Considéré comme l’une des excellentes surprises de l’année 2025, Blue Prince est incontestablement un jeu indé à faire coûte que coûte. Sorti sur PC, PS5 et Xbox Series, il a aujourd’hui droit à un portage sur Switch 2. L’occasion de se pencher à nouveau sur ce titre atypique. Si la plupart du temps, les jeux indés sont développés par une petite équipe, il arrive que des développeurs solo parviennent à créer une oeuvre aussi marquante qu’un gros studio. Blue Prince est l’une d’elles. Sorti de l’imagination de Tonda Ros, Blue Prince est un projet qui aura pris 8 longues années pour voir le jour. Un titre à l’apparence soignée, qui brille aussi par ses mécanismes de jeu, qui mélangent puzzle, roguelite et narration. Visuellement, le titre est une réussite complète. Le jeu vous place dans la peau de Simon, un adolescent héritier du domaine de Mount Holly, imposante demeure victorienne léguée par un grand-oncle excentrique. La condition de l’héritage est la suivante : trouver la fameuse « Chambre 46 », pièce mythique que personne n’a jamais vue dans une maison officiellement composée de 45 salles. Livré à lui même dans un manoir qui recèle de secrets, le joueur va devoir explorer les lieux et résoudre des intrigues pour progresser dans l’aventure. L’histoire se dévoile par bribes – lettres, mémos, livres, indices codés – dans un récit non linéaire qui se révèle globalement plaisant à suivre. Le concept du jeu est véritablement unique et c’est d’ailleurs ce qui fait tout son charme. Chaque jour, vous disposez de 50 « pas » – les déplacements représentent ici une ressource limitée. Chaque fois que vous ouvrez une porte fermée, trois pièces sont proposées au hasard ; vous choisissez laquelle s’insère dans le plan du manoir. Le couloir que vous venez de traverser devient alors permanent… jusqu’au lendemain. Car à l’aube, le manoir se réinitialise entièrement. Un système inspiré des roguelites qui donne à Blue Prince une approche unique. Et il faut bien l’avouer, ce concept finit vite par nous charmer puisqu’il instaure un peu de stratégie dans les parties. Chaque pièce apporte son lot de surprises : bonus de pas, objets ou malus. Les objets récupérés – loupe, coupons, clés, plans – se combinent pour débloquer de nouvelles zones ou résoudre des casse-têtes. Côté énigmes, le développeur a été très intelligent. Il mélange observation, logique et décodage de documents dans une formule très efficace. Alors bien sûr, ça reste un jeu conceptuel. La mise en scène n’a rien de révolutionnaire et la narration reste au second plan. Mais si vous accrochez à la formule, vous prendre un véritable plaisir sur ce titre. L’aventure se boucle en une quinzaine d’heures mais il sera possible de poursuivre l’expérience plus loin en obtenant l’accès à tous les coffres et en résolvant les énigmes secondaires. Forcément, le jeu est un peu répétitif, mais la diversité des pièces est suffisante pour qu’on ne s’ennuie pas. Le jeu mélange exploration et puzzles. Outre son gameplay unique, Blue Prince peut également compter sur son style graphique unique, tout en cel-shading, pour briller. La direction artistique est superbe, les décors plein de charme et l’ambiance soignée. Avec son petit côté cosy, le jeu est un véritable plaisir à explorer, même si on lui reprochera sans doute le léger sentiment de solitude qui s’installe au fil des parties. La bande-son est signée par le duo néerlandais Trigg & Gusset, et est une petite merveille d’originalité avec uniquement des lignes de clarinette basse, violoncelle, synthés discrets, piano et bois qui donnent au jeu une atmosphère unique. Au final, difficile de ne pas y voir une formidable oeuvre d’art virtuelle. Conclusion Plus qu’un jeu, Blue Prince est une formidable expérience à vivre. Ce jeu atypique, à la direction artistique splendide, mélange exploration, épreuve, roguelite et narration dans un mélange qui captive le joueur de bout en bout. C’est l’une des pépites indépendantes de 2025 et incontestablement un jeu qu’il ne fallait pas manquer. Alors oui, son concept est par essence répétitif, mais croyez nous, voilà une oeuvre qui mérite le détour si vous êtes blasé des productions actuelles !