Token et coin : comprendre les différences

Pour un débutant, pas facile de faire la différence entre un coin et un token. Il convient toutefois de distinguer ces deux catégories d’actifs. 

S’il est courant de parler d’une cryptomonnaie au sens large, il existe pourtant deux grandes catégories d’actifs : les tokens et les coins.

Les termes sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais ne désignent pas exactement la même chose. Un “coin” est une unité de valeur qui est propre à une blockchain. Un “token” ou “jeton” en français, est une unité de valeur d’un actif numérique qui n’a pas sa propre blockchain. Concrètement, on parle donc d’un “coin” pour le Bitcoin (BTC), le Cardano (ADA), l’Ether (ETH) ou l’Avalanche (AVAX), et d’un token pour une cryptomonnaie utilisant l’une de ces blockchains, par exemple, le Tether (USDT), le Shiba-Inu (SHIB), ou le Basic Attention Token (BAT), qui reposent tous sur la blockchain Ethereum.

Théoriquement, il est beaucoup plus facile de créer un token qu’un coin. Parce que dans le cas d’un coin, il faut créer toute une technologie qui va avec, et notamment un modèle économique. Un token peut théoriquement être créé en quelques minutes seulement… Attention toutefois à ne pas prendre de raccourcis : certains tokens ont une réelle utilité, à l’image du MATIC, qui a été créé par exemple pour réduire les frais de transactions sur la blockchain Ethereum, ou du Tether, qui est un stablecoin, une cryptomonnaie dont le cours est basé sur celui d’un actif “du monde réel”, en l’occurrence, le dollar.

Le terme “stablecoin” est, à ce titre, partiellement erroné car le Tether (USDT) est bel et bien un token et non pas un coin. De quoi venir ajouter à la confusion!

Par nature, le token est donc conçu pour être échangé sur une blockchain particulière et être compatible avec celle-ci. Un coin est donc techniquement un jeton, on parlera bien souvent de “jetons ETH”. Mais l’inverse n’est pas vrai. Un jeton n’est pas un coin, même si ce terme figure dans son nom.

Il convient pour cette raison d’être très attentif au moment d’investir. Car si vous ne payerez pas de frais importants à l’achat sur une plate-forme d’échange comme Binance, vous aurez peut-être une mauvaise surprise en transférant les fonds dans votre wallet. Les “jetons” Ethereum vont souvent de paire avec des frais de transfert très élevés. Pour les transférer vers son wallet, un individu devra payer des frais de transaction en ether (ETH).

L’autre différence fondamentale entre les deux types d’actifs, c’est que, par nature, un projet qui est porté par sa propre blockchain décollera beaucoup plus haut et survivra bien plus longtemps dans le temps qu’un simple token dont l’existence peut être menacée par la fermeture de la blockchain qu’il exploite… Les fondamentaux sont différents. L’intérêt du MATIC pourrait par exemple être remis en question le jour ou les créateurs d’Ethereum décident de réduire les frais de transactions de la blockchain.

Autre défaut des tokens, c’est qu’à l’exception de quelques projets, on trouve tout de même un paquet de “déchets”. Aucune connaissance en programmation n’est nécessaire pour créer un token. Certains sites permettent de créer son propre token en 5 minutes top chrono. Et les arnaques sont nombreuses : certains créateurs de tokens gardent la quasi-totalité des tokens en leur disposition et manipulent volontairement les marchés. Ils n’hésitent pas non plus à utiliser des influenceurs pour faire le buzz sur les réseaux sociaux. C’est pour cette raison qu’il est toujours conseillé de se renseigner sérieusement sur un projet avant d’y placer ses sous. En consultant, notamment, le whitepaper du projet.

Dernier point qu’il s’agit d’aborder : certaines blockchains se caractérisent par l’existence d’un “carburant” (“gas” en anglais). Dans le cas de la blockchain Theta, le Theta Fuel jouera ce rôle. Il s’agit d’une cryptomonnaie dont le but principal consiste à payer les frais de transactions de contrats intelligents sur la blockchain. Dans le cas de la blockchain Ethereum, le “gas fee” est l’ETH. Il ne s’agit donc pas d’un élément que l’on retrouve systématiquement sur chaque blockchain.

Enfin, vous noterez que l’on a beaucoup parlé d’Ethereum, et peu des autres blockchains. Pour une simple et bonne raison, si les écosystèmes du Polkadot, de Solana, du Cardano ou d’Avalanche se développent, la vaste majorité des tokens reposent encore sur le réseau d’Ethereum. Et ce, pour une bonne raison : l’Ethereum était l’une des premières blockchains à venir rivaliser avec le Bitcoin. Sa capitalisation dépasse aujourd’hui les 500 milliards de dollars. Les blockchains Solana et Cardano sont, à titre de comparaison, dix fois plus petites en terme de capitalisation.