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L’UE veut empêcher Google de favoriser sa propre IA sur Android

Après Apple, c’est désormais Google qui se retrouve dans le viseur de Bruxelles : Android serait accusé de verrouiller le jeu de l’intelligence artificielle en poussant Gemini au premier plan.

Il semblerait que la Commission européenne ait un nouveau bouc émissaire après ses âpres échanges avec Apple. Toujours dans le cadre de son fameux Digital Markets Act (DMA), l’Union européenne se tourne cette fois vers Google et son système d’exploitation Android. Pourtant réputé comme ouvert à la concurrence et aux applications externes, Android constituerait malgré tout un gatekeeper.

C’est dans ce sens que les 27 commissaires européens ont annoncé l’ouverture de deux procédures de “spécification” à l’encontre de Google afin d’empêcher la société de prioriser son Gemini face à la concurrence. En d’autres termes : la filiale d’Alphabet doit favoriser le développement de la concurrence sur ses terminaux.

Pour ce faire, l’Europe exige de Google qu’elle opère deux changements majeurs dans son mode de fonctionnement. D’une part, elle requiert la fin du traitement de faveur pour Gemini sur Android. Elle soupçonne en effet Google de favoriser sa propre IA via l’accès prioritaire au micro et à la caméra, le processeur neuronal ou encore les API d’Android. ChatGPT, Copilot ou encore Claude devront bénéficier des mêmes accès, ce qui ne serait pas le cas actuellement.

“Avec les travaux d’aujourd’hui, nous voulons contribuer à garantir que les règles du jeu soient ouvertes et équitables, et nous voulons maximiser le potentiel et les avantages de cette profonde mutation technologique en veillant à ce que les règles du jeu soient ouvertes et équitables, et non biaisées en faveur des quelques plus grands acteurs”, pointe Teresa Ribera, première vice-présidente exécutive de la Commission européenne pour une Transition propre, juste et compétitive et Commissaire à la Concurrence.

Google Search pour entraîner la concurrence

D’autre part, Google se verra contrainte par la Commission de partager ses données de recherche avec la concurrence. Google Search abuserait de sa position dominante sur le marché du web pour entraîner son IA à base des données de recherche, ce à quoi la concurrence n’a pas accès. Bruxelles exige ainsi le partage anonymisé des requêtes, des clics et des vues avec la concurrence afin de permettre aux OpenAI et autres Microsoft de lutter contre Google.

Google a six mois pour se mettre en conformité avec les deux exigences de la Commission. Si elle ne le fait pas, la firme pourrait se voir infliger une amende pouvant atteindre jusqu’à 10% du chiffre d’affaires mondial du groupe. Google s’est justement exprimé à ce propos à nos confrères de Numerama. “Nous craignons que de nouvelles règles, souvent motivées par les griefs des concurrents plutôt que par l’intérêt des consommateurs, ne compromettent la confidentialité, la sécurité et l’innovation des utilisateurs”, a réagit la firme.

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