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Fraude fiscale, Ponzi… le Luna continue à faire trembler le monde des cryptos

Face à l’effondrement de l’UST et du jeton Luna, Terraform Labs a adopté une démarche qui surprend. Son PDG, Do Kwon, fait quant à lui face à une vague de critiques sur les réseaux sociaux. 

Ce sont en tout près de 40 milliards de capitalisation qui se sont envolés en l’espace de quelques heures. En cause, la vente massive d’UST qui n’a pas pu être gérée par l’algorithme mis en place par la société Terraform Labs. Face à ce problème, la société a dans un premier temps annoncé qu’elle n’était plus en mesure d’assurer la sécurité de son écosystème face aux attaques avant d’annoncer deux jours plus tard avoir relancé la machine. Mais malgré cela, le Luna n’a jamais repris des couleurs et stagne toujours à 0,00016 euros alors qu’il était à plus de 80 euros début mai.

Sur les réseaux sociaux, certains expliquent cette chute vertigineuse par une potentielle manipulation de la part d’une institution tierce. C’est le cas de Charles Hotkinson, fondateur de la plateforme blockchain Cardano, qui explique qu’il s’agirait vraisemblablement d’un organisme qui serait parvenu via un système de Ponzi à provoquer la panique et forcer les investisseurs à la vente. D’autres évoquent une possible implication de Do Kwon, le PDG de Terraform Labs.

L’évasion fiscale de Do Kwon

Face à ce cataclysme dans le monde des cryptomonnaies, les autorités sud-coréennes ont annoncé qu’une enquête avait et allait être diligentée à l’encontre de Do Kwon, le PDG de Terra, et de son entreprise. La première enquête a permis de mettre en lumière l’évasion fiscale de l’entreprise Terraform Labs.

Dans un rapport relayé par Naver News, on apprend que, mécontent de la taxation en vigueur en Corée du Sud par rapport aux cryptomonnaies, Do Kwon aurait basé l’entreprise sur les Îles Vierges avec un siège social à Singapour et un “siège de la direction effective” en Corée. Le but était de compenser les pertes du protocole d’ancrage mais aussi et surtout d’éviter les taxes. Une amende a été dressée s’élevant à quelques 100 milliards de wons, soit près de 78 millions de dollars.

Sur Twitter, Do Kwon qui est réfugié à Singapour depuis décembre 2021, ne nie pas l’évasion fiscale mais dit s’être complètement affranchi de la dette qu’il avait auprès des autorités sud-coréennes.

Autre point que l’enquête devra éclaircir, la tentative de liquider les actions de Terraform Labs peu avant le crash de la Luna.

273 millions de tokens détruits

Le 23 mai, Do Kwon a partagé sur son Twitter une adresse à laquelle les détenteurs de Luna pouvaient envoyer leurs jetons afin qu’ils soient détruits. S’il laisse la possibilité aux détenteurs de “brûler” leurs tokens, Do Kwon ne le préconise pas en appuyant le fait qu’en se débarrassant des jetons, rien ne se passe, c’est une perte simple.

Mais le lien de Do Kwon a été partagé en masse sur les forums spécialisés en cryptomonnaies. Sur l’un, on peut lire “Si vous aimez le Luna, alors brûlez une partie de vos jetons“. Un appel qui a été entendu puisqu’en l’espace de quelques heures, 273,35 millions des 6,5 trillions de jetons Luna disponibles ont été “brûlés”. Une action qui a eu pour conséquence de voir la valeur du token augmenter très légèrement. Avant que cette dernière ne rechute quelques heures plus tard.

Un Luna 2.0

Il s’agit très certainement du chant du cygne de la cryptomonnaie Luna. Dans un thread Twitter paru le 16 mai, Do Kwon a annoncé l’éventuelle division du réseau Terra en une nouvelle chaîne sans stablecoin algorithmique TerraUSD qui a, pour rappel, conduit à la situation actuelle. La nouvelle chaine créée coexistera avec l’ancienne chaîne. Il s’agit de ce que l’on appelle dans le monde des cryptomonnaies d’un “fork”. Une division au sein d’une blockchain. La nouvelle blockchain ainsi constituée se veut appartenir à 100% à sa communauté et, de facto, ne plus dépendre d’une monnaie.

Il y aura donc la Luna Classique (LUNC) ainsi que la Luna. De nouveaux jetons vont devoir être créés et seront distribués aux détenteurs d’UST et à diverses personnes en lien avec la création de cette cryptomonnaies. L’approche a toutefois de quoi mécontenter les investisseurs qui ont tout perdu – ou presque – dans cette mésaventure. Sur les réseaux sociaux, les internautes sont nombreux à questionner les démarches de Do Kwon. Plusieurs théories évoquent même assez ouvertement un Ponzi organisé en interne. Mercredi, un analyste mettait ainsi en avant l’implication du PDG de Terraform Labs dans un autre projet de cryptomonnaies, le Mirror Protocol, qui ne serait ni plus ni moins qu’une arnaque. Des accusations qui restent difficiles à vérifier sans une enquête complète.

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