Test – Tales of Berseria Remastered : un remaster solide du JRPG

Cela fait déjà dix ans que Tales of Berseria, l’un des épisodes les plus sombres et acclamés de la saga Tales of, a vu le jour. Si la série de JRPG de Bandai Namco continue de prospérer avec des sorties régulières comme Tales of Arise, cela n’a pas empêché l’éditeur de célébrer l’anniversaire de ce préquel à Tales of Zestiria par une réédition remastérisée, disponible depuis le 27 février 2026 sur PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch et PC.

Vendue 39,99 €, cette édition remasterisée du jeu se veut un hommage fidèle à l’original. Pas de refonte graphique majeure ni de contenus inédits, mais un portage propre vers les machines actuelles, avec quelques améliorations pratiques l’intégration des DLC d’époque. Il faut l’avouer, même si on regrette l’absence d’un lifting graphique, nous sommes très contents de retrouver Berseria, un épisode qui mérite amplement sa seconde jeunesse.

Pour bien comprendre pourquoi Berseria mérite le détour, remontons aux origines. La saga Tales of, née en 1995 sur Super Famicom avec Tales of Phantasia, s’est imposée comme un pilier du JRPG grâce à son système de combat en temps réel, le Linear Motion Battle System (LMBS), qui oppose les héros à des ennemis en vue latérale, comme dans un beat ’em up. Au fil des opus – de Tales of Symphonia sur GameCube aux épisodes plus récents –, la série a affiné sa formule : exploration semi-libre et des histoires épiques mêlant magie, politique et amitié. Mais Tales of Berseria, sorti en 2017 en Occident sur PS4, marque un tournant. Développé par l’équipe interne de Bandai Namco Studios, il s’agit d’un préquel à Zestiria (2015), mais conçu en standalone pour éviter les spoilers.

L’histoire suit Velvet Crowe, une jeune femme ordinaire brisée par la “Nuit Écarlate”, un événement cataclysmique où une malédiction appelée daemonvries transforme les humains en démons assoiffés. Motivée par une soif de vengeance implacable, Velvet – dotée de pouvoirs démoniaques après un rituel tragique – rassemble une bande d’antihéros marginaux : le malicieux sorcier Magilou, l’excentrique Laphicet, le stoïque mercenaire Rokurou, et d’autres compagnons aux motivations égoïstes. Contrairement aux protagonistes héroïques habituels de la série, Velvet est une “daemonvries” enragée, prête à tout pour traquer l’abbé exorciste Artorius, responsable de ses malheurs. Ce récit philosophique oppose émotion brute et rationalité froide, explorant les thèmes de la perte d’humanité, de la trahison et du libre arbitre dans un archipel de Midgand ravagé par la peur et la religion oppressive. Sans spoiler, les twists narratifs et les skits profonds font de Berseria l’un des meilleurs scénarios JRPG, souvent comparé à Nier pour sa maturité émotionnelle.

Côté nouveautés dans ce remaster, Bandai Namco a misé sur le pratique plutôt que le tape-à-l’œil. On retrouve tous les DLC originaux dès le départ : costumes crossover inspirés d’anciens Tales (comme ceux de Phantasia ou Symphonia), objets bonus (herbes de croissance, équipements puissants) et packs BGM alternatifs en Deluxe. C’est léger, mais à l’époque, on ne proposait pas forcément plus. Niveau nouveautés, on retrouve quelques petites choses comme les icônes de destination pour guider l’exploration, la possibilité de désactiver les rencontres aléatoires, le voyage rapide illimité plus tôt, et une vitesse de course accrue. Le jeu tourne en 1080p/60 ips. Pas de refonte complète ni de textures refaites, juste un léger sharpening pour un rendu plus net.

Dix ans plus tard, comment Berseria a-t-il vieilli ? Il tient la route grâce à sa narration intemporelle, mais montre un visage vieilli – forcément le titre était sorti sur PS3 à la base. Les graphismes animés, avec leurs environnements variés (volcans en fusion, cités flottantes, forêts hantées), paraissent datés face à Arise, surtout les donjons grisâtres et répétitifs, remplis de couloirs sans fin et de puzzles basiques (pousser des blocs, activer des switches). Le backtracking pour les quêtes secondaires agace toujours, et l’absence d’un monde ouvert fluide se fait sentir. Côté sonore, la BO épique (thème de Velvet inoubliable) et le doublage japonais/anglais de qualité n’ont pas pris une ride, même si l’OST globale reste inégale. Autrement dit, ça passe, même si on sent le poids des années. Le gameplay reste dans la veine des autres Tales : des combats en temps réel, fidèle à la série, avec quelques subtilités comme le vol des âmes ennemies pour booster vos sorts, l’enchainement de combos, et la mise en place de complémentarité entre les personnages.

Conclusion

Episode méconnu et sous-estimé de la série, Berseria n’en reste pas moins l’un des plus intéressants par son approche plus dark et son scénario prenant. Le jeu était sorti à la base sur PS3 et a forcément mal vieilli, malgré quelques améliorations. On aurait en ce sens préféré un remake complet. Mais ce remaster a le mérite de rendre à nouveau disponible ce JRPG fort sympathique. Les fans de la série seront de toutes façons aux anges, malgré le poids des années qui pèse sur cet épisode.

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Tales of Berseria Remastered

Gameplay 7.0/10
Contenu 7.5/10
Graphismes 6.0/10
Bande Son 7.5/10
Finition 7.5/10
7.1

On aime :

Un épisode méconnu mais réussi

Quelques mises à jour pratiques côté fonctions

Les quelques micro DLC inclus

On aime moins :

Visuellement, ça a mal vieilli

Le gameplay aussi a vieilli

Les DLC sont très légers

Pas de contenu inédit