Neuvième volet de la saga Resident Evil – si l’on range de côté ses multiples spin-off – Resident Evil Requiem également le premier à totalement abandonner la nomenclature habituelle. Plus ambitieux que jamais, ce nouvel épisode signe un changement radical de stratégie, tout en rassasiant les fans avec une bonne dose de fan-service. Depuis Resident Evil VII, la saga a opéré un retour magistral. Il faut ire que les précédents volets de la série (RE V et VI) n’avaient pas fait l’unanimité. Resident Evil VIII avait osé une approche plus fantasy, avec brio. Requiem revient aux fondamentaux de la franchise, tout en apportant une bonne dose de modernité. Grace est un personnage plutôt attachant. Principal changement par rapport aux précédents volets : Requiem est une aventure en deux parties. On y incarne à tour de rôle Léon, membre des STARS, un agent expérimenté qui incarne le côté action dans cet épisode, et Grace Ashcroft, une analyste du FBI introvertie et anxieuse qui part enquêter sur des morts suspectes au Wrenwood Hotel, à quelques dizaines de kilomètres de Raccoon City. Principale différence entre les deux protagonistes : la caméra se place derrière l’épaule avec Léon, un personnage bien équipé, qui va intervenir dans la plupart des séquences d’action. Durant les phases où on incarne Grace, la vue passe en première personne, le rythme se pose, mélangeant infiltration, enquête, horreur et action. Une dualité qui fonctionne à merveille, même si dans sa seconde moitié le jeu a tendance à proposer un peu trop de séquences d’action. Attendez-vous à quelques passages très effrayants ! Côté scénario, cet épisode frappe fort en réconciliant non seulement les fans avec le scénario principal – plus de grands écarts comme les deux précédents volets -, avec des tas de clins d’oeil et pas mal de fan-service, et un scénario qui avance dans la bonne direction. La mise en scène est d’ailleurs fort travaillée, à l’image d’un film, avec des cinématiques superbes, d’excellents dialogues, une immersion complète. C’est le genre de jeu où personne ne zappera les cut-scenes. D’autant plus que les enjeux sont là : un nouveau virus infecte le monde, une enquête est lancée par le FBI, très vite Grace remarque un lien avec les événements narrés dans les premiers épisodes de la saga… Et le jeu crée ainsi un formidable pont narratif entre les anciens opus et les plus récents. Pad en main, le jeu frappe également très fort. Les séquences avec Léon rappellent les meilleurs moments de Resident Evil 4, avec beaucoup d’action, une narration soignée, des combats de boss marquants. Dans sa seconde moitié, le jeu prend même des risques en changeant radicalement d’atmosphère et en proposant des niveaux plus vastes. La formule est très efficace et rappelle en ce sens beaucoup Resident Evil 4. La partie avec Grace marque toutefois davantage les esprits. De base, le jeu opte pour la vue à la première personne dans ces séquences. Durant le premier chapitre, on explore ainsi un manoir sous forme de mini open-world, un concept terriblement efficace avec des tas d’objets à récupérer, des cartes d’accès à obtenir pour débloquer de nouveaux passages, de grosses bestioles dangereuses qui rôdent dans l’ombre et qu’il faudra contourner à tout prix, et un système de progression qui récompense l’exploration et la curiosité (nouvelles armes, davantage de munitions, déblocage de capacités). Le jeu fait peur, très peur même, avec des séquences parfois épuisantes, durant lesquelles on se sent très vulnérable. Le jeu brille d’ailleurs au niveau des approches, en donnant beaucoup de liberté au joueur. Celui-ci pourra choisir une attaque frontale, au risque d’y perdre quelques points de vie, éviter les combats en progressant dans l’ombre, détourner l’attention des ennemis en jetant des leurres… Bref, de très bonnes idées. La narration est très joliment mise en scène. Capcom remet également le côté survival au coeur de l’expérience avec Grace. Les munitions sont extrêmement limitées, la difficulté est bien au rendez-vous, les ressources sont limitées également et certains ennemis nécessitent une approche plus intelligente. Plus surprenant, le bruit est ici très important puisqu’il attire les ennemis. Avec Grace, il faudra donc marcher accroupi sans faire d’erreur ! Pas mal de choses évoluent également avec des combats au corps à corps retravaillés avec Léon, qui utilise désormais une hachette qui va lui permettre de parer certaines attaques. Les armes au corps à corps s’usent par ailleurs et il faudra donc régulièrement récupérer des armes de remplacement. Le crafting est toujours de la partie avec des nouveautés intéressantes puisqu’il faudra récupérer du sang d’infecté tout au cours de l’aventure… Les séquences d’action sont terriblement efficaces. Fidèle au lore de la série, RE9 Requiem introduit donc assez de nouveautés pour briller. Les segments en mini open world sont ceux qui fonctionnent le mieux. On retrouve par ailleurs des passages plus scriptés, axés sur la narration. Globalement, la première partie du titre reste toutefois la plus convaincante, avec une seconde partie plus orientée action et moins bien structurée. Ce n’est pas mauvais en soi, mais vu l’excellence du démarrage, on s’attendait forcément à mieux. En revanche, Capcom s’est démené pour nous proposer un divertissement offrant une diversité de séquences impressionnante. Préparez-vous à être surpris ! Pour le reste, Requiem réalise presqu’un sans faute avec une durée de vie très honorable (comptez entre 14 et 20h selon votre vitesse, la difficulté), une bande son très solide avec notamment d’excellents bruitages et de très bons doublages, et une réalisation graphique splendide. RE 9 tire parfaitement parti des supports de nouvelle génération avec des décors chargés de détails, une gestion de la lumière irréprochable, de superbes effets visuels et des modélisations plus vraies que nature. Tout au plus lui reprochera-t-on peut-être des visages qui font encore un peu trop poupée de cire – principalement pour les personnages féminins. Rien de dramatique toutefois, bien au contraire même. Conclusion Avec Resident Evil: Requiem, Capcom nous livre un épisode abouti, qui réunit enfin l’univers des anciens épisodes et la modernité des nouveaux. Ce neuvième volet crée un pont entre les six premiers volets et les deux derniers. Visuellement irréprochable, le titre tire pleinement parti des capacités des consoles de nouvelle génération. Il travaille également brillamment sa narration avec une intrigue pensée sous la forme d’une enquête qui se révèle captivante à suivre, avec des cinématiques et doublages d’excellente facture. Côté gameplay, on alterne entre des séquences à la première personne, orientée infiltration / horreur et survie, efficaces, dans la peau de Grace, et des séquences d’action intenses à la troisième personne dans la peau de Léon. Alors oui, le jeu fonctionne un peu moins bien dans sa seconde partie, mais sa première partie frôle la perfection et globalement. On aurait aimé que le jeu propose davantage de segments avec Grace et plus de missions dans des environnements ouverts. Pour un épisode de transition, Requiem reste toutefois une jolie réussite. Une chose est certaine : c’est l’épisode qui fait le plus avancer le scénario. Nul doute que la suite sera captivante pour les fans !