Test – Ebola Village : un faux Resident Evil au goût amer

Ebola Village, dernier épisode d’une licence horrifique russe initiée en 2019, tente de revisiter le survival horror à l’ancienne, mais multiplie les emprunts évidents à Resident Evil au point de susciter de sérieuses interrogations.

Le succès d’une franchise comme Resident Evil est tel que nombreux sont les studios à s’en inspirer pour proposer leur propre licence exclusive. C’est notamment le cas de Tormented Souls qui, après deux épisodes plutôt sympathiques, prouve que l’on peut rendre hommage à une série aussi emblématique sans pour autant la copier. Pour d’autres, malheureusement, la frontière entre hommage et plagiat est plus trouble. Ebola Village en fait partie.

Création des Russes d’Indie Games Studio, Ebola Village est le nouvel ajout d’une licence initiée en 2019 avec le premier Ebola. Trois épisodes suivront, avant d’aboutir sur ce “Village”, sorti en mai 2025 sur PC et plus récemment sur consoles. La franchise se définit comme un classique de l’horreur inspiré des jeux de survie des années 1990. Bien entendu, Resident Evil arrive à la première place de ces références, et vous verrez très vite que les développeurs étaient visiblement en grand manque d’inspiration.

Le titre nous plonge dans l’URSS des années 1990 dévastée par la propagation d’un virus, apparemment appelé Ebola (mais sans réel lien avec le vrai Ebola, NDLR.), transformant ses victimes en zombie. Notre personnage, Maria, s’en va dans le village de sa mère et de son ex-mari pour prendre de leurs nouvelles, et tombe sur un patelin ravagé où la vie semble avoir été remplacée par la désolation et le cannibalisme. Bref, un endroit où il ne fait pas bon vivre et pas réellement chaleureux.

Maria va donc se retrouver face-à-face avec ces atroces créatures et les affronter pour arriver au bout de son périple. Un périple qui ne sera heureusement pas très long, puisqu’il ne vous faudra pas plus d’une petite heure et demie pour en venir à bout. L’aventure est très courte, le nombre de collectibles à retrouver se limite à 15 et votre environnement se limitera à ce petit village soviétique infesté de morts-vivants. Certes, l’aventure est courte et fort limitée, mais après une heure vous ne demanderez qu’une chose : vite en finir.

A gauche, le tutoriel de Ebola Village avec ladite image. A droite, l’image de RE3 de … 1999.

Ce qui nous choque en premier lieu avec ce titre est qu’il plagie sans vergogne la célèbre licence de Capcom. Ce sentiment de copier-coller se ressent principalement dans le gameplay, avec l’ouverture des portes qui se fait comme dans les épisodes des années 1990 (avec l’arrière-plan en noir), mais aussi dans la direction artistique du titre. “Ebola Village” semble ainsi directement inspiré de RE VIII et de son sous-titre. Pire encore, le jeu va jusqu’à reproduire la célèbre photo de Jill Valentine dans RE3 dans son tutoriel et a le culot d’appeler la jeune fille … Oliana Valentine. Comme dans Resident Evil, vous aurez une manne où entreposer vos objets, des plantes vertes pour vous soigner et même la possibilité de combiner deux objets.

Qu’un titre qui plagie autant un monument comme Resident Evil 3, c’est déjà scandaleux, mais c’est encore plus inconcevable que Sony et Microsoft laissent un titre aussi problématique sur leurs stores respectifs. Il y a là clairement une violation de droits d’auteur, et le fait qu’Ebola Village reste sur le PS Store et le Microsoft Store pose question. A ce propos, Sony a retiré le trailer d’annonce du jeu de YouTube, mais pas Microsoft.

La décomposition des zombies en fonction des tirs est très bancale.

Au-delà de cet aspect juridique, Ebola Village n’est pas inoubliable, et c’est peu de le dire. Au niveau du scénario notamment, qui ne nous emballe que rarement, mais aussi du gameplay. C’est assez fade et mou, et ce n’est pas les rares jump scares pourtant bien placés qui vont vous faire sursauter. Comme dans Resident Evil, vous devrez récupérer un objet X pour l’installer dans un emplacement Y, mais la localisation de ces objets est assez hasardeuse. Au début de l’aventure, vous devrez trouver un fusible (comme par hasard) à installer dans un disjoncteur. Fusible qui se trouve étrangement dans un appartement lambda fermé sous cadenas. Quant au ressenti des armes, il est approximatif malgré un bon ressenti sonore,. Les affrontements avec les zombies sont, eux, d’un ennui abyssal.

En parlant des zombies, justement, analysons leur comportement. Au-delà d’animations extrêmement datées, on fait face à des créatures qui vous attaquent sans crier gare, mais à l’intelligence artificielle d’un petit pois. Et comme dans les remakes de Resident Evil, plus vous tirez sur un zombie, plus vous l’écorcherez, mais ici la réalisation est bien plus bancale.

Visuellement, Ebola Village aurait pu se démarquer avec une ambiance de la fin de l’URSS dans le début des années 1990, mais c’est là aussi un zéro pointé. Nous avons été tout particulièrement choqués par la qualité des textures et leur apparition à retardement, mettant jusqu’à deux ou trois secondes à se charger. Difficile à justifier en 2026 compte tenu des technologies actuelles et très accessibles pour le commun des mortels (coucou Unreal Engine). Au passage, le jeu est en langue russe, mais semble avoir été traduit avec une IA pas très efficace.

Conclusion

Ebola Village est un jeu qui pose plus de problèmes qu’il n’apporte de frissons. En s’inspirant sans la moindre retenue de Resident Evil, le titre d’Indie Games Studio franchit allègrement la ligne entre hommage et plagiat assumé, au point d’en devenir presque gênant. Derrière une aventure très courte et techniquement dépassée se cache un gameplay fade, une mise en scène maladroite et une réalisation indigne des standards actuels, même pour une production indépendante. Ni son ambiance, ni ses mécaniques, ni son scénario ne parviennent à justifier son existence autrement que comme une pâle copie d’un monument du genre. Ebola Village n’est ni un bon survival horror, ni une relecture intelligente de Resident Evil, mais une imitation sans âme qu’il est difficile de recommander, même aux plus fervents amateurs du genre.

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Ebola Village

Gameplay 4.0/10
Contenu 5.0/10
Graphismes 5.0/10
Bande Son 5.5/10
Finition 4.0/10
4.7

On aime :

Un design sonore sympathique

Quelques jump scares surprenants

On aime moins :

Un vrai plagiat de Resident Evil

Des textures qui mettent une plombe à charger

Une traduction VF approximative

Visuellement pas incroyable

Des animations ultra datées