : les choix influencent les alliances, les réputations, le destin des compagnons et même certaines zones. Sur le papier, c’est très séduisant, mais dans la pratique, le récit devient vite très compliqué et pas forcément captivant. On a d’ailleurs aussi beaucoup de mal à s’attacher aux personnages qui sont de véritables coquilles vides. Côté gameplay aussi il y a des changements. On passe de l’action à l’action avec pause tactique et switch de personnage. Concrètement, on passe d’un compagnon à l’autre de la pression d’un bouton, on peut mettre les combats en pause pour décider de la suite, le jeu a un côté plus tactical que son ancêtre, avec des combats plus automatisés – les commandes restent en revanche très simple avec deux touches d’attaques et peu de combinaisons. Alors bien sûr, tout cela va s’enrichir au cours de l’aventure avec les arbres de talents qui vont se remplir, mais on est loin d’un RPG riche dans sa partie combat. De façon générale, on a aussi l’impression que Greedfall 2 essaye de mélanger tous les styles, sans succès. Il y a des séquences d’investigation bateau, qui consistent à se rendre sur un lieu et trouver différents indices, des séquences d’infiltration pataudes sans aucun intérêt, des choix de dialogues qui n’impactent que très peu l’intrigue. On voit très bien ce que Spiders a tenté de faire, mais la sauce ne prend pas. Plus inquiétant, le jeu est très bugué. Durant notre aventure, nous avons subi plus de 20 crashs et une pléthore de bugs. Ce qui ne fait que confirmer notre théorie que le titre n’était pas prêt pour sortir. Visuellement en revanche, Greedfall 2 est un vrai upgrade par rapport au premier, avec des décors grandioses et des modélisations soignées. L’ancien monde a toutefois moins de charme que le nouveau… Conclusion On ne va pas vous mentir, Greedfall 2 donne davantage l’impression d’être un downgrade par rapport au premier volet et ça pose problème. Le système de combat avec pause tactique ne parvient pas à convaincre et rend même le jeu plus pataud et ennuyeux que son ancêtre. Le nouvel open-world qui s’ouvre à nous a moins de charme que le nouveau monde du premier opus, les séquences narratives linéaires sont ratées et la partie infiltration / enquête ne fonctionne pas. Heureusement, il reste à ce Greedfall 2 une réalisation plutôt solide : les décors sont très réussis et les modélisations sont soignées, mais le jeu est livré dans un état catastrophique : bugs et crashs sont au programme. On ne va pas tourner autour du pot, c’est le premier vrai raté du studio Spiders. Ce Greedfall 2 signera également sans doute la mort de cette licence, qui avait pourtant un réel potentiel.