Ce lundi, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), a publié une note sur son site. En clair, le gendarme français des données personnelles veut rappeler que, même avec l’euro numérique, les utilisateurs doivent avoir la liberté de choisir leur moyen de paiement. Cette liberté de choix est un moyen de garantir la maîtrise de la quantité de données collectées lors d’un paiement. Dans la même note, la Cnil alerte face au fait qu’il n’est pas certain que l’euro numérique garantisse “l’absence de traçage des achats effectués et de risque pour la vie privée”. Selon le gendarme, “les conditions d’émission et de distribution en ligne de l’euro numérique apparaissent difficilement compatibles, d’un point de vue technologique, avec un anonymat total dans l’usage”.

L’Euro numérique pourrait arriver dès 2025

La Commission européenne prévoit de proposer un projet de loi pour un euro numérique au début de l’année prochaine.

Un prochain projet de loi pour un euro numérique servira de base juridique aux travaux techniques en cours de la Banque centrale européenne (BCE). Ces derniers visent le déploiement d’une version virtuelle d’un billet ou d’une pièce en euros.

En juillet dernier, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a annoncé sur Twitter que la banque avait “décidé de passer à la vitesse supérieure et de lancer la phase d’investigation du projet d’euro numérique”.

La course à la monnaie virtuelle

Face à la popularité croissante des crypto-monnaies, les banques centrales du monde entier développent des monnaies virtuelles.

“Notre objectif est de déposer un projet de loi au début de 2023”, a déclaré la responsable des finances de l’Union européenne, Mairead McGuinness, le 9 février dernier lors d’un événement FinTech.

Ainsi, la banque centrale européenne (BCE) mène actuellement des expériences internes avec l’euro numérique et prévoit de commencer à travailler sur un prototype à la fin de 2023. Ensuite, les gouverneurs de la zone euro devront considérer si la frappe d’un euro numérique en vaut la peine. Le but est d’évaluer si cette monnaie virtuelle risque de déstabiliser le système financier. S’ils jugent que non, alors elle pourrait voir le jour en 2025, au plus tôt.

À noter qu’avant d’avoir force de loi, le projet de loi devra passer par des négociations au sein des capitales européennes et du Parlement.

Un risque de déstabilisation

Une fois déployé, il est possible que l’euro numérique modifie considérablement le rôle des banques commerciales conventionnelles.

En clair, les banques pourraient perdre leur rôle de premier plan. Concrètement, si les gens convertissent massivement leur argent en cette monnaie numérique régulée et gérée par la BCE, cela pourra entraîner une diminution de la liquidité des banques. Ainsi, les banques centrales veulent éviter que le boom des crypto-monnaies ne finisse par menacer leurs monnaies officielles.

Face à ce risque, la BCE rassure, “cet euro numérique viendrait en complément de l’argent liquide, il ne vient pas le remplacer”. Il constituerait en fait une réponse à l’attrait des crypto-monnaies telles que le bitcoin ou l’Ethereum. Jusqu’à présent, ces deux crypto-monnaies “n’ont guère été utilisées pour les opérations commerciales quotidiennes” mais leurs “crypto-monnaies dérivées ou alternatives cherchent à devenir des protagonistes dans ces domaines”.

La monnaie virtuelle comme nécessité

Depuis l’année dernière, l’Allemagne et la France exhortent la BCE à accélérer le processus de création d’une monnaie numérique. Dans un contexte de déploiement mondial, les deux pays craignent que la zone euro prenne du retard face à la concurrence.

En effet, la Banque populaire de Chine a entamé sa transition vers un yuan numérique en 2014. Le pays a d’ailleurs intensifié les tests publics de sa monnaie numérique e-CNY lors des Jeux olympiques de Pékin. De son côté, le ministère indien des Finances s’est engagé à proposer une version virtuelle de la roupie au plus tard cette année. Enfin, une crypto-monnaie officielle est en cours de développement aux États-Unis.

“Si nous ne satisfaisons pas cette demande, d’autres le feront”, a déclaré Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, aux députés européens à la mi-novembre. “En tant que colégislateurs, vous jouerez un rôle clé dans toute modification du cadre législatif européen qui pourrait être nécessaire pour introduire un euro numérique”.

Quid de l’anonymat des paiements ? 

Ce lundi, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), a publié une note sur son site. En clair, le gendarme français des données personnelles veut rappeler que, même avec l’euro numérique, les utilisateurs doivent conserver la liberté de choisir leur moyen de paiement. Cette liberté de choix est un moyen de garantir la maîtrise de la quantité de données collectées lors d’un paiement, insiste le gendarme.

Dans la même note, la Cnil alerte face au fait qu’il n’est pas certain que l’euro numérique garantisse “l’absence de traçage des achats effectués et de risque pour la vie privée”. Selon elle, “les conditions d’émission et de distribution en ligne de l’euro numérique apparaissent difficilement compatibles, d’un point de vue technologique, avec un anonymat total dans l’usage”.

 

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