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“Cardano pourrait dépasser Ethereum un jour” : entretien exclusif avec l’un des ingénieurs du projet

Ingénieur spécialisé dans la blockchain, Michiel Bellen croit dur comme fer dans le projet de blockchain de Charles Hotkinson. Lors d’un entretien, il nous a expliqué pourquoi Cardano a le potentiel de renverser un jour la suprématie d’Ethereum. 

Je me suis lancé dans la blockchain en 2017. J’étais à Gand pour rencontrer un client. C’était quelqu’un de très enthousiaste, qui parlait beaucoup de Bitcoin et de cryptomonnaies. Je me suis dit: peut-être faudrait-il que je m’y intéresse aussi? Je suis rentré à la maison et j’ai commencé à m’instruire. Je me suis renseigné sur le Bitcoin, l’Ethereum… et en octobre, j’ai entendu pour la première fois parler de Cardano. C’était dans une vidéo de Charles Hotkinson, le fondateur du projet” explique Michiel Bellen. “Ce soir là, j’ai regardé la vidéo quatre ou cinq fois d’affilée.

Basé à Saint-Trond, Michiel Bellen est aujourd’hui le seul ingénieur du projet originaire de Belgique. Il a rejoint l’aventure en cours de route et ne le regrette absolument pas.

Cardano est d’après moi en tout point supérieur à la blockchain Ethereum” assure le jeune ingénieur. “C’est un projet qui est fondé sur un modèle proof-of-stake” – par nature moins énergivore et coûteux qu’une blockchain basée sur un modèle proof-of-work, comme le sont par exemple le Bitcoin ou l’Ethereum. Contrairement aux autres projets qui utilisent le modèle “proof-of-stake”, Cardano présente toutefois la particularité d’être extrêmement sécurisé. “Il est totalement décentralisé avec plus de 3.000 validateurs à travers le monde. N’importe qui peut prendre part au processus, créer son propre pool, qui va venir renforcer le réseau, et être récompensé avec des jetons ADA.” Contrairement à d’autres projets du même type, les jetons ne sont pas “bloqués”. “Ils restent en votre contrôle.

Le projet attire également de nombreux passionnés. “C’est quelque chose qui me plait beaucoup. De nombreux “stakers” donnent les revenus générés par leurs liquidités à des organisations caritatives, pour lutter contre la déforestation par exemple” explique Michiel Bellen. De facto, depuis sa création, le projet a la réputation d’être une blockchain de philanthropes. Cardano a aussi opté pour une approche très transparente. Chaque update est détaillé, la communauté peut voter sur les futurs ajouts et son créateur passe beaucoup de temps à informer les utilisateurs sur le projet.

La blockchain Cardano est beaucoup plus rapide, plus verte et moins coûteuse à utiliser que les projets de blockchains concurrents. “Ce n’est pas un clone de la blockchain Ethereum, contrairement à de nombreux autres projets. On est vraiment parti de zéro et on a tout réimaginé. En ce sens, je pense que le projet est supérieur à n’importe quel autre projet de blockchain. Celles qui affirment être plus rapides sont plus centralisées.

En terme de programmation, Cardano a des années d’avance sur ses concurrents. C’est un environnement beaucoup plus sûr et qui est surtout évolutif” assure l’ingénieur.

Le projet a pourtant été très critiqué pour sa lenteur. En 2021, la fondation a lancé les Smart Contracts sur son réseau, une technologie qui permet à des acteurs de venir greffer des logiciels sur la blockchain. Michiel Bellen le reconnait : le lancement a été compliqué. “Il y a toujours une courbe d’apprentissage.” Toutefois, des projets émergent sur la plate-forme. “Chaque jour, on améliore le réseau. On enchaine les mises à jour sans interruption depuis janvier. Et la demande est très forte. Les Smart Contracts enregistrent une forte croissance sur le réseau. Avec la prochaine mise à jour, tout ira beaucoup plus vite.” Pour Michiel Bellen, le projet avance certes lentement, mais l’approche “pas à pas” permet d’adapter continuellement la direction du projet. “Sur le long terme, Cardano pourrait bien dépasser Ethereum. Tout le monde parle d’Ethereum 2.0, du passage du Proof-of-work au Proof-of-stake, mais ce n’est pas si facile. C’est comme vouloir remplacer quatre pneus en roulant à 200km/h. Le réseau Ethereum a de nombreux problèmes. De mon point de vue, il aurait du rester sur son modèle initial.

Pour l’ingénieur, peu de solutions sont viables. Il existe toutefois quelques concurrents qui pourraient également devenir des concurrents majeurs. “Polkadot est un concurrent très décent, la blockchain Avalanche aussi. Solana a du potentiel, mais a rencontré de nombreux soucis liés au manque de sécurisation de son réseau. Binance est, à l’inverse, hypercentralisé. Au final, ce qui comptera, c’est l’interopérabilité de ces réseaux. Vous ne voudrez pas être limité à un seul écosystème. C’est une approche qui ne fonctionne pas. Il faudra donc définir des standards.”

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