Crédits : Unsplash

Une carte interactive pour voir les dégâts d’une bombe nucléaire partout dans le monde

Alex Wellerstein est un historien des armes nucléaires et un professeur associé à l’Institut de technologie Stevens, à Hoboken, dans le New Jersey. Il est à l’origine d’un simulateur de bombe nucléaire. Le contexte actuel de tensions international nous amène à revenir sur cette expérience virtuelle qui a vu le jour en 2012 et qui connaît un certain succès.

La mission de Nukemap est de montrer l’effet d’une détonation nucléaire n’importe où sur le globe. Dans la description du simulateur, Alex Wellerstein, le créateur, indique que cet outil éducatif vise à aider les utilisateurs à visualiser l’impact des armes nucléaires de façon claire et intuitive. Et donc, de les aider à se rendre compte de l’ampleur de ces explosions. “Certaines personnes pensent qu’elles détruisent tout ce qui existe dans le monde d’un seul coup, d’autres pensent qu’elles ne sont pas très différentes des bombes conventionnelles. La réalité se situe quelque part entre les deux : les armes nucléaires peuvent causer d’immenses destructions et d’énormes pertes de vies humaines, mais les effets restent compréhensibles à l’échelle humaine”, s’exprime le créateur dans une déclaration sur le site Web du simulateur.

Simuler une explosion

En fait, il s’agit d’une carte interactive utilisant l’API Google Maps et des données non classifiées. À partir de celle-ci, les utilisateurs peuvent sélectionner un lieu et modéliser les impacts locaux d’une explosion. Et ce, tout en tenant compte de divers facteurs. Par exemple, de la puissance de l’arme et du fait qu’elle explose ou non à la surface ou dans les airs. La carte indique également l’endroit où les retombées nucléaires se répandront et les dimensions du champignon atomique.

Une capture d’écran de l’outil Nukemap montrant les impacts d’une détonation nucléaire hypothétique de l’arme “Tsar Bomba” sur la ville de Bruxelles et de ses environs. Crédits : Nukemap.

Mais ce n’est pas tout. La simulation permet aussi d’estimer le nombre potentiel de morts et de blessés selon le type d’explosion. À savoir que les retombées nucléaires définissent les radiations “à court terme”. Ces dernières sont les résidus radioactifs de l’explosion qui “tombent” du champignon atomique après la détonation de la bombe. Ils restent actifs pendant les semaines ou les mois suivants l’explosion.

Une célébrité qui pose question

“Mes sentiments à l’égard des statistiques d’utilisation de la Nukemap sont toujours un peu contradictoires, car les modèles d’utilisation ont tendance à être plus faibles lorsque les gens sont moins inquiets des détonations nucléaires”, écrit Alex Wellerstein sur son site. Et ce, alors qu’il considère que les gens devraient en général être plus inquiets des détonations nucléaires en dehors des périodes de crise.

Un graphique montre d’ailleurs que l’utilisation du site a explosé suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février dernier. “Sur les 7 millions de visiteurs de cette période, près de 6 millions ont été enregistrés à partir du 24 février”, indique le créateur.

Crédits : Nukemap

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