La Chine a testé son “soleil artificiel”

La Chine établit un nouveau record mondial dans le développement d’un “soleil artificiel”.

La Chine a fait une nouvelle percée dans sa quête d’énergie de fusion propre. Selon les médias d’état, un de ses “soleils artificiels” aurait atteint un nouveau record de température : 70 millions de degrés Celsius pendant plus de 17 minutes.

Un nouveau record de température

Le tokamak supraconducteur expérimental avancé (EAST), une installation de recherche sur les réacteurs de fusion nucléaire, a fonctionné à 70 millions de degrés Celsius pendant 1 056 secondes (17 minutes, 36 secondes), rapporte Xinhua. Cela représente une température cinq fois plus élevée que celle du soleil, qui peut atteindre les 15 millions de degrés.

Déjà en mai, l’EAST avait réussi à générer une température de plasma (gaz chaud) de 120 millions de degrés Celsius pendant 101 secondes. Pendant 20 secondes supplémentaires, l’installation avait ensuite atteint un pic de température de 160 millions de degrés Celsius. Soit plus de 10 fois la température du soleil.

Cette réussite rapproche les scientifiques d’une source d’énergie propre quasi illimitée.

Opération fusion

“La récente opération a permis de poser des bases scientifiques et expérimentales solides en vue de l’exploitation d’un réacteur à fusion”, a déclaré dans un communiqué le scientifique Gong Xianzu. Chercheur à l’Institut de physique des plasmas de l’Académie chinoise des sciences, c’est lui qui est chargé du projet EAST ou “soleil artificiel”.

L’installation est appelée “soleil artificiel” parce qu’elle imite la réaction de fusion nucléaire qui alimente le vrai soleil. En effet, l’énergie de fusion utilise de l’hydrogène et du deutérium comme combustibles. Concrètement, elle exploite des températures extrêmement élevées pour faire bouillir des isotopes d’hydrogène dans un plasma, les fusionner et libérer de l’énergie.

La fusion est considérée par certains scientifiques comme “la” solution pour un avenir énergétique neutre en carbone. En effet, ce processus est plus rentable que la fission et ne crée pas de déchet radioactif de haute activité. Contrairement aux combustibles fossiles tels que le charbon, le pétrole et le gaz naturel, qui sont en voie d’épuisement et constituent une menace pour l’environnement, les gaz de deutérium sont abondants sur terre, sont propres et produisent un minimum de déchets.

Un défi international

EAST est l’un des trois grands tokamaks en service en Chine. Le réacteur de fusion tokamak HL-2M se trouve à Chengdu, dans le sud-ouest de la Chine. Il est en service depuis décembre dernier. Le troisième se trouve dans la ville centrale de Wuhan.
L’expérience EAST a débuté début décembre, durera jusqu’en juin. Elle devrait coûter à la Chine plus de mille milliards de dollars.

Sur le long terme, l’objectif du tokamak EAST est de tester les technologies d’un projet de fusion encore plus important. Il s’agit du mégaprojet de réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER), actuellement en cours de construction à Marseille, en France. Considéré comme le plus grand réacteur nucléaire du monde, il est le fruit d’une collaboration entre 35 pays. Des efforts similaires sont en cours aux États-Unis, en Europe, en Russie et en Corée du Sud.

Sur le long terme, les scientifiques espèrent que cette machine permettra d’exploiter la puissance de la fusion nucléaire. En effet, si Pékin le soutient, le “soleil artificiel” pourrait fournir de l’électricité dans dix ans.

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