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L’IA consomme autant d’eau que toute l’eau en bouteille du monde

Derrière l’essor spectaculaire de l’intelligence artificielle se cache une réalité beaucoup plus lourde : une consommation massive d’électricité et d’eau, encore largement sous-estimée par les chiffres officiels.

Ce n’est un secret pour personne. L’intelligence artificielle telle qu’on la connait aujourd’hui possède un bilan carbone bien pire que certains pays occidentaux, comme le Danemark par exemple. Selon GreenIT, en 2025, le secteur de l’IA aurait émis 41 millions de tonnes d’équivalent CO2 dans le monde, soit à peu près autant que le Danemark ou une ville comme New York. C’est énorme, et ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg. 

Une étude publiée récemment dans Patterns par le chercheur Alex de Vries-Gao s’intéresse aux ressources nécessaires pour faire fonctionner les data centers nécessaires à l’intelligence artificielle. Selon le chercheur néerlandais de l’Université Libre d’Amsterdam, l’IA représente actuellement 20% de la consommation électrique mondiale des data centers, avec 23GW de puissance nécessaire pour les faire fonctionner. Cela représente autant d’électricité que le Royaume-Uni tout entier.

Des chiffres largement sous-estimés

Pire encore, l’étude indique que c’est au niveau de la consommation en eau que l’intelligence artificielle affiche un bilan catastrophique. Pour fonctionner correctement et de manière optimale, les serveurs ont besoin d’être refroidis avec de l’eau. En 2025, on estimait les besoins en eau de l’IA entre 312,5 et 764,6 milliards de litres. C’est autant que la consommation mondiale annuelle d’eau en bouteille. 

Ce graphique représente la consommation en électricité (TWh), en eau (miliards de litres) et la production de CO2 (millions de tonnes) de l’IA en 2025.

Mais le problème, c’est que ces chiffres fournis par l’Agence internationale de l’énergie (IEA) sont probablement bien trop bas. On distingue en effet le concept de consommation d’eau directe ou indirecte. La consommation d’eau directe est celle utilisée pour refroidir les serveurs, tandis que la consommation indirecte est celle dont le fournisseur d’énergie a eu besoin pour produire de l’électricité. L’IEA estime que deux tiers de l’eau consommée par les data centers est indirecte, mais quasi aucune entreprise de l’IA ne la déclare, sous-entendant qu’elles ne sont pas gestionnaires d’électricité. Difficile d’imaginer donc les vrais chiffres, qui sont probablement trois voire quatre fois pires.

De l’eau potable, vraiment ?

700 milliards de litres d’eau consommés en 2025. D’où provient cette eau ? Est-elle est potable ? Une part significative de cette eau est, en effet, potable au départ. C’est de l’eau industrielle traitée issue du même réseau que l’eau de boisson. Les serveurs ont besoin d’une eau très propre, pauvre en minéraux, pour fonctionner afin d’éviter la corrosion et l’encrassage. 

Après usage, cette eau est refroidie, dans la plupart des cas, par évaporation. Elle disparaît dans l’atmosphère, n’est renvoyée ni dans les nappes phréatiques, dans les rivières, et est parfois perdue définitivement. C’est plus rare, mais certains industriels refroidissent l’eau en circuit fermé. Elle est alors rejetée plus chaude, parfois chargée en produits chimiques. Et avant d’être “réutilisable”, il faut la traiter, consommant par la même occasion de l’énergie.

A une époque où encore 25% de la population mondiale ne dispose pas d’un accès à l’eau potable, c’est difficile à accepter. C’est malheureusement le prix à payer pour générer des vidéos humoristiques avec Grok ou pour élaborer le programme de votre voyage à venir avec ChatGPT.

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