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Donald Trump veut confier la rédaction des lois à l’IA de Google

En s’appuyant sur l’IA pour rédiger ses réglementations, le Département des Transports américain fait le pari de la vitesse plutôt que de la perfection, assumant une approche dite de flooding the zone : produire beaucoup, rapidement, quitte à affiner ensuite.

Les Etats-Unis sont vraisemblablement sur le point de faire franchir un nouveau cap à l’intelligence artificielle. Le pays veut devenir pionnier en la matière, et Donald Trump semble prêt à tout pour y parvenir. L’administration Trump a en effet présenté au personnel du Département des Transports (DOT) son plan visant à écrire les règlementations fédérales au moyen d’une IA.

Pour y parvenir, le DOT va confier ses projets de lois à l’IA de Google, Gemini, et lui demander d’écrire la loi de manière très rapide et efficace. Bien plus efficace qu’un humain, à en croire le président américain, qui a drastiquement réduit les dépenses du DOT ces derniers mois en supprimant près de 4 000 postes.

Là où la rédaction d’une nouvelle loi par des humains prend plusieurs mois, voire quelques années, Gemini sera capable de fournir un premier brouillon en moins de 20 minutes. “Nous n’avons pas besoin d’une règle parfaite sur XYZ. Nous n’avons même pas besoin d’une très bonne règle sur XYZ. Nous voulons une règle qui soit suffisamment bonne”, justifie Gregory Zerzan, conseiller juridique général du DOT. La qualité risque en effet d’être moins bonne, mais qu’à cela ne tienne. Les promoteurs parlent de “flooding the zone”, à savoir produire beaucoup, rapidement.

De l’IA, mais pas à 100%

Même si l’intégration de l’IA au sein de ce “ministère” risque de faire disparaître davantage d’emplois encore, l’humain continuera d’avoir un rôle important dans le processus de promulgation des lois. Les agents du DOT continueront de superviser, de corriger et de valider les lois fournies par Gemini, avant la publication officielle.

Un avis humain reste impératif pour ce département tant les sujets abordés sont importants pour le quotidien des Etatsuniens. Il est notamment question de sécurité aérienne et aéroportuaire, de pipelines de gaz ou encore de transport ferroviaire. En cas d’erreur, des conséquences désastreuses seraient possibles.

Avec ce projet, le département américain veut devenir “la première agence pleinement habilitée à utiliser l’IA pour rédiger des règles”, se réjouit M. Zerzan. Ce serait en effet une première aux Etats-Unis, mais pas dans le monde. En Albanie, en septembre dernier, le gouvernement annonçait déjà nommer une IA à la tête du ministère des marchés publics, et ce, afin de lutter contre la corruption.

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