El Salvador est le premier pays au monde à adopter le Bitcoin comme moyen de paiement

Les commerces seront obligés d’accepter le Bitcoin comme moyen de paiement. 

El Salvador est devenu cette semaine le premier pays au monde à adopter le Bitcoin comme moyen de paiement alternatif à sa devise nationale avec 84 votes pour et 62 votes contre.

Le pays d’Amérique centrale a adopté une nouvelle loi qui obligera les commerces de tout le pays à accepter le Bitcoin comme moyen de paiement.

Nayib Bukela, l’actuel président du petit pays de 6,45 millions d’habitants, est à l’origine de cette curieuse proposition. Il voit dans le Bitcoin et les cryptomonnaies en général une formidable opportunité pour aider son pays à prospérer. Selon lui, l’intégration du Bitcoin dans l’économie locale aidera également les habitants et les commerces à prospérer, la valeur du Bitcoin progressant régulièrement. Sa très haute volatilité en période de bullrun en fait toutefois un actif difficile à utiliser comme moyen de paiement alternatif, son cours pouvant changer de 10 à 20% en l’espace d’une journée.

Pour des raisons pratiques, les boutiques pourront afficher les prix dans la devise de leur choix : la devise locale, le dollar américain ou le Bitcoin. Le montant exigé pour chaque achat sera basé sur le cours de la cryptomonnaie et variera donc d’un jour à l’autre. Le pays s’engage aussi à ne pas taxer la plus-value sur le Bitcoin, étant donné qu’il s’agit désormais d’une devise à part entière.

El Salvador entend accompagner les commerces dans cette “révolution” avec des formations pointues. Il accordera également des exceptions aux petits commerces qui ne disposent pas des moyens technologiques pour accepter un paiement en Bitcoin. La période de transition est évaluée à 90 jours.

L’état entend également prendre part de façon proactive dans cette aventure. La réserve fédérale constituera ainsi un stock de Bitcoins. Le président Nayib Bukela encourage également les entreprises locales à investir dans le minage de Bitcoins, de façon écologique.

Pour le pays, il s’agit également d’une façon détournée d’attirer les investisseurs – qui pourront prétendre à une naturalisation en s’installant dans le pays – moyennant certaines conditions. Le pays n’a toutefois pas la meilleure réputation au monde. El Salvador est en effet l’un des pays les plus pauvres d’Amérique latine, mais également parmi les plus dangereux.