Les banques américaines pourraient bientôt proposer à leurs clients d’acheter des cryptomonnaies

Les institutions bancaires classiques sont de moins en moins réticentes face à l’investissement en cryptoactifs et veulent intégrer le Bitcoin directement sur les comptes en banque.

New York Digital Investment Group (NYDIG) est une firme proposant des services financiers dédiés au Bitcoin. Elle s’est associée avec le groupe mondial de solutions technologiques bancaires Fidelity National Information Service (FIS) pour créer et proposer un encadrement aux banques américaines qui désireraient proposer des services d’échange de cryptomonnaies directement à leurs clients.

Interrogé par la chaine américaine CNBC mercredi, le directeur des solutions bancaires de NYDIG Patrick Sells affirmait que plusieurs petites banques s’étaient déjà inscrites au programme, mais que la firme était également en contact avec des grandes institutions. En effet d’après lui, des grandes banques comme JPMorgan ou Bank of America qui étaient jusqu’alors réticentes face au Bitcoin pourraient changer d’avis si l’adoption du trading de cryptomonnaies s’avère fructueuse pour les plus petites banques.

L’intérêt grandissant que portent de plus en plus de banques américaines envers l’accès aux cryptoactifs s’explique par le succès des plateformes d’échange telles que Robinhood ou Coinbase, cette dernière est récemment rentrée en Bourse avec brio. La somme d’argent déposée sur les comptes de ces plateformes est faramineuse. Quelque 9,5 millions d’Américains ont échangé des cryptomonnaies sur la plateforme Robinhood depuis le début de l’année et les revenus de Coinbase affichés au premier quadrimestre 2021 s’élèvent à 765 millions de dollars. D’après Yan Zhao, président de NYDIG, les banques veulent une part du gâteau : « Ce ne sont pas seulement les banques qui pensent que leurs clients veulent du bitcoin, elles disent : nous devons le faire, car nous voyons les chiffres. Elles voient les dépôts qui vont vers les Coinbases, Galaxies et Krakens du monde ».

Un cadre législatif favorable

Le Bitcoin est légal aux États-Unis et est reconnu comme un actif numérique qui peut être utilisé pour des achats de biens et services. Le pays possède l’un des écosystèmes de cryptomonnaie les plus développés au monde, mais le cadre législatif autour de tout cela n’est pas encore très clair. Les différentes institutions gouvernantes n’ont pas toutes les mêmes définitions de ce qu’est une cryptomonnaie, cela a occasionné des problèmes juridiques par le passé. Mais une législation au niveau fédéral pour éliminer les obstacles à l’innovation est en cours d’élaboration. Elle jettera un pont entre les différentes institutions et acteurs du secteur pour harmoniser les lois autour des cryptomonnaies. Des grandes banques d’investissement telles que Goldman Sachs ou Morgan Stanley ont par ailleurs déjà annoncé l’accès à des fonds d’investissement Bitcoin.

L’avantage pour les services d’échange de devises virtuelles actifs auprès des clients américains est l’obtention obligatoire d’une licence spéciale. Il faut remplir tout un tas d’exigences pour l’obtenir : suivi de transactions, taxes, collaboration avec les autorités, etc. Mais la licence est in fine une promesse de stabilité et de fiabilité pour les banques intéressées par la solution de trading crypto proposée par NYDIG.

À contrario, la plupart des banques européennes sont encore frileuses face à l’adoption de solutions d’échange grand public de cryptomonnaies. La peur de l’instabilité de ces actifs et des risques de blanchiment persiste encore, bien qu’une nouvelle directive anti-blanchiment de l’Union européenne de 2018 ait obligé les plateformes d’échanges à s’enregistrer dans ses pays membres et de mettre en place des exigences de sécurité et de transparence. Tout n’est pas encore parfait, mais des règles strictes et claires pour éviter la fraude devraient progressivement concilier les institutions bancaires classiques avec l’échange de cryptoactifs.