Test – Hell Let Loose : plongée au cœur de la Seconde Guerre mondiale

Avec Hell Let Loose, Team17 vient marcher sur les plates-bandes des mastodontes que sont Battlefield et Call of Duty. Et pourtant, le titre indépendant vise un public bien différent de celui des deux superproductions…

Qui aurait cru que le petit projet qu’était Hell Let Loose bénéficierait du coup de projecteur qu’est le sien actuellement, avec notamment l’offre du PS Plus ? En effet, le titre, développé par le studio Black Matter, était, au départ, considéré comme le petit poucet, financé en grande partie en 2017 par une campagne Kickstarter. 220.000 $ avaient ainsi pu être récupérés pour son développement, avant qu’il ne débarque en accès anticipé deux ans plus tard sur Steam… le 6 juin.

Petit à petit, le titre s’est mis à jour, gagnant de nouvelles cartes, des nouvelles fonctionnalités et corrigeant certains bugs. Initialement prévu sur Xbox One, PS4 et PC, Hell Let Loose a vu sa sortie postposée sur consoles next-gen. 

Clairement, Hell Let Loose ne s’adresse pas au même public que les Battlefield et autres Call of Duty. Là où ceux-ci privilégient l’action et le sensationnel, Hell Let Loose se veut bien plus fidèle aux batailles de la Seconde Guerre Mondiale. Au lieu d’être un FPS d’action, la production de Black Matter est plutôt une simulation, promettant au joueur la retranscription parfaite de la guerre. C’est bien simple, une fois que nous avons pénétré une partie et que nous sommes sur le champ de bataille, nous n’avons plus l’impression d’être dans un jeu, mais bien dans la réalité. D’un point de vue retranscription de la réalité, on ne fait pas mieux. La moindre balle qui vous touche peut par exemple mener à votre mort, et les soins sont primordiaux pour éviter que l’hémorragie n’empire. Une fois notre chargeur vide, notre soldat ne va pas automatiquement recharger l’arme. C’est à vous qu’il convient de recharger lorsqu’il le faut votre équipement, au risque de vous retrouver dans une situation délicate lors de laquelle manquer de munition peut s’avérer fatal.

Plongé sur le champ de bataille, nous entrons directement dans le vif du sujet. Dans des combats à 50 contre 50, le titre nous met soit dans la peau des Allemands pour l’Axe, soit dans la peau des Russes ou des Américains pour les Alliés. Deux modes de jeu sont actuellement proposés, ce qui, il faut bien l’admettre, est un peu peu en l’état. Warfare requiert qu’une des deux équipes contrôle la totalité ou une majorité des secteurs avant la fin du temps imparti. En Offensive, une équipe contrôle et doit défendre tous les secteurs de la carte face à une équipe qui a pour but de les prendre en un temps limité. Des modes de jeu qui ne sont pas révolutionnaires ni inédits, mais qui ont l’avantage de faire le boulot, et de le faire plutôt bien. On aurait d’ailleurs aimé que le titre propose d’autres modes de jeu comme un mode mission par exemple, qui auraient quelque peu justifié le prix de 40 € demandé pour le titre. Car on ne va pas vous le cacher, ce type de jeu est généralement proposé sous une forme free-to-play.

C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait parfois regretter en jouant au titre. Le contenu n’est pas énorme compte tenu du prix. Outre les deux modes de jeu, le titre vous propose actuellement de ne contrôler que trois nations. D’autres vont débarquer à l’avenir, comme les Japonais, les Britanniques et les Canadiens, mais pour le lancement, c’est assez léger. 9 cartes, prenant part en Russie, Belgique ou encore en Allemagne sont actuellement proposées, alors que d’autres sont, là aussi, annoncées par les développeurs. Hell Let Loose paraît ainsi incomplet, avec beaucoup de promesses de la part des équipes de Black Matter qui, on l’espère, seront vite tenues. 

En soi, Hell Let Loose, c’est un peu comme si vous étiez propulsé directement dans la peau de vos soldats dans Company of Heroes ou tout autre STR de la Seconde Guerre mondiale. La stratégie est primordiale pour espérer remporter la bataille, et ce, en communiquant avec vos partenaires de jeu. Dans Hell Let Loose, la communication est le nerf de la guerre. Avec un logiciel habilement conçu, le titre vous demande de rester en perpétuel dialogue avec vos camarades, mais également avec les autres grades présents sur le champ de bataille. En effet, HLL a fait du statut des joueurs son cheval de bataille. Les commandants gèrent le champ de bataille et donnent des ordres à tous, tandis que les officiers gèrent leur unité, discutent avec leurs soldats et communiquent directement avec le commandant. Une habile utilisation du chat vocal qui, s’il n’est pas possible pour certains joueurs, peut être remplacé par des messages textuels. 

Nous vous parlions des commandants et officiers, mais il faut savoir que Hell Let Loose propose une bonne dizaine de classes de soldats, toutes différentes autant d’un point de vue esthétique qu’au niveau de leur arsenal. Mitrailleur léger ou lourd, ingénieur, soigneur, fusilier… Il y en a pour tous les goûts et toutes les préférences d’approche. Sur ce point, HLL est plutôt complet et fidèle à la réalité, ce que nous apprécions toujours autant dans le titre.

Le titre est tellement réaliste qu’il peut parfois perdre certains joueurs. L’ATH disparaît immédiatement pour plonger au plus près de l’action le joueur, tandis qu’en début de partie, on doit parfois courir pendant plusieurs dizaines de minutes avant de rencontrer les ennemis, qui partent aussi de leur QG, situé à l’autre bout de la carte. Hell Let Loose peut aussi, par moments, être ingrat vis-à-vis du joueur, notamment lorsqu’il tue un adversaire. En effet, rien ne vous indique si vous avez tué ou pas un ennemi, et ce n’est bien souvent qu’à la fin que vous découvrez le nombre de victimes qui sont les vôtres. Un choix audacieux de la part des développeurs, qui vient bien évidemment ajouter en réalisme à la production, mais qui ne conviendra pas à tout le monde. Les premiers pas sont souvent confus, puisqu’il n’y a pas de tutoriel ou d’explications sur le fonctionnement du titre. 

Visuellement, on ne peut pas dire qu’Hell Let Loose soit un joli jeu. Toutefois, son ambiance, sa direction artistique et la reproduction terriblement fidèle des espaces de jeu immergent parfaitement le joueur au coeur des batailles. Les développeurs ont travaillé d’arrache-pied pour que les environnements soient calqués sur la réalité, avec des images satellites ainsi que des photos et vidéos d’époque utilisées. Il est en revanche dommage que le titre ne bénéficie pas plus des capacités de l’Unreal Engine 4 et de celles des consoles next-gen, puisque les différentes textures et les graphismes ne sont pas folichons. Les différents effets de particules, comme la fumée, sont eux aussi largement en deçà de ce que l’on pourrait attendre. Ajoutez à cela les nombreux problèmes d’affichage, comme le clipping qui est omniprésent, et Hell Let Loose se présente comme une oeuvre inachevée. Mais qu’à cela ne tienne, les puristes le diront et le répéteront : le principal n’est pas là, c’est le ressenti manette en mains qui compte ! Et comme nous l’expliquions, Hell Let Loose fait divinement bien le job sur ce point.

Le résultat est également mitigé du côté de la bande sonore. Dans le fond, les batailles sont très fidèlement reproduites. Des balles fusent de tous côtés, les explosions sont légion et sont fidèles à la réalité, tout comme les bruitages des différentes armes et véhicules. Toutefois, on regrettera que les parties ne soient pas plus vivantes et qu’elles ne dépendent uniquement que du chat vocal pour ce qui est de l’animation vocale des soldats. Si vous ne jouez pas avec des amis, que vous êtes qu’avec des étrangers dont vous ne comprenez rien à la langue et qu’ils crient sans arrêt, alors la partie sera un réel enfer pour vous. De plus, sur la cinquantaine de vos coéquipiers, seuls une petite dizaine parle. Les soldats sur le champ de bataille ne font du bruit que par l’intermédiaire des joueurs qui les contrôlent, ce qui rend certains moments plus ternes, alors que l’on aurait aimé entendre des soldats crier, geindre avant la mort… Que nenni, il faudra vous contenter de Gunther, John et Pedro qui piaillent dans leur langue natale. 

Conclusion

Hell Let Loose se veut un jeu de guerre en multijoueur élitiste avec son gameplay exigeant. Les équipes de Black Matter ont ici voulu créer le FPS le plus réaliste qui soit. Une fois déployé sur le champ de bataille, l’immersion est complète. Les balles sifflent, la mort est tout autour de vous et la moindre petit erreur peut vous être fatale. Hell Let Loose ne s’adresse clairement pas aux fans de Call of Duty. Il s’agit d’un titre beaucoup plus réaliste, qui nécessite de jouer en équipe pour capturer des positions ennemies, mais aussi de communiquer. La communication, comme sur un champ de bataille, est primordiale dans Hell Let Loose. Le système est d’ailleurs bien pensé et invite toujours les joueurs à parler entre eux en fonction de leur grade. En revanche, cela se fait au détriment du sound design, puisque l’on n’entend quasiment rien sur le champ de bataille si personne ne parle, si ce n’est les balles qui fusent. Hell Let Loose est, certes, un excellent FPS, mais il n’en demeure pas moins exempt de tous défauts. Le contenu est par exemple assez maigre, avec seulement trois factions, deux modes de jeu et 9 cartes. Visuellement, le titre n’est clairement pas à la hauteur des autres productions actuelles et il pâtit même de multiples bugs d’affichages. En l’état actuel, Hell Let Loose est un bon FPS, mais qui ne demande qu’à s’améliorer et à s’enrichir en contenu au fils des mois. A 40€, la note reste toutefois salée pour un titre qui aurait très bien pu être proposé sous une forme free-to-play. 

Hell Let Loose

Gameplay 8.0/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 7.0/10
Finition 6.0/10
7.0

On aime :

Le sentiment d'immersion

Un gameplay exigeant mais satisfaisant

Le système de communication très réussi

Des mécaniques de tir soignées

On aime moins :

Beaucoup de bugs d'affichage et pas très joli

On peut parfois rester longtemps sans croiser un ennemi

Peut-être trop exigeant ...

Des batailles qui manquent de vie au niveau sonore

Le prix de vente (39,99€)